Bernard Nicod risque gros pour «une tape amicale»

JusticeAccusé d’agression sexuelle sur une de ses apprenties le promoteur pourrait se voir interdit de former des jeunes

Le magnat de l'immobilier Bernard Nicod conteste les accusations d'attouchements sur une apprentie.

Le magnat de l'immobilier Bernard Nicod conteste les accusations d'attouchements sur une apprentie. Image: PHILIPPE MAEDER - A

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Révélée par 20 minutes, l’affaire est exposée de manière accablante dans un arrêt du Tribunal cantonal du 16 décembre. Cette décision de justice déboute le promoteur qui s’opposait à l’ouverture d’une procédure de retrait de l’autorisation de former dans ses sociétés notamment au motif que le ministère public n’avait pas encore tranché sur la nature des accusations et leurs conséquences. Les faits reprochés se seraient produits le 7 juillet dernier dans des locaux de l’entreprise. Selon une dénonciation anonyme, Bernard Nicod aurait agressé sexuellement une apprentie, laquelle remplaçait sa secrétaire directe habituelle. Il s’en serait pris à elle, d’après les termes de l’arrêt du Tribunal cantonal, «en la plaquant contre un mur, en l’incitant à l’embrasser et en se livrant à des attouchements». Et les juges d’ajouter que «cette apprentie n’aurait pas dénoncé elle-même ces faits par peur de représailles au sein de l’entreprise». C’est en octobre que cette histoire serait arrivée aux oreilles de la Direction générale de l’enseignement postobligatoire (DGEP) et aurait été portée devant un procureur pour enquête.

«La secrétaire n’a pas été plaquée contre un mur, il n’y en a pas de libres dans mon bureau. En revanche, je regrette cette petite tape amicale»
Bernard Nicod a soutenu hier dans un document transmis à l’ats qu’il n’y a pas eu d’agression sexuelle: «Je tiens à préciser que celle qu’on appelle dans les bureaux «la vamp» a 25 ans! Elle n’est pas adolescente. Elle n’est pas au chômage mais travaille normalement chez nous dans un climat détendu et professionnel». Plus loin: «La secrétaire n’a pas été plaquée contre un mur, il n’y en a pas de libres dans mon bureau. En revanche, je regrette cette petite tape amicale». Le 6 octobre dernier, la DGEP a donc décidé d’ouvrir une procédure de retrait de l’autorisation de former contre trois sociétés dont Bernard Nicod est l’administrateur, lesquelles comptaient alors cinq apprentis employés de commerce. Ces sociétés ont fait valoir en vain que cela leur causerait un préjudice irréparable en raison de l’interdiction qui leur serait faite de conclure de nouveaux contrats d’apprentissage pendant la durée de la procédure. Elles indiquent que «cela les obligerait à interrompre le processus de recrutement des apprentis en cours et d’engager des personnes classiques à des coûts plus élevés». Elles ont évalué des coûts recrutement de plus de 11 000 francs qui seraient perdus.

«Climat de terreur»

Pour le Tribunal cantonal, la pertinence à ouvrir une telle procédure se justifie notamment par la dénonciation anonyme qui fait état, à la suite de cet événement, «de rumeurs, dénigrement, voire même «climat de terreur» aussi bien entre les collaborateurs qu’avec leur hiérarchie» qui régnerait au sein de la société dans laquelle les faits se seraient produits. Les juges considèrent dès lors qu’il n’est a pas exclu a priori que des mesures doivent être prises pour avoir toléré des comportements discriminatoires contraires à la loi sur le travail. (24 heures)

Créé: 05.01.2017, 16h57

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