Bex doit-elle et peut-elle encore s’endetter?

Finances publiquesL’exécutif de Bex veut augmenter le plafond d’endettement, tout en s’engageant à contenir la dette.

La Municipalité de Bex <i>in corpore</i>.

La Municipalité de Bex in corpore. Image: Chantal Dervey

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Le plafond d’endettement brut de la Commune de Bex pourrait être de nouveau revu à la hausse. C’est le souhait de la nouvelle Municipalité, qui en fera la demande le 5 octobre au Conseil communal. «C’est une manière d’assurer nos arrières. Histoire aussi de ne pas avoir à y être contraint en cours de législature, avec l’obligatoire aval du Conseil d’Etat», déclare Pierre Dubois, municipal socialiste et vice-syndic. Ce fut le cas en 2013, le plafond grimpant de 57 à 67 millions de francs. Principalement pour financer une partie des 24,5 millions du nouveau Collège de la Servanne.

La proposition de la Municipalité est de fixer ce plafond d’endettement à 75 millions pour la législature 2016-2021. Gérable, selon les recommandations du Canton, qui aura juste à prendre acte de la décision de l’organe délibérant. Le ratio maximum (quotité de la dette brute) fixé par l’Etat est de 250%. Avec la hausse proposée, Bex serait à 208%. Pour Christoph Roesler, président de l’UDC locale et membre de la Commission des finances, «il ne faut pas se focaliser sur le montant du plafond d’endettement, qui est un filet de sécurité».

«Il faut être très vigilant»

Président du PLR, Philippe Sarda, qui s’exprime en son nom, «préconise la prudence». Même son de cloche pour la présidente d’Avançons, Valentine Moreillon, qui fait également part de son sentiment personnel: «Il faut même être très vigilant, car notre Commune est passablement endettée.» En effet, la dette – brute – actuelle de Bex se monte à 67,9 millions (soit 9327 francs par habitant). «Il y a dix ans, notre dette était déjà de 60 millions, nous étions depuis parvenus à la ramener à 30 millions», poursuit Pierre Dubois. A noter que le budget est de 32 millions et que les derniers comptes furent bénéficiaires.

Pour ce quinquennat, l’Exécutif fixe le montant total des investissements à 29,3 millions. Certains avaient dû être reportés lors de la précédente législature. Mais aujourd’hui, on ne peut plus surseoir à différents travaux: réfection de la route d’Aigle et du chemin Julien-Gallet (entre 2017 et 2018), par exemple. D’autres dépenses doivent être nécessairement consenties, comme celles liées au Service des eaux. «Le Conseil devra jouer son rôle en examinant très soigneusement chaque préavis. Savoir ce qui doit être dépensé, et ce qui peut attendre», note Christoph Roesler.

«Il faudra mesurer l’intérêt de chaque projet en faisant preuve de vision, mais sans pour autant faire des économies de bout de chandelle.»

«Avant de se décider sur cette hausse, j’aimerais que l’on nous présente globalement les projets à mener nécessairement. Et ce qu’ils coûtent», remarque Philippe Sarda. Pour Valentine Moreillon: «Des dépenses d’entretien et de réparation sont nécessaires, c’est un fait. Maintenant, il faudra mesurer l’intérêt de chaque projet en faisant preuve de vision, mais sans pour autant faire des économies de bout de chandelle.»

Tout ne pourra sans doute pas être entrepris, car le ratio s’approcherait dangereusement des 250%. Quand bien même la Municipalité table sur une marge brute d’autofinancement annuelle moyenne de 3,91 millions pour financer la majeure partie de ce programme. Donc près de 20 millions pour le quinquennat.

La Municipalité promet de «contenir la dette, voire la diminuer». Peut-être en recourant moins à l’emprunt et en vendant des titres, par exemple. «C’est une piste. Mais en tout cas pas en désinvestissant, via la vente de bâtiments», indique encore Pierre Dubois. Récemment, un terrain communal situé en zone industrielle a été vendu.

Ce qui est en revanche certain, c’est que la hausse du plafond d’endettement ne recueillera pas l’unanimité. Des élus du groupe Ouverture, à titre individuel, se sont exprimés et positionnés clairement en faveur d’un refus du préavis. Et il n’y aura pas de mot d’ordre chez Avançons. (24 heures)

Créé: 23.09.2016, 17h49

Articles en relation

Pas de référendum à Vevey sur le plafond d’endettement

Finances La droite veveysanne entendait soumettre la mesure à la votation populaire. Elle y renonce faute de forces vives. Plus...

La Ville de Vevey pourra s’endetter davantage

Conseil d'Etat Le Conseil d’Etat a autorisé les autorités veveysannes à faire passer le plafond d’endettement de la Ville de 200 à 275 millions de francs. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Ce week-end à Lausanne, les coureurs du semi-marathon et du marathon se verront proposer une bière (sans alcool) à l'issue de la course. Les organisateurs suivent ce qui se fait en Allemagne ou en Suisse alémanique. Car la bière est isotonique, riche en vitamines B10 et B12, et passe mieux que certaines autres boissons.
(Image: Bénédicte) Plus...