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1928: Le tournant des architectes

Le premier Congrès international d’architecture moderne se tient fin juin au château de La Sarraz.

«Réunir un congrès d’architecture internationale moderne dans le plus vieux château du pays paraîtra probablement à beaucoup de gens une atteinte à toutes les traditions ou tout au moins un hardi paradoxe… mais n’y a-t-il pas une architecture plus rationnelle, plus adaptée aux besoins du temps?» C’est par ces paroles que la maîtresse du château de La Sarraz, Hélène de Mandrot, ouvre le premier Congrès international d’architecture moderne, fin juin 1928. Des membres de l’avant-garde architecturale européenne, le Suisse Le Corbusier, le Français Lurçat, les Néerlandais Berlage et Rietveld ou encore le Belge Bourgois viennent discuter de l’avenir de leur discipline, dans une chapelle gothique du XIVe siècle, attenante au château.

Pour cette réunion, Mme de Mandrot déploie toute son énergie. Veuve du dernier châtelain, elle garde l’usufruit du domaine légué par son mari à la Société du Musée Romand, qu’il avait créée en 1911 pour la sauvegarde du patrimoine régional. Formée aux Beaux-Arts, elle y fonde en 1922 la Maison des Artistes, où elle invite chaque été peintres et sculpteurs. Elle s’installe à Paris en 1924, s’y proclame architecte d’intérieur et se passionne bientôt pour l’architecture tout court, singulièrement la «nouvelle».

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