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Un sésame pour reconquérir les skieurs

Lancé mardi, le Magic Pass doit aider les stations à endiguer l’érosion des journées skieurs. Vingt-cinq domaines skiables romands s’y sont ralliés

De nombreux sportifs d’élite soutiennent le projet dont Fanny Smith (au centre) ou Sergei Aschwanden (à dr.).
De nombreux sportifs d’élite soutiennent le projet dont Fanny Smith (au centre) ou Sergei Aschwanden (à dr.).
Vanessa Cardoso

«C’est pire que le site du Paléo!» Mardi en milieu de journée, les internautes ont dû s’armer de patience pour se procurer le nouveau sésame alpestre dénommé «Magic Pass». «Victime de son succès», selon ses responsables, le site magicpass.ch est resté longtemps inaccessible.

Ce faisant, le nouvel abonnement de saison donnant accès à 25 domaines skiables vaudois, valaisans, fribourgeois, jurassiens et neuchâtelois – soit 1000 km de pistes – a réussi son baptême du feu: «L’un des objectifs est d’encourager nos clients à se procurer ce Magic Pass sans tarder», signale Pierre Besson, cheville ouvrière du projet et directeur de Télé Villars-Gryon-Diablerets. Un premier contingent de cartes a été mis en vente mardi à midi au prix de 359 fr. (249 fr. pour les enfants de 6 à 16 ans). Une fois épuisé, il sera remplacé par une nouvelle série… vendue à un prix plus élevé, suivant le principe cher à la compagnie aérienne EasyJet.

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Les responsables des 25 stations constituées en coopératives sont peu diserts sur le nombre de cartes disponibles dans ce premier paquet: «EasyJet ne vous dit pas combien de sièges à 30 fr. sont encore disponibles», argue Pierre Besson. Un indice toutefois: il s’agit de faire mieux que les 30 000 à 40 000 abonnements de saisons aujourd’hui écoulés par l’ensemble des destinations membres. On n’en saura pas davantage sur le prix de vente de la deuxième série.

Mais pour peu que l’on obtienne le sésame à son tarif de vente initial, il suffira de six jours de ski pour le rentabiliser. Contre quinze à vingt aujourd’hui, en fonction des stations. «C’est un pari risqué, relève Jean-Daniel Clivaz, président de Crans-Montana Tourisme et Congrès. Avec ce pass, on repense notre modèle économique. Toutes les stations, petites ou grandes, sont confrontées à la même réalité: on a un potentiel de 2,5 millions de skieurs en Suisse mais ils ne skient pas assez. La question est: comment les ramener sur nos pistes?» Et Pierre Besson d’ajouter: «Le réflexe des acteurs du tourisme est de trouver des excuses: le franc fort, le manque de neige à Noël, les week-ends pourris… Ça ne nous aide pas à sortir de cette spirale négative. C’est aussi notre créneau de vente que nous devons repenser.»

Reconquérir la clientèle romande

Pourquoi s’attaquer en priorité au prix de l’abonnement de saison? Pour les stations, il représente aujourd’hui une manne substantielle. «Dans nos domaines, les détenteurs cumulent 25% des journées-skieurs, détaille Sébastien Travelletti, président de Télé Anzère. Soit 600 000 par saison, sur un total de 2,5 millions de journées.» Mais le constat est le même dans la plupart des domaines skiables: «Cet abonnement est sous-utilisé. Dans les Alpes vaudoises, un skieur paie aujourd’hui 650 fr. pour toute la saison, explique Jean-Marc Udriot, directeur de Télé-Leysin-Les Mosses-La Lécherette et président de la Communauté d’intérêt touristique des Alpes vaudoises. Il lui faut 15 à 16 jours pour le rentabiliser. Or les statistiques montrent que le détenteur d’un abonnement en fait plutôt 8 à 9. On adapte l’offre à la demande du client.» Le Magic Pass vise surtout à reconquérir la clientèle romande, «principalement dans le bassin de population concerné par les stations membres, précise Pierre Besson. Aujourd’hui, les détenteurs d’un forfait saisonnier sont pour une bonne part les propriétaires de résidences secondaires.»

Casser les prix suffira-il à les ramener sur les pistes? Certains professionnels en doutent déjà, à l’image des responsables des 4 Vallées et des Portes du Soleil, absentes de l’offre. «Il est très probable que certaines stations vont voir leur nombre de journées-skieurs augmenter, principalement les grandes, réagit Pierre Besson. Les plus petites vont aussi en profiter. Mais si tel ne devait pas être le cas, un fonds de solidarité sera constitué pour compenser les éventuelles pertes de clientèle. Le but est que tout le monde y gagne et que personne n’y perde.»

Plutôt enthousiasmé par le principe, le responsable de l’Observatoire valaisan du tourisme, Nicolas Délétroz, apprécie «une solution concrète pour faire le lien entre Préalpes et stations de haute altitude», tout en confirmant que «certains ont plus à gagner que d’autres». Pour lui, il s’agira désormais d’analyser l’impact d’une telle offre sur les autres types de forfaits. «Ça devrait néanmoins générer des flux, notamment en motivant la population éloignée des grandes stations à s’y rendre, envisage Nicolas Délétroz. Il faudra par contre observer comment les hébergeurs jouent le jeu pour proposer des prix attractifs sur toute la chaîne de prestations.»

Directeur de Vaud Tourisme, Andreas Banholzer est également acquis à «un nouveau modèle d’affaires. Il faut voir désormais quelles offres combinées peuvent être mises en place, quelles possibilités les hôteliers auront d’acheter des cartes pour développer des packages. Oui, il y a un risque, mais il est calculé: ce Magic Pass va très certainement générer des rentrées supplémentaires pour l’ensemble des partenaires.»

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