À 50 ans, l’Arboretum est devenu un site naturel unique en Suisse

AubonneSur les pentes du Vallon de l’Aubonne, on a planté 4000 espèces et variétés d’arbres admirées par 50 000 personnes par an

Au premier plan, la photo d’époque, reproduite sur une toile, montre l’évolution d’un secteur de l’Arboretum.

Au premier plan, la photo d’époque, reproduite sur une toile, montre l’évolution d’un secteur de l’Arboretum. Image: FORIAN CELLA

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L’idée de créer un arboretum date de 1963. Elle est née au coin d’une table, lors d’une discussion entre René Badan, adjoint au Service des forêts de l’État de Vaud, et Paul Martin, patron d’une société éponyme de primeurs en gros. Un appel est lancé aux inspecteurs forestiers. Mission: dénicher le site idéal pour y planter des arbres du monde entier. Paul Gardiol signale un petit domaine à vendre dans la partie supérieure du Vallon de l’Aubonne. En 1968, grâce à l’argent touché en compensation de forêts coupées lors de la construction de l’autoroute A1, l’Association de l’Arboretum national du Vallon de l’Aubonne (AAVA), constituée cette même année, achète le Domaine Stettler, de 7,4 hectares. L’aventure peut commencer.

Un endroit magique

«L’Arboretum a été créé sur un coup de cœur. Cinquante ans plus tard, c’est toujours la passion qui permet au projet d’avancer», se réjouit Pascal Sigg, directeur depuis 2012. Et surtout, le choix du site a été plus que judicieux. Il se situe à proximité de Lausanne et de Genève, mais quand on a franchi la première petite colline, on a l’impression d’arriver dans un autre monde. Les sols sont variés, le paysage vallonné permet diverses orientations, il y a la rivière, la forêt et l’ambiance du lac. En un mot, c’est magique.

Les 40 premières années ont été consacrées aux différents chantiers: rénover la ferme Stettler, construire le Musée du bois, la buvette et l’Arbr’espace. Des travaux gigantesques ont été nécessaires pour remuer des tonnes de terre, aménager des espaces de culture et tracer des chemins pédestres. On a aussi construit des ponts sur l’Aubonne, la rivière qui traverse le parc de part en part, retenue en amont par un barrage formant un lac artificiel idyllique. «Tout cela n’aurait pas été possible sans les donateurs et les précieux coups de main des bénévoles», insiste Pascal Sigg.

C’est Jean-Paul Dégletagne, engagé comme gérant en 1971, qui a conduit cet impressionnant chantier. Il est resté en poste jusqu’en 2012. Durant toute cette période, l’Arboretum n’a cessé de s’agrandir, pour atteindre une superficie d’environ 120 hectares (80 en forêts et 40 en collections). On y a planté 4000 espèces et variétés d’arbres du monde entier, cultivé des vergers d’autrefois, fait pousser une collection de rosiers sauvages, et recréé des écotypes de forêts du nord-ouest américain et du Japon. Les biens-fonds sont la propriété de la Fondation de l’Arboretum du Vallon de l’Aubonne.

Budget d’un million

Quant à la gestion, elle est toujours entre les mains de l’AAVA, qui compte 1700 membres. Elle emploie une dizaine de personnes et bénéficie des aides d’environ 150 bénévoles. Son budget annuel tourne autour du million de francs. Elle reçoit 200 000 francs du Canton de Vaud, 35 000 francs de communes, divers dons privés et totalise 84 000 francs de cotisations. En 2016, l’AAVA a fait 220 000 francs de recettes avec ses prestations. «La gestion est saine car nous ne dépensons jamais un sou que nous n’avons pas, mais c’est un challenge de presque tous les jours pour maintenir le budget», assure le directeur.

Ces dernières années, Pascal Sigg a mis l’accent sur l’amélioration de l’accueil, de la signalétique et de la communication. L’Arboretum poursuit un objectif à la fois scientifique, éducatif et récréatif. On y rencontre autant de simples amoureux de la nature que des botanistes professionnels, des photographes naturalistes, des pêcheurs, des joggeurs ou des cavaliers. Un des enjeux est de favoriser une bonne entente entre les différents usagers.

Désormais, le directeur aimerait vraiment que l’Arboretum se profile comme un pôle de compétence incontournable pour les professionnels qui ont un lien avec les arbres. D’autres projets? Actualiser la muséographie du Musée du bois et améliorer les espaces d’accueil de l’Arbr’espace. 50 ans, c’est jeune pour un Arboretum? «Oui, c’est un ado, répond Pascal Sigg, qui aime répéter que les arbres poussent vite quand on prend le temps de les regarder.» (24 heures)

Créé: 31.07.2018, 18h18

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