A même pas 20 ans, Elias parle comme un sage de l’absurdité de nos vies

Prix Latourette 2015Elias Le Boudec a écrit la meilleure dissertation du canton en auscultant «Lorenzaccio» de Musset.

Elias Le Boudec a été distingué pour sa langue élégante d’une «simplicité rare».

Elias Le Boudec a été distingué pour sa langue élégante d’une «simplicité rare». Image: MARIUS AFFOLTER

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Elias Le Boudec, élève du Gymnase de la Cité à Lausanne, a remporté le Prix Latourette 2015. Sa dissertation littéraire sur Lorenzaccio d’Alfred de Musset a remporté la distinction qui récompense chaque année le meilleur texte du canton à l’examen du bac. «Au départ, j’étais incrédule, sourit modestement Elias Le Boudec. Je n’ai pas fait preuve d’audace.»

Le jury en a décidé autrement. Sa prof de français, Liliane Parmigiani, relate que ce qui a fait la différence, c’est sa liberté de ton par rapport au schéma scolaire: «Il a montré sa connaissance précise du texte sans s’appesantir, décrit-elle. Sa capacité de décoller est rendue dans une langue élégante, d’une simplicité rare.»

Amoureux de la science
L’absurdité de nos vies et les œuvres qu’elle a inspirées aux auteurs français figurent au centre de la dissertation d’Elias Le Boudec. A cinq mois de ses 20 ans, l’auteur a la capacité de nous emmener aux côtés de Musset sur ce terrain désolé, sans nous lâcher la main. Il finit par donner une note personnelle, faite d’espoir, sur le pouvoir apaisant de la littérature et des arts.

Le jeune homme de Jouxtens-Mézery a passé les dix premières années de son cursus à l’Ecole Steiner: «L’enseignement y est moins scolaire, dit-il. Il n’y a pas de notes, ce qui nous permet de nous comparer à nous-mêmes. Cela m’a poussé à aller jusqu’au bout de mes capacités et à être créatif.»

Elias Le Boudec, de père breton et de mère suisse alémanique, est probablement un surdoué. Il a une moyenne générale de 5,5. Mais il n’a rien de la caricature. Très équilibré, en apparence pour le moins, il frappe par son aisance et sa gentillesse. A la rubrique cantonale de 24 heures, où il a passé une semaine il y a quelques années, tout le monde se souvient de lui.

«Je voulais devenir écrivain ou journaliste.» L’élève en avait le format. Mais il a décidé de consacrer son travail de maturité à la programmation informatique («une passion») et se dit davantage «amoureux de la science» aujourd’hui. Perdu pour les Lettres, il se destine désormais au génie électrique et électrotechnique. Il ira à l’EPFL travailler notamment sur les réseaux intelligents (smart grids).

Amoureux aussi de sa copine, avec laquelle il sort «depuis presque un an», Elias Le Boudec n’est pas un solitaire. Il trouve le temps de faire la fête avec ses amis. En particulier avec ceux de l’Orchestre Quipasseparlà, où il joue de la trompette. «Nous n’avons ni producteur ni administrateur, fait-il valoir. C’est un orchestre autogéré.» Comme il l’écrit dans sa dissertation, «la seule échappatoire, si elle existe, c’est l’Art». (24 heures)

Créé: 08.07.2015, 17h48

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