90% des chantiers vaudois sont à l'arrêt

CoronavirusLe Conseil fédéral renonce à une interdiction générale. Selon une estimation syndicale, la majorité des entreprises ont arrêté.

Des ouvriers ont débrayé vendredi matin sur le chantier de l'EHL, au Chalet-à-Gobet

Des ouvriers ont débrayé vendredi matin sur le chantier de l'EHL, au Chalet-à-Gobet Image: DR

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Les dernières journées étaient tendues ces derniers jours sur les chantiers, jusqu'au débrayage qui s'est produit vendredi matin sur la construction du nouveau campus de l'Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) au Chalet-à-Gobet. Sur un autre lieu, celui de l'ECA à la Blécherette, les électriciens ont coupé le courant sur le site une bonne partie de la journée. En cause: la difficile application de l'arrêté cantonal vaudois du mercredi 18 mars qui impose l'arrêt des travaux quand les recommandations de sécurité sanitaire ne peuvent pas être appliquées. Le Conseil fédéral n'a pas prononcé d'interdiction générale ce vendredi.

Selon une estimation d'Unia, 90% des travaux du gros oeuvre sont à l'arrêt dans le canton de Vaud. «Si, lundi, il n'y a pas de mesure claire, des actions de débrayage pourraient se généraliser», déclare Pietro Carobbio, secrétaire syndical d'Unia Vaud. Selon les syndicats, les entreprises à ancrage régional sont davantage enclines à stopper les travaux. Les noms de Amaudruz SA, Cauderay SA, Caudrelec SA, Roubaty SA, Durussel SA et de Varrin SA étaient ainsi cités, qui rejoignent ainsi de grands acteurs comme l'Etat, la Ville de Lasuanne, Bernard Nicod, Marti et Orllati. «Les entreprises dont le siège se trouve en Suisse alémanique ou à l'étranger ont tendance à refuser de fermer», relève Laurent Tettamanti, secrétaire syndical à l’Association romande des travailleurs-ses de l’installation électrique (ART-IE).

Conseil fédéral «hypocrite»

Interrogé sur la décision genevoise d'interdire tous les chantiers, le conseiller fédéral Alain Berset a estimé qu'elle n'était pas illégale car fondée sur des critères sanitaires. «C'est hypocrite d'interdire dans certains cantons et pas ailleurs. Peut-on dire que 100% des chantiers genevois présentaient des problèmes, et pas les Vaudois?», lance Laurent Tettamanti.

Selon lui, les contrôles ne sont pas efficaces: les policiers, qui agissent en collaboration avec les syndicats, ne sont pas forcément au courant de tous les critères. Le problème a été souligné vendredi soir lors d'un point presse du Canton de Vaud: «La situation est difficile en termes de respect des règles d'hygiène de l'OFSP.» Une réunion est programmée lundi avec les grandes entreprises suisses.

La Fédération vaudoise des entrepreneurs (FVE) se dit de son côté globalement satisfaite du maintien de la ligne: «Il faut agir au cas par cas», déclare Georges Zünd, directeur. «De plus, le chômage technique est désormais ouvert aux dirigeants salariés et les délais sont supprimés, ce qui est réjouissant», indique la FVE. Pour Pietro Carobbio, en revanche, le canton de Vaud devrait suivre l'exemple genevois.

Créé: 20.03.2020, 12h42

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