Ces jeunes Vaudois qui croient en la politique

DémocratieIls seront onze à participer à la 25e Session des Jeunes à Berne, du 10 au 13 novembre. On en a rencontré quatre. Leur point commun: un intérêt marqué pour le débat public.

Le Palais fédéral à Berne.

Le Palais fédéral à Berne. Image: Patrick Martin/ARCHIVES

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Ils ont entre 14 et 21 ans et utilisent les mots «plénum», «échiquier politique» ou «législatif» sans sourciller. Quatre des onze Vaudois qui participeront, du 10 au 13 novembre, à la 25e Session des jeunes, à Berne, expliquent leurs motivations, entre l’émotion de s’asseoir dans l’hémicycle du National et le sens de l’engagement politique, à l’heure où la plupart de leurs amis s’en désintéressent.

Parmi 200 jeunes issus des quatre régions linguistiques, en majorité des gymnasiens et autant de filles que de garçons, ils cogiteront sur huit thèmes – politique des drogues, exportation d’armes, don d’organes, jeunes extrémistes, Suisse 2041, procréation médicalement assistée, alimentation et agriculture, mobilité pendulaire. Ils rédigeront des pétitions, qu’ils remettront au parlement et qui seront portées tout au long de l’année par des lobbyistes bénévoles, anciens participants à la Session.

Impact

Mais quel impact a réellement cette Session fédérale? Aucun, estiment ceux qui appellent de leurs vœux la création d’un Parlement des jeunes, dont les positions politiques seraient plus contraignantes. Pourtant, en vingt-cinq ans, on observe quelques avancées issues directement des pétitions déposées par ces politiciens en herbe.

Par exemple, c’est une revendication de 2002 demandant un centre de compétence international pour lutter contre la cybercriminalité qui a motivé la motion de la conseillère nationale Jacqueline Fehr, acceptée et actuellement mise en œuvre par le Département fédéral de justice et police.

Et, en 2009, la Session souhaitait que soit octroyé à l’Office fédéral de la culture un montant correspondant à 0,1% du budget de la Confédération afin de promouvoir de nouvelles formes d’art, telles que le graffiti ou le poetry slam. Si le budget n’a pas été augmenté, Pro Helvetia a été mandatée pour assurer la promotion de ces arts.

Comment faire entendre ses idées

Pour la conseillère nationale vaudoise Isabelle Chevalley, qui participe cette année à sa deuxième Session en tant que référente politique, ces revendications ne font «pas forcément avancer les thématiques, mais la Session montre aux jeunes la chance que c’est de vivre dans une démocratie, de pouvoir parler de tout sans risquer de se prendre une balle dans la tête».

Et, même si les jeunes touchés sont souvent déjà sensibilisés à la chose publique, «ils deviendront des porte-parole qui inciteront leurs pairs à aller voter». «Cela permet aussi de comprendre que la forme est hyperimportante pour faire passer le fond, et de montrer avec honnêteté à ces acteurs de la société comment faire entendre leurs idées. Des collègues au parlement n’ont pas encore compris que cela ne sert à rien de déposer dix-sept interventions en une session…»

Aurait-elle participé à une Session à 16 ans? «Pas sûr. Je jouais du tambour dans les rues d’Aubonne pour soutenir la campagne de ma mère (ndlr: présidente de la section Aubonne du Parti libéral), mais je lui disais aussi clairement qu’elle m’embêtait avec sa politique…» (24 heures)

Créé: 07.11.2016, 08h33

«Etre écoutée par des politiques, c’est déjà bien»

«Mon premier pas dans la politique, je l’ai fait à 11 ans, en participant au Parlement des filles. J’y suis retournée à 13 ans et, là, je me suis dit: «Waouh, ça m’intéresse!» J’ai vu que donner son opinion pouvait aboutir à quelque chose de concret. J’ai grandi dans un environnement politisé, mais mes parents m’ont toujours laissé faire. Je ne peux pas énumérer les conseillers nationaux, ce que j’aime, c’est discuter de sujets qui nous concernent, convaincre et faire évoluer ce qui existe déjà.»

Lisa Dubath, 16 ans, gymnasienne, sans parti, La Tour-de-Peilz (Image: Chantal Dervey)

«J’ai des idées à mettre en avant»

«J’ai choisi le PDC en faisant des tests sur Internet et en comparant les mots d’ordre des partis et mon avis. J’ai des idées à mettre en avant, et entrer dans un parti ouvre des portes, aide à participer à des débats. La démarche de la Session est très positive, mais elle devrait être faite avec le parlement pour avoir plus d’impact. La Commission des jeunes, que consulte le Grand Conseil, a plus de pouvoir. Et ce qui concerne les jeunes, ce sont les problèmes de leur quartier avant les finances fédérales.»

Mehdi Jaballah, 17 ans, apprenti médiamaticien, président Jeunes PDC Vaud, Saint-Prex (Image: Chantal Dervey)

«La politique est une de mes activités principales»

«C’est la présidentielle américaine de 2008 qui a été le déclencheur. J’avais 10 ans. Ma première expérience participative, c’était en tant que président des délégués au collège. Après, j’ai intégré le Conseil des jeunes de Lausanne, puis la Commission de jeunes du canton de Vaud (CDJV), que je préside. La politique est une de mes activités principales. Le pragmatisme du PLR m’a convaincu, mais je serais prêt à soutenir une excellente idée socialiste. Je suis plutôt «a-partisan», j’aime le compromis.»

Alexander Omuku, 18 ans, étudiant HEC, conseiller communal PLR, Epalinges (Image: Chantal Dervey)

«Je lis les journaux et m’intéresse aux votations»

«J’ai entendu parler de la Session au gymnase et en ai discuté avec mon père, conseiller communal. Je parle des votations et de ce que je lis dans les journaux avec lui. A Berne, je travaillerai sur le thème «Alimentation et agriculture», qui me concerne particulièrement, en tant que fille de paysans. Je vais devoir surmonter ma peur de m’exprimer en public, mais rencontrer des gens qui ont les mêmes intérêts que moi et m’asseoir dans les sièges du Conseil national en valent la peine.»

Sibylle Bernhard, 15 ans, gymnasienne, sans parti, Cossonay (Image: Chantal Dervey)

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