A bientôt 100 ans, le Comptoir se cherche encore une identité

LausanneMalgré un programme dense, la foire de Beaulieu boucle sur une fréquentation en nette baisse.

Le 2e week-end du Comptoir a attiré la foule.

Le 2e week-end du Comptoir a attiré la foule. Image: Jean-Bernard Sieber / ARC

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Des lanceurs de drapeaux et des joueurs de cor des Alpes. Devant l’entrée du Palais de Beaulieu, le comité d’accueil était on ne peut plus traditionnel, le week-end dernier. En la matière, le 97e Comptoir Suisse a fait honneur à sa réputation, mêlant concours bovins, défilés équins et dégustations du terroir, malgré une fréquentation en baisse ( lire ci-dessous). Au milieu de ce décor «so Swiss», quelques touches étonnaient: les riffs grassouillets des metalleux lausannois de Meltdown, mercredi, sur le coup des 13 h. Ou les démonstrations de skate organisées au pied du bâtiment principal. Ou encore le déhanchement de Bonnie Tyler.

Ce faisant, les organisateurs ont donné corps au slogan «Tous au Comptoir», décliné en flyers et affiches aux allures de selfies, mettant en scène familles, enfants ou jeunes adultes. Plus que jamais, la direction de Beaulieu a ratissé large. Les animaux de la ferme ont majoritairement attiré les familles. Du côté du secteur ameublement, «nous attendons plutôt des 40-60 ans, avec une bonne capacité financière. Et, globalement, ce sont les visiteurs que nous avons vus sur notre stand», analyse Sylvie Di Betta, responsable du stand Château-d’Ax.

Le Comptoir de l’innovation a vu défiler plutôt des trentenaires et quadragénaires. «C’est notamment le public que nous visons», explique Jean-Paul Noujeim, de la start-up lausannoise Younergy. Ce dernier ne s’étonne pas moins de la direction prise par la programmation musicale: «Je ne suis pas certain qu’un concert de heavy metal ait réellement sa place au Comptoir en pleine journée. A mon avis, les visiteurs viennent plutôt chercher la tradition.»

Cible trop large?

La fréquentation en baisse de cette édition lui donne en partie raison. A force de vouloir ratisser trop large, le Comptoir Suisse perdrait-il son identité? Pour le directeur de la foire, René Zürcher, la réponse est claire: «Nous sommes une foire tout public, nous devons proposer des animations pour tous. Je me poste régulièrement à l’entrée du Comptoir pour regarder le «mix» de nos visiteurs. A mon sens, il est celui que doit avoir un salon généraliste: il reflète la population de cette région.» Plusieurs commerçants confirment: «Beaucoup de monde, c’est davantage de chiffre, souligne Luc Massy, viticulteur à Epesses. Si on veut attirer la foule, il faut chasser large.» Et Patrick Doria, de la Brasserie de La Côte, d’ajouter: «Que les organisateurs se dispersent et ratissent large! Les halles sont vastes; on peut se permettre d’y amener des publics très variés.»

Déménagement réussi

Malgré une affluence en baisse, les commerçants rencontrés lundi saluent les efforts consentis par la direction en matière d’animations. «C’est dommage, car les organisateurs se sont donné les moyens d’attirer du monde. Avec Bonnie Tyler, on s’attendait à un gros premier samedi. Ça n’a pas été le cas», regrette Luc Massy.

Le déplacement des caves du bâtiment principal aux halles nord dévolues aux produits du terroir semble aussi avoir séduit. Responsable de la Cave fribourgeoise, Daniel Jaggi juge cette édition «bonne. Nous étions un peu frileux à l’idée de ce déménagement mais, au final, nous avons gagné en espace et en visibilité. Avec le regroupement des stands, nous avons plus de passage en journée et nous finissons le Comptoir sur un nombre de couverts stable par rapport à 2015 mais avec de meilleures conditions de travail.»

Un bémol à ce nouvel espace: «Alors que les caves restaient ouvertes jusqu’à 23 h, beaucoup de stands fermaient à 19 h, observe Luc Massy. Cela a un peu nui à l’ambiance festive.» René Zürcher partage cet avis et tire déjà les enseignements de cette première édition: «Pour rendre cet endroit plus attractif en soirée, nous devons trouver des stands qui peuvent offrir un produit adapté. On ne peut, par exemple, pas imaginer là des dégustations de vins, qui demandent du calme. Il y aura une réflexion autour de l’animation de cette zone.»

(24 heures)

Créé: 19.09.2016, 18h55

Bilan

15% La baisse de fréquentation enregistrée pour cette 97e?édition du Comptoir Suisse est franche. 106'000 visiteurs. Ce malgré un programme d’animation extérieur très dense et destiné à des publics variés, salué par de nombreux commerçants. Selon plusieurs d’entre eux, la météo est notamment en cause dans cette affluence décevante. «Il a fait beaucoup trop chaud le premier week-end, note-t-on sur le stand du chocolatier lausannois Christian Boillat. La preuve: la fréquentation est remontée à partir de jeudi.» Résultat? Les vendeurs rencontrés hier évoquent une érosion de leur chiffre de 15% à 20%, voire de 40% pour certains. Le déménagement des Caves cantonales semble toutefois avoir séduit, malgré quelques critiques et points à affiner.

Un Jean-Louis des Millésimes très corsé

Relocalisé dans la cafétéria du Collège de Beaulieu, le Jean-Louis des Millésimes s’est révélé particulièrement corsé. Samedi, aucun des 72 dégustateurs inscrits n’a été en mesure d’identifier les six millésimes proposés, un pinot noir de Maryline et Amélie Lavenex à Arnex-sur-Orbe et un chasselas de la Cave des 13 Coteaux à Arnex-sur-Orbe. «Dans les rouges, beaucoup ont confondu les années 2014 et 2015, signale Caroline De Crausaz, coordinatrice des concours Jean-Louis. Dans les millésimes blancs, beaucoup ont eu de la peine à retrouver la région de production, à savoir les Côtes de l’Orbe.»

Champion dans la catégorie blancs, Grégoire Dubois, de Puidoux, a obtenu 15 points, sur un maximum de 24. Jacky Burdet, d’Orzens, Samuel Gisclon, de Bussigny, Christian Heye, de Féchy, François Marquis, de Corminbœuf, et Daniel Rey, de Chexbres, obtiennent 12 points. Dans les rouges, c’est René Thévenaz (La Sarraz) qui a dominé le concours, décrochant 15?points, sur un maximum de 18. Janie Burdet (Orzens), Christian Dénériaz (La Conversion) et Grégoire Dubois (Puidoux) obtiennent 12 points.

Les résultats entrent en compte dans l’attribution du Chapeau noir, qui sera décerné le 18 octobre à Cossonay, comme l’an dernier, lors de l’Expo de Coss’.

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