Les 900 employés de Syngenta sont inquiets

MontheyLe rachat par ChemChina ne rassure pas les collaborateurs oeuvrant sur le site de production chablaisien.

Sur le site de production de Monthey, les employés n'ont pas caché leurs craintes. L'an passé, 116 de leurs collègue avaient déjà été licenciés.

Sur le site de production de Monthey, les employés n'ont pas caché leurs craintes. L'an passé, 116 de leurs collègue avaient déjà été licenciés. Image: Chantal Dervey

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«Nous exigeons des garanties pour le maintien des activités, des emplois, des conditions de travail actuelles et de l’importance stratégique de ce site de production», explique Blaise Carron, du syndicat Unia. Au sein des 900 salariés de Syngenta à Monthey, l’inquiétude prévaut. A l’entrée de l’entreprise, les employés passent en coup de vent. Et rares sont ceux qui souhaitent s’exprimer. Même si cela ne leur a pas été interdit par la direction. «Nous avons entendu des rumeurs mardi soir au sujet du rachat, avant d’en avoir la confirmation par les médias aujourd’hui (ndlr: mercredi)», explique un collaborateur œuvrant en équipe à l’heure de reprendre le travail hier après-midi.

«Nous exigeons des garanties pour le maintien des activités, des emplois, des conditions de travail actuelles et de l’importance stratégique de ce site de production.»

«Nous sommes apparemment les derniers à avoir été mis au courant, ajoute un de ses collègues. Nous ne savons pas vraiment à quoi nous attendre. D’autant moins que cela fait plusieurs mois que notre situation semble précaire.» Cette inquiétude succède au traumatisme vécu l’an passé avec la suppression de 116 postes de travail. Cela fait plusieurs mois d’autre part que les employés s’attendent à voir leur entreprise rachetée. Récemment, la société Monsanto a fait une offre concrète de rachat, que la direction a rejetée. Et la transaction avec ChemChina a eu lieu malgré le désaccord de près de 10% des actionnaires de Syngenta, qui considèrent cette vente comme une «nationalisation de Syngenta par le biais de la cession de l’entreprise à une entreprise publique d’un pays communiste». «Vu la qualité du travail effectué par les salariés de Syngenta Monthey, leur engagement, leur implication et leur expérience, il est essentiel que la totalité des activités et des postes de travail actuels soient repris et maintenus par les nouveaux propriétaires», martèle Blaise Carron.

A ses yeux, le site de Monthey doit demeurer un site d’importance stratégique à court et à long terme dans la nouvelle organisation: «Monthey est le principal site de production de Syngenta à ce jour. Et il bénéficie d’un bon climat de travail. Il faut à tout prix éviter un transfert de compétences en Chine.» Le syndicat appelle le Canton du Valais et la Commune de Monthey à demander également des garanties à ChemChina.

Créé: 03.02.2016, 18h43

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