2008: Le M2 transforme Lausanne

Les 250 ans de 24 heuresLe seul métro automatique de Suisse est inauguré, en grande pompe, le 18 septembre.

Le nouveau métro, le M2, passe entre les arches du pont Bessières. Une image forte et moderne pour la capitale vaudoise.

Le nouveau métro, le M2, passe entre les arches du pont Bessières. Une image forte et moderne pour la capitale vaudoise. Image: Patrick Martin

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La métamorphose n’est pas encore achevée, mais le jeudi 18 septembre 2008 marque un tournant dans l’histoire de Lausanne. Après qu’elle est devenue urbaine par l’effet de sa célèbre, et désormais défunte, «Ficelle», un digne successeur s’apprête à la propulser dans le camp des grandes petites villes. Tout un symbole, le M2 est inauguré par Moritz Leuenberger, le plus Zurichois des conseillers fédéraux. «Cher métro courageux, chers Vaudois audacieux!» Par ces mots, le socialiste célèbre la naissance de la première ligne ferroviaire automatique de Suisse.

«Une communion pour célébrer l’esprit du M2», titre 24 heures le lendemain. L’ancien conseiller d’Etat Philippe Biéler, qui a porté le projet à bout de bras, a les larmes aux yeux. La population se précipite dans les stations pour tester le confort des rames sans conducteur. Les deux frères ennemis de la politique vaudoise des transports de l’époque, le chef du Département des infrastructures, François Marthaler, et le municipal Olivier Français, s’étreignent en public. Le chantier urbain le plus complexe de Suisse, en ce début de XXIe siècle, s’est déroulé sans problème majeur. A l’exception malheureuse d’un ouvrier tué lors de travaux de construction à la station du CHUV, le pire a été évité dans les tunnels. Il s’en est cependant fallu d’un cheveu lors de la construction du souterrain reliant le Flon à la Riponne.

Le trou de Saint-Laurent
Petit retour en arrière. Le 22 février 2005, le quartier de Saint-Laurent est évacué en catastrophe. En dessous, un torrent de boue se déverse dans le tube en construction. Le lendemain matin, les Lausannois découvrent un gros trou dans la place et une partie du restaurant McDonald’s suspendu dans le vide. Les ingénieurs n’avaient pas connaissance de la présence d’un ancien lac glaciaire.

Il était pourtant connu du père du tracé du M2, Roland Ribi, qui avait, sur ses plans, soigneusement évité cette zone instable, qui avait posé tant de difficulté aux constructeurs de la Coop, dans les années 1950. Le raccourci décidé plus tard, par souci d’économie, a donc failli être fatal au métro. Heureusement, le chantier reprend rapidement, le trou de Saint-Laurent n’empêche pas les badauds de continuer à admirer, nombreux, les exploits des constructeurs du M2. Chantiers spectaculaires, comme autant de scènes dans la ville, qui durent plus de quatre ans.

Le métro lausannois en jette. Son passage dans les piles du vénérable pont Bessières, devenu une nouvelle carte postale de la ville, représente le plus spectaculaire exploit de construction. Ses pentes atteignant par endroits 12%, fait unique sur un métro sans conducteur, continuent d’attirer les spécialistes du monde ferroviaire.

Retour sur la fête inaugurale. Malgré les sombres pronostics des détracteurs de ses pneus, les Vaudois se pressent, sans craindre de voir les convois surchargés incapables de s’arrêter. Ils ne patinent pas davantage à la montée. Pour autant, les informaticiens d’Alstom, constructeurs des rames et du complexe système de pilotage, chassent encore les innombrables bogues. Le M2 n’est pas encore prêt. Ses premiers véritables clients attendront le 27 octobre.

Leur patience sera d’ailleurs mise à rude épreuve pendant plusieurs mois. Entre les pannes de jeunesse, les défauts de construction et les réglages à effectuer, les interruptions sont nombreuses. Un métro automatique demande une année pour devenir fiable. L’adage se vérifiera à Lausanne. Cela ne l’a pas empêché de changer les habitudes des Lausannois et des Vaudois, toujours plus nombreux à l’adopter.


Les sauveurs du métro
Si la liste des pères autoproclamés est longue, très longue, les véritables sauveurs du métro sont moins nombreux. Au début des années 2000, le projet risque de couler en raison des difficultés financières vaudoises. Les autorités cantonales se refusent à demander une subvention à la Confédération. De quoi mettre en pétard le conseiller aux Etats Michel Béguelin. Le socialiste lance alors publiquement la polémique pour forcer le gouvernement à déposer une demande officielle, assurée d’être reçue avec bienveillance par son collègue de parti, le conseiller fédéral Moritz Leuenberger. Cette manœuvre permet au radical Pascal Broulis, nouveau ministre des Finances, de remettre le projet sur les rails. Résultat: le 22 novembre 2002, plus de 62% des Vaudois acceptent la construction du M2.

Créé: 19.12.2012, 21h27

Dossiers

Cette année-là...

30 janvier  UBS annonce une perte nette de 4,4 milliards de francs suisses en 2007.

10 février Des Cézanne, Degas, Van Gogh et Monet sont volés à Zurich. Valeur: plus de 100 millions de francs.

Cinéma En mai, Bienvenue chez les Ch’tis établit un record historique pour un film français: 20 435 557 spectateurs.

25 octobre En assemblées des délégués, les radicaux et les libéraux approuvent la fusion des deux partis.

1er novembre Décès du père du mésoscaphe, Jacques Piccard, à l’âge de 86 ans.



L'image

André Juillard s’affiche à BD-FIL

L’auteur du Cahier bleu et de Plume aux vents, aujourd’hui davantage apparenté aux reprises des aventures de Blake et Mortimer, se retrouve en vedette du festival lausannois de bande dessinée (BD-FIL). Sa passion pour les femmes est telle que c’est une de ses héroïnes qu’il croque sur l’affiche de l’événement.

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