Eboueuses le temps d'un été pour se faire des sous

LutryNettoyer les rives des saletés abandonnées par les baigneurs, un job qui séduit malgré ses horaires. Reportage à Lutry.

Nina Baour (à gauche) et Amélie Bron travaillent tous les matins de 7h à 12h pour remettre de l'ordre sur la plage de Lutry et ses rives.

Nina Baour (à gauche) et Amélie Bron travaillent tous les matins de 7h à 12h pour remettre de l'ordre sur la plage de Lutry et ses rives. Image: Philippe Maeder

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Lundi, à 7 h 30 du matin, à la plage de Lutry, seuls quelques joggeurs et quelques chiens promenant leurs maîtres endormis étaient de sortie. Sans oublier Nina Baour et Amélie Bron. Les deux jeunes filles, âgées respectivement de 16 et 17 ans, se sont levées à l’aube pour venir nettoyer les lieux. Pendant deux semaines, elles vont s’atteler à débarrasser la plage des saletés qui n’ont pas atterri dans les nombreuses poubelles environnantes.

Tous les jours de la semaine, de 7 h à 12 h (et de 6 h à 8 h le week-end), seau, pince et brouette seront leurs outils de travail. «On commence par la plage, c’est là où il y a le plus de «chenit», explique Nina Baour. On trouve principalement des mégots, des capsules de bouteilles et des paquets de cigarettes. Ce matin, il y avait aussi des restes de viande éparpillés par les renards.» Le binôme continue ensuite le long des quais, près de la place de jeux, du terrain de beach-volley, pour finir au port.

Liste d'attente

Chaque année, une dizaine de jeunes entre 15 et 18 ans œuvrent ainsi au nettoyage de l’espace public pendant toute la période des vacances scolaires. Chaque enfant travaille avec un collègue du même âge, une à deux semaines au maximum. «Les inscriptions me parviennent en février et j’ai souvent une liste d’attente, explique François Bujard, responsable de la voirie de Lutry. La priorité est donnée aux habitants de la commune. Nous payons les jeunes 15 francs de l’heure si le travail est effectué correctement et 13 francs si on constate un certain laisser-aller.» Le budget alloué à cette main-d’œuvre d’appoint est d’environ 10 000 francs, ce qui représente 0,5% des charges salariales du service de voirie.

«Nous payons les jeunes 15 francs de l’heure si le travail est effectué correctement et 13 francs si on constate un certain laisser-aller»

A part ramasser les détritus, les volontaires doivent également nettoyer vestiaires et WC publics… «C’est parfois dégoûtant, on retrouve des excréments à côté des toilettes et des tampons usagés par terre», déplore Nina Baour. Amélie Bron voit surtout les avantages de ce job d’été: «L’horaire du matin me permet d’avoir des loisirs l’après-midi. Je gagne ainsi de l’argent tout en profitant de mes vacances.» Pour Charles Monod, municipal en charge des Services industriels, de l’Informatique, des Travaux et Domaines à Lutry, ce travail permet également aux jeunes d’être plus sensibles aux problèmes des déchets abandonnés. Un avis partagé par Amélie Bron: «Si tout le monde se rendait compte du boulot qu’il faut pour remettre en ordre la plage après une belle journée, il y aurait certainement moins à ramasser.»

Plus dur pendant Paléo

Après un beau dimanche de baignades et de jeux en plein air, les employés de la voirie et les jeunes peuvent récolter jusqu’à 4 m3 de déchets. Cela englobe ce qui se trouve à l’intérieur et à l’extérieur des poubelles. «La semaine passée, lorsqu’il faisait à peine 9 °C au petit matin, nous ne ramassions même pas 1 m3 par jour», explique François Bujard. Peu importe la météo, le binôme de jeunes nettoyeurs est au turbin tous les matins. «Pendant le Paléo Festival, il m’arrive de devoir rappeler le matin même ceux qui ont de la peine à se lever pour venir travailler», plaisante François Bujard.

Et Nina Baour de conclure: «Ce matin, j’ai trouvé deux lolettes, quatre chapeaux et des petites sandales de bébé. On trouve aussi régulièrement des peluches et des linges de bain.» Des trouvailles plus réjouissantes que la seringue ramassée l’an dernier par sa collègue Amélie. (24 heures)

Créé: 19.07.2016, 06h57

Vevey et Lausanne arrêtent, mais pas Bourg-en-Lavaux

La Ville de Lausanne ne recourt plus à des jobs d’été pour nettoyer ses plages. «Depuis 2012, date du premier train d’économie, notre service a renoncé à engager des jeunes l’été», explique Etienne Balestra, chef du Service des parcs et domaines de la Ville. Historiquement, la Commune leur confiait des tâches d’entretien dans les parcs de la ville. Les jeunes étaient principalement affectés au nettoyage des espaces verts au bord du lac. «Nous regrettons, ils apportaient une aide bienvenue à nos employés durant la période de vacances, continue le chef de service. La Municipalité regrette également de ne plus pouvoir offrir cette opportunité à des jeunes. Mais, à un moment, il faut faire des choix. Ces jobs d’été représentaient l’équivalent d’un poste à temps plein.» Vevey aussi a renoncé à cette main-d’œuvre du bord du lac. «L’encadrement de ces jeunes devenait compliqué, explique Jérôme Christen, municipal. Nous continuons toutefois à faire appel à des étudiants pour des travaux d’entretien dans nos parcs et jardins à raison de dix jours en été.»

La Commune de Bourg-en-Lavaux apprécie en revanche le coup de main fourni par les étudiants appelés en renfort de la voirie. «Nous engageons un jeune par semaine pendant toute la durée des vacances scolaires, explique Aleksandra Panic, responsable des Ressources humaines. Cela permet de donner du travail à un maximum de candidats car la demande est forte.» Au programme notamment: arrosage, vidange des poubelles, nettoyage du domaine public et donc des plages. En revanche, pas de WC ou de vestiaires à ripoliner.

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