Près de 1000 conducteurs ont troqué leur auto pour un vélo électrique

MobilitéDes automobilistes peuvent tester gratuitement la mobilité douce grâce à un projet nouveau en Suisse romande.

Sylvain Rochat, l’un des participants à Bike4car. Image: Odile Meylan

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A-t-on vraiment besoin de sa voiture pour aller au travail? C’est la question que se posent actuellement huitante Vaudois qui participent à Bike4Car. Lancé par MyBluePlanet et SuisseEnergie de mai à septembre, le projet permet d’échanger sa voiture contre un deux-roues électrique sur une période de quatorze jours. Et ce totalement gratuitement pour l’usager.

A la mi-juillet, ce troc avait déjà fait plus de 900 adeptes en Suisse. Soit onze fois plus qu’en 2014. «Cette année, nous avons pu lancer cette opération à l’échelle nationale, alors que le projet n’englobait que quatre villes alémaniques l’année dernière», précise Joëlle Hérin, coordinatrice de Bike4Car.

Le but du projet est de permettre aux participants de tester une vie sans voiture. Pour ce faire, les automobilistes intéressés déposent leur permis, leurs plaques d’immatriculation ou leurs clés de voiture chez l’un des magasins participants et reçoivent un véhicule électrique – un e-bike ou un e-scooter – en échange.

Curieux ou piétons forcés

Après un début timide, l’engouement semble pourtant avoir pris dans le canton de Vaud. «Peu de gens sont venus en mai, mais, depuis plusieurs semaines, nos quatre vélos électriques sont constamment sur les routes», témoigne Benjamin Dupont, vendeur à Tandem Vevey. Même constat chez ses collègues à Lausanne.

Les participants ont des motivations différentes: «Il y a des au­to­mobilistes qui se sont fait retirer le permis, des connaisseurs de notre marque Strömer et bien sûr des curieux souhaitant tester un vélo électrique», énumère Benjamin Dupont. Jacques-Alain Rey participe au projet, car il envisage d’acheter un e-bike. «Je trouve le vélo agréable, réactif et même plus rapide que je ne le pensais, raconte le Veveysan. J’atteins facilement les 35-45 km/h.» Sylvain Rochat, autre participant veveysan également intéressé par l’acquisition d’un vélo électrique, confirme cette rapidité: «Plusieurs fois, j’ai dû planter sur les freins parce que les voitures pensent avoir à faire à un vélo traditionnel. Mais, avec un e-bike, je suis presque aussi rapide qu’un véhicule motorisé.»

Malgré des désavantages certains – impossible de prendre des passagers ou des bagages encombrants –, Jacques-Alain Rey a décidé d’acquérir un e-bike. «Mais comme c’est très coûteux, je vais d’abord devoir revendre mes autres deux roues, à savoir un vélo de ville, un VTT, un vélo de course et une moto.»

Un pas que Sylvain Rochat n’est pas prêt à faire. «A mon goût, c’est un vélo un peu trop gadget et il manque d’autonomie et de fiabilité», explique-t-il. S’il utilise pleinement son vélo, il n’arrive pas à parcourir la totalité de son trajet quotidien, soit les 52 km séparant Vevey de Renens. «Le premier jour, la batterie s’est vidée vers la fin de la montée entre Cully et le Mont-Pèlerin. Et impossible de continuer sans assistance, car le vélo et la batterie sont beaucoup trop lourds.» Autre point noir qui le retient: le prix.

Vers plus de flexibilité

Et les e-scooters ( ndlr: qui nécessitent un permis moto )? «Ils ont beaucoup moins de succès, mais on s’y attendait. Nous avons mis l’accent sur les e-bikes dans notre campagne», explique Joëlle Hérin. L’abandon de la voiture au profit d’un deux-roues électrique, n’est cependant pas l’objectif des organisateurs. «Nous cherchons surtout à ce que les participants aient une approche flexible de la mobilité et qu’ils réfléchissent avant de prendre la voiture, explique Joëlle Hérin. S’ils se contentent de ressortir leur vieux vélo de la cave ou d’utiliser plus souvent les transports en commun, nous sommes contents.»

Créé: 23.07.2015, 07h10

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