Berne pourrait racheter le Swiss Tech Convention Center

EPFLLe Centre de Congrès, qui organise une journée porte ouverte ce jeudi, est déficitaire. Pour équilibrer la balance, la Confédération pourrait mettre la main à la poche. Des négociations sont en cours.

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Le Contrôle fédéral des finances (CDF) avait tiré la sonnette d’alarme l’an dernier. Implanté sur le campus de l’EPFL, le Swiss Tech Convention Center, qui se définit comme «l’un des centres des congrès les plus modernes au monde» et qui organise une journée portes ouvertes ce jeudi, est déficitaire depuis sa mise en service.

Inauguré au printemps 2014, le bâtiment high-tech devisé à quelque 120 millions est en effet toujours dans le rouge et perd «quelques millions par année», indique Christophe Leyvraz, chef marketing du site, qui ne sera pas plus précis tout en assurant qu’il n’est pas inquiet par la situation.

À Berne, en revanche, le tableau n’est pas aussi idyllique. Car en plus du Centre de Congrès, ce sont le Quartier de l’Innovation et le Quartier Nord qui ont été passés au crible par le gendarme des finances fédérales. Et pour cause, ces deux projets monstres ont coûté quelque 358 millions, payés par des investisseurs privés (UBS pour le Quartier de l’Innovation, Credit Suisse pour le Quartier Nord). En contrepartie, ces acteurs jouissent d’un droit de superficie accordé par la Confédération et louent ce qui s’y trouve à l’EPFL. Le tout assorti d’une nuance de taille: l’école, qui entend garder la mainmise sur le fonctionnement du centre, doit en assumer les pertes. À voir les exercices déficitaires qui s’enchaînent, le coup est rude.

Selon l’accord, la location du Centre de Congrès coûte ainsi 6 millions à l’école sur une durée de trente ans. À cette échéance, la Confédération peut reprendre de manière anticipée le droit de superficie de nonante-neuf ans pour les bâtiments, indique le Contrôle des finances, qui estime que la perte du Quartier Nord pourrait atteindre 116 millions après trente ans. Trouvant le deal trop désavantageux pour l’école, le CDF milite pour la récupération des structures au plus vite. On parle d’une «recommandation», selon la terminologie fédérale de Berne, pour qui le rapatriement des bâtiments dans le giron de la Confédération serait plus intéressant qu’une location de nonante-neuf ans. Mais la mesure a un coût: 380 millions de francs pour les deux quartiers.

Cette délicate question est actuellement au cœur d’une négociation entre Berne, l’EPFL et le Conseil des EPF, où il s’agit de savoir qui paierait quoi, et combien. Mais le temps presse. «Le délai de mise en œuvre de la recommandation est fixé au 31 décembre», indique Michel Huissoud, directeur du Contrôle fédéral des finances. «La direction de l’EPFL travaille actuellement sur cette recommandation du CDF mais ne peut pas encore se prononcer sur ce point, car la décision n’a pas été prise», répond Madeleine von Holzen, porte-parole de l’EPFL.

«Il est normal qu’un Centre de Congrès soit déficitaire à ses débuts, mais nous prévoyons d’être dans les chiffres noirs après sept à huit ans d’exploitation», lance de son côté Christophe Leyvraz, conforté dans son assurance par la fréquentation du site: «plus de 150 événements par année».

C’est d’ailleurs cette fréquentation soutenue qui a poussé le centre, conçu par le bureau lausannois Richter Dahl Rocha & Associés architectes SA, à ouvrir ses portes au public. «Des dizaines de personnes demandent à le visiter tous les jours. Mais du fait des nombreux événements qui s’y déroulent, nous devons souvent refuser. Cette journée, voulue cinquante mois après l’inauguration, est l’occasion parfaite de marquer le coup.» «Ce bâtiment, dont l’un des auditoriums possède une technologie capable de transformer un amphithéâtre de 3000 places en une salle de banquet de 1800 m2, interpelle. Comme tout ce qui est emblématique, il suscite la curiosité», vante l’architecte Jacques Richter. (24 heures)

Créé: 30.11.2017, 07h25

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