75% des cancers de la vessie touchent les hommes

SantéLorsque la maladie est détectée à un stade précoce, les traitements permettent d’éviter l’ablation de la vessie.

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L’incidence du cancer de la vessie a diminué ces vingt dernières années. Cependant, en Suisse, près de 1200 personnes sont diagnostiquées avec ce cancer tous les ans. Dans la majorité des cas (trois quarts), ce sont des hommes, avec une moyenne d’âge se situant autour de 70 ans. «Heureusement, 75% à 80% des tumeurs diagnostiquées sont non infiltrantes et peuvent être traitées sans ablation de la vessie», explique le Dr Christian Gygi, spécialiste en urologie opératoire. Avec le Dr Pierre Bohanes, oncologue, et Nathalie Mangin, infirmière-cheffe du Centre de stomathérapie du CHUV, ils présenteront, lors de la prochaine visite médicale organisée par la Clinique de La Source, les différentes thérapies des tumeurs de la vessie*.

Pas de cause précise à l’origine de ces dernières, mais l’âge avancé, le tabac, une exposition longue à certains produits chimiques (la peinture notamment) peuvent être des facteurs de risque. «Des infections récurrentes, et surtout du sang dans les urines, constituent les symptômes qui doivent alerter et inciter à consulter un spécialiste. En général, le médecin généraliste enverra son patient chez l’urologue, après avoir exclu une infection ou des calculs, explique le Dr Gygi. Du sang dans les urines indique qu’il y a un problème dans les voies urinaires, soit dans la vessie, les reins ou encore, chez les hommes, la prostate.»

La cystoscopie est le premier examen qu’effectue l’urologue pour établir le diagnostic. Il consiste (sous anesthésie locale) à introduire dans l’urètre un tube flexible doté d’une caméra qui permet de voir à l’intérieur de la vessie. Selon les cas, il sera aussi procédé à un lavage de la vessie afin de prélever certaines cellules pour analyse. «Le problème peut aussi se situer plus haut, au niveau des voies urinaires, explique le Dr Gygi. Dans ce cas, un scanner sera indiqué.»

Le traitement dépendra des caractéristiques de la tumeur diagnostiquée. Lorsqu’elle se situe dans la muqueuse, il sera procédé à un «raclage» de la vessie (résection endoscopique) par la voie naturelle de l’urètre (comme pour la cystoscopie). «Selon les résultats de l’analyse des tissus prélevés, des traitements adjuvants seront prescrits, notamment un ou plusieurs «rinçages» de la vessie avec instillation de médicaments», précise le Dr Pierre Bohanes, spécialiste en oncologie médicale. La majorité des patients retrouvent une vie normale après l’intervention. Ils doivent cependant se soumettre à des contrôles réguliers: le risque de récidive est relativement élevé.

Si la tumeur a envahi la couche musculaire de la paroi de la vessie, une ablation de celle-ci sera nécessaire: la cystectomie se pratique soit par voie ouverte, soit par laparoscopie avec assistance robotique. Elle rend nécessaire, pour assurer l’écoulement de l’urine, la création d’une dérivation urinaire. Celle-ci peut se faire en créant une nouvelle vessie interne à l’aide de 50 cm d’intestin ou en effectuant une stomie dans la paroi abdominale à l’aide de 10 à 15 cm d’intestin reliés à une poche que le patient porte sur le ventre (lire encadré ). En collaboration avec la Clinique de La Source

8 novembre, 16 h 45, Clinique de La Source, visite thématique avec les Dr Christian Gygi, Pierre Bohanes et Nathalie Mangin, stomathérapeute. Inscriptions jusqu’au 15 octobre: www.lasource.ch/cancer-vessie (24 heures)

Créé: 05.10.2018, 10h33

Le soutien d’une spécialiste

Lors d’une ablation de la vessie, il faut créer une dérivation des voies urinaires pour assurer l’écoulement de l’urine, qui ne peut plus s’évacuer naturellement. L’urostomie consiste à effectuer une ouverture chirurgicale dans l’abdomen, afin d’aboucher un segment de l’intestin grêle sur lequel les uretères sont reliés, pour permettre à l’urine de s’écouler dans une poche collée sur l’abdomen. «Nous apprenons au patient à gérer le fonctionnement de la poche, qui, durant la journée, doit être vidée toutes les deux à trois heures. Nous lui apportons un soutien et assurons un suivi pour que cela se passe au mieux», explique Nathalie Mangin, stomathérapeute, infirmière-cheffe du Centre de stomathérapie du CHUV. «La plupart des patients s’adaptent bien, mais certains ont davantage besoin d’aide que d’autres.» Apprendre à vivre sans vessie représente une épreuve et un bouleversement (aussi au plan de la vie sexuelle). L’association Ilco-Suisse permet aux patients stomisés (avec une dérivation urinaire ou intestinale) de se rencontrer et d’échanger.

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