Améliorer la gestion des crises en psychiatrie

SantéLe document listant les souhaits des patients pour la prise en charge sera introduit dans 16 établissements vaudois.

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Quels sont les soins que le patient psychiatrique souhaite recevoir ou éviter en cas de crise? Quelles stratégies personnelles l’aident à gérer cette situation? Qui prévenir dans l’entourage? Un document permet aux professionnels de définir par écrit, en concertation avec l’intéressé, comment réagir de la façon la plus efficace. Son nom: le Plan de crise conjoint, PCC pour les intimes. Des stratégies visant à anticiper l’urgence en santé mentale tout en respectant les souhaits du malade.

L’usage de cet outil est recommandé en psychiatrie; il reste pourtant peu connu. Seules une poignée d’institutions vaudoises y ont recours. Sans compter que les patients détenteurs d’un plan ne sont pas toujours pris au sérieux.

Les choses sont en train de bouger. D’ici 2020, une implantation accompagnée du PCC sera menée dans 16 institutions, dont le Département de psychiatrie du CHUV. Ce projet porté par les Réseaux Santé Vaud a obtenu le soutien financier de Promotion Santé Suisse (200'000 francs sur deux ans). Il s’accompagnera de recommandations de bonne pratique, d’une formation destinée aux professionnels et d’une plate-forme web sécurisée. Cette dernière vise à rendre les documents accessibles à tout moment et sous une forme compatible avec le dossier électronique du patient. «C’est l’usager qui décidera qui y a accès, en concertation avec son référent», précise Pascale Ferrari.

«Ces plans sont difficilement accessibles»

«Ces plans sont difficilement accessibles en raison de l’absence de procédure claire quant à leur sauvegarde, relève cette maître d’enseignement à l’École La Source et infirmière en psychiatrie (CHUV). Les professionnels ne savent pas où ils sont stockés et ne les trouvent pas toujours au moment où ils en ont besoin.»

Centrés sur le concept en vogue d’autodétermination et de décision partagée entre les professionnels et le patient, les PCC vont de pair avec un changement de paradigme. «Je trouve que c’est quelque chose de très utile parce que c’est nous-mêmes qui nous exprimons en tant que malades, ce n’est pas le médecin qui nous dit qu’il faut prendre tel ou tel médicament…», indique un patient. «Je sais que si je suis à l’hôpital, je recevrais les soins dont j’aurais parlé avec ma référente et ça me rassurerait, quelque part.»

L’outil suscite plus de réticence dans le camp des médecins, certains se sentant menacés dans leur expertise.

En permettant une meilleure gestion des crises, les PCC sont censés engendrer une baisse des hospitalisations et des admissions sous contraintes. L’enjeu est important: le canton de Vaud affiche le taux de soins sans consentement le plus élevé de Suisse. (24 heures)

Créé: 20.02.2019, 06h47

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