2009: Un millésime enchanté

Les 250 ans de 24heuresAlors que la vendange est qualifiée «du siècle», le canton change ses AOC

Si 2009 n’a pas battu des records de quantité, une qualité exceptionnelle était au rendez-vous.? Image: STÉPHANE ROMEU

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Bien sûr, il y a eu cette grêle du 23 juillet qui a frappé La Côte avec sauvagerie, détruisant certaines parcelles jusqu’à 90%. Mais, pour le reste, Bacchus a fait preuve de bonne humeur tout au long de l’année viticole de 2009. Dès le 3 septembre, certains commencent les vendanges, le cœur léger, pour récolter ce qui fera du mousseux. Aucun nuage à l’horizon, un temps chaud la journée et froid la nuit, tout ce qu’aime la vigne pour produire du beau raisin.

Cette météo bénie des dieux est l’aboutissement d’un processus placé sous les meilleurs auspices. Il y a eu d’abord un printemps sec et précoce. Conséquence: les premiers bourgeons font leur apparition le 12 avril (débourrement), la floraison arrive le 25 mai, avec près de trois semaines d’avance sur la moyenne. L’été s’est lui aussi montré sec, mais pas trop, favorisant une croissance saine, sans qu’il soit besoin de s’inquiéter des maladies que l’humidité réveille. Et septembre bien balancé entre le chaud et le froid permet de développer la palette aromatique des baies. Cette météo, enfin, donne tout le temps qu’il lui faut au vigneron qui veut attendre une maturité parfaite pour récolter.

Maturité de rêve

«De mémoire et en trente ans de métier, je n’avais pas connu des maturités aussi élevées», affirme Raoul Cruchon, à Echichens. Gilles Cornut, président de la Communauté interprofessionnelle de la vigne et du vin et directeur technique de la Cave Cidis, se souvient aussi d’un «supermillésime». Pour lui, «2009 reste grandiose et tient toutes ses promesses aujourd’hui. Dommage qu’il ne nous en reste plus en cave…» Pour lui, «il fallait un peu de patience, ne pas vendanger trop tôt: les raisins affichaient un très beau taux de sucre mais la maturité phénolique n’était pas là aussi rapidement». Henri Chollet, vigneron à Aran-Villette, souriait à l’automne: «Tous les paramètres étaient réunis pour obtenir une récolte non seulement saine, mais parfaitement homogène. Pas un seul grain d’abîmé, que du beau!»

Résultat, les chasselas sont tout en puissance, même si certains vignerons se sont inquiétés d’une acidité un peu faible. A tort, semble-t-il aujourd’hui. Les blancs affichent un joli gras. Et les rouges offrent un fruit magnifique, porté par des tannins soyeux, gage d’une bonne garde.

Des AOC qui chagrinent

Alors que l’année viticole se déroule sans un nuage, l’adoption d’un nouveau règlement des AOC dans le canton déchaîne, lui, des orages. Tout est parti de Berne qui oblige les cantons viticoles à revoir leurs appellations pour les rendre eurocompatibles.

Vaud, qui compte alors 149 appellations de commune, dont 28 appellations contrôlées, permet, en effet, la règle du 49-51. Soit, par exemple, un vin contenant 49% de Perroy et 51% de Féchy a le droit de s’appeler Féchy. Le coup de balai de Jean-Claude Mermoud prévoit de ne retenir que 6 AOC pour les six régions viticoles et des «lieux de production» pour le reste. Féchy, justement, monte un combat contre le projet et oblige le conseiller d’Etat UDC à revoir sa copie au dernier moment pour éviter un recours qui aurait mis toute la vendange vaudoise 2009 en danger, s’il avait fallu attendre que la Cour constitutionnelle cantonale tranche. Les producteurs de Dézaley et de Calamin sont également fâchés.

Le vin de Féchy portera donc l’AOC La Côte et pourra mentionner le lieu de production, tout en accueillant 36% d’un autre vin de la région, et 10% de vin suisse. L’échelon supérieur de Grand Cru se montre beaucoup plus sévère et c’est celui qui a retenu les faveurs de la majorité des vignerons. Enfin, il aura fallu attendre 2012 pour voir le sommet de la pyramide, les rares 1ers Grands Crus.

Pour boucler cette chronique, rappelons encore la profonde restructuration de l’Office des vins vaudois, avec l’arrivée d’un nouveau secrétaire général et l’abandon de la Maison de la Vuachère.

Créé: 20.12.2012, 22h21

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