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Un 8 mars combatif, boosté par le phénomène #MeToo

Les violences sexistes seront au cœur de la Journée internationale des femmes dans le canton.

«Le harcèlement sexuel n’est que la pointe de l’iceberg de toute la gamme de violences subies par les femmes», Léonore Porchet, députée Verte au Grand Conseil
«Le harcèlement sexuel n’est que la pointe de l’iceberg de toute la gamme de violences subies par les femmes», Léonore Porchet, députée Verte au Grand Conseil

Cela fait plus d’un siècle que les féministes se mobilisent le 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des femmes. Cette année, la manifestation prend une dimension particulière, à la faveur de la visibilité qu’a donné le tsunami #MeToo et son pendant francophone #BalanceTonPorc aux violences faites aux femmes dans la sphère privée et publique, et au travail en particulier.

Les féministes se réjouissent de cette nouvelle génération de femmes qui, par leurs témoignages, mettent fin au climat d’impunité dont bénéficiaient jusque-là les harceleurs. Et toutes celles interrogées se rejoignent sur le constat résumé par Léonore Porchet. La députée Verte au Grand Conseil est également membre de la Coordination 8 mars, qui réunit les organisations féministes, ainsi que les groupes Femmes des fédérations syndicales et des partis de gauche: «Le harcèlement sexuel n’est que la pointe de l’iceberg, certes violente, de toute la gamme de violences sexistes que subissent les femmes: blagues lourdes, remarques sur le physique ou les vêtements, répartition inégale du travail domestique, discrimination à l’embauche, inégalités salariales, etc.»

Un vieux souci

À l’Université de Lausanne, l’historienne Christiane Bard donnera une conférence (qui affiche complet) intitulée «Féminisme(s): Des suffragettes à #MeToo». En plus de questionner le rôle des médias et des réseaux sociaux, cette dernière reviendra sur l’histoire du mouvement féministe. Car selon Stefanie Brander, déléguée à l’égalité de l’Université de Lausanne, le phénomène #MeToo a remis sur le devant de la scène des préoccupations féministes très anciennes: «#MeToo a permis de montrer à quel point nos sociétés sont encore bâties sur des paramètres sexistes. Les femmes sont traditionnellement assignées à la sphère privée. Leur présence dans le monde professionnel et politique n’est toujours pas «naturelle». Le harcèlement sexuel est un abus de pouvoir, une manière violente de leur faire comprendre qu’elles ne sont pas à leur place.»

Les militantes de la coordination du 8 mars donneront des conseils aux femmes afin de lutter contre le harcèlement sexuel sur leur place de travail et y faire valoir leurs droits. Au sujet du harcèlement sexuel sur le lieu de travail, rappelons que celui-ci est défini et interdit par la loi fédérale sur l’égalité (LEg). Un texte qui protège par ailleurs la personne plaignante contre le licenciement tout au long de la procédure et durant les six mois qui suivent. Mais pour Michela Bovolenta, secrétaire centrale au Syndicat des services publics, ces dispositions ne sont pas suffisantes, notamment au regard d’une étude publiée par l’Université de Genève en juin 2017, qui a analysé 200 jugements cantonaux relatifs à la LEg rendus entre 2004 et 2015.

Il apparaît qu’à la fin de la procédure, dans 9 cas sur 10, la personne salariée avait perdu son emploi, le licenciement ayant été prononcé pour d’autres motifs. Et les tribunaux ne reconnaissent pas les congés représailles dans 9 cas sur 10 également. Par ailleurs, 82,8% des décisions sont défavorables à la partie employée en cas de plainte pour harcèlement sexuel. Mais malgré les difficultés, la Coordination 8 mars veut montrer qu’il est possible de réagir et qu’il existe des outils pour se défendre.

Une amélioration du dispositif légal est préconisée, comme une meilleure protection de la personne plaignante ou des témoins et donneurs d’alerte, des instances d’intervention neutres et externes à l’entreprise, ou encore l’allégement du fardeau de la preuve aussi pour les plaintes liées au harcèlement sexuel dans la LEg. Mais pour Michela Bovolenta, cela doit s’accompagner d’un changement de vision plus général de la société: «Le harcèlement sexuel ne doit plus être toléré, tout comme le sexisme, qui maintient les femmes dans une situation de discrimination dans tous les domaines».

À l’école de l’égalité

C’est justement la lutte contre ces stéréotypes qui sera au centre d’un événement spécifique à la Haute École pédagogique vaudoise (HEP) «Nous voulons sensibiliser les futurs enseignants afin de lutter contre la reproduction des inégalités entre les femmes et les hommes par l’école, explique Muriel Guyaz, déléguée à l’égalité de la HEP. La mixité des élèves que nous gérons au quotidien n’est pas un gage d’égalité, raison pour laquelle elle doit être réfléchie.»

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