A 10 ans, il achète une vapoteuse en toute légalité

PolémiqueUn enfant a pu se procurer une clope électronique dans un magasin de Morges. Alertée par les parents, la police est impuissante

Pour un mineur, acheter une vapoteuse dans un kiosque n’est pour l’instant pas considéré comme illégal dans le canton de Vaud

Pour un mineur, acheter une vapoteuse dans un kiosque n’est pour l’instant pas considéré comme illégal dans le canton de Vaud Image: ENRICO GASTALDELLO

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Les volutes de la loi sont parfois impénétrables. Il y a d’abord la surprise de cet habitant de Lonay quand, la semaine dernière, son fils de 10 ans est rentré à la maison avec une cigarette électronique ainsi que des produits contenant de la nicotine. Choqué, le père de famille a tout d’abord cherché à savoir où son enfant avait pu se procurer de tels objets. Réponse du petit garçon: «Je les ai achetés dans un magasin à Morges.»

Ni une ni deux, le papa s’est précipité sur Internet pour connaître la législation en vigueur. Avant de se rendre dans les locaux de Police Région Morges pour porter plainte. Là-bas, les officiers n’ont eu d’autre choix que de reconnaître leur impuissance, car rien n’empêche les mineurs d’acheter des e-cigarettes, avec ou sans nicotine.

En vente libre

Comme leur apparition sur le marché suisse est récente, les vapoteuses – dont la valeur peut atteindre plusieurs dizaines de francs – ne font pas encore l’objet d’une loi spécifique dans le pays. Elles ont en fait le statut juridique de «produit usuel». Elles ne sont par conséquent pas soumises aux législations propres aux «produits du tabac» et peuvent être commercialisées librement.

En ce qui concerne les flacons de liquide avec nicotine pour clope électronique, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a bien interdit leur vente en 2015, mais cette décision a été annulée par le Tribunal fédéral en avril, à la suite d’un recours de la Swiss Vape Trade Association. «On rêve! Ou plutôt on cauchemarde, commente le père de famille lonaysan. Il faut absolument que les parents soient informés des lacunes du système actuel.»

Loi en consultation

Heureusement, la nouvelle loi sur les produits du tabac en consultation au Parlement devrait proscrire la vente de cigarettes électroniques aux moins de 18 ans. Reste que sa mise en vigueur est prévue en… 2022! D’ici là, des enfants et des adolescents pourraient continuer à acheter des vapoteuses en toute impunité. Une situation qui inquiète. L’OSAV a donc invité les acteurs de la branche à une table ronde ce vendredi 6 juillet afin de chercher une solution qui permette de protéger notamment les mineurs. En Valais, le Grand Conseil a quant à lui décidé de se saisir du problème en votant au mois de juin l’interdiction de «la vente et la remise de produits du tabac, de produits nicotinés, de cigarettes électroniques et du cannabis légal» aux jeunes de moins de 18 ans depuis le 1er janvier 2019.

Dans le canton de Vaud, on s’active aussi. La Vert’libérale Graziella Schaller a déposé une motion le 13 mars 2018, intitulée «Soumettre la cigarette électronique au même cadre légal que les produits du tabac». «Si elle peut se révéler utile comme aide au sevrage pour les fumeurs, elle est également une porte d’entrée vers le tabagisme pour les jeunes. Avec l’e-cigarette, ces derniers ont le libre accès à un produit nocif. Pour eux, c’est souvent le premier produit à inhaler, et il est prouvé que cet usage augmente le risque de devenir fumeur de cigarettes conventionnelles», développe-t-elle.

La députée du Grand Conseil remarque aussi que «ni la législation vaudoise sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics ni la loi contre le tabagisme passif ne s’appliquent à la cigarette électronique». «L’absence de cadre légal met en danger les mineurs et les personnes exposées passivement à la vapeur et aux particules fines», conclut-elle. (24 heures)

Créé: 05.07.2018, 17h15

L’e-cigarette augmenterait le risque de cancer

Si l’e-cigarette est moins nocive que la clope conventionnelle et qu’elle gagne en popularité, vapoter augmenterait tout de même les risques de développer cancers et maladies cardiaques.

C’est en tout cas ce que montrent les résultats d’une étude publiée le 29 janvier 2018 et menée par des chercheurs de l’Université de New York sur des souris ainsi que des cellules humaines.

Quelques jours avant, les Académies américaines des sciences et de médecine publiaient un rapport basé sur des centaines d’études qui indique que les vapoteuses peuvent aider les fumeurs à arrêter, mais également élever les risques pour les jeunes de passer à la cigarette traditionnelle.

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