D’ici à 2030, il faudrait 28’000 places d’accueil en plus pour les enfants

La Fondation pour l’accueil de jour publie une étude statistique sur les besoins des familles. La hausse idéale atteint 148%

«L’effort pour créer des places d'accueil a été important jusqu’ici, mais il n’est de loin pas terminé. La pression ne va pas se relâcher», explique Sylvie Lacoste, secrétaire générale de la Fondation pour l'accueil de jour des enfants (FAJE).

«L’effort pour créer des places d'accueil a été important jusqu’ici, mais il n’est de loin pas terminé. La pression ne va pas se relâcher», explique Sylvie Lacoste, secrétaire générale de la Fondation pour l'accueil de jour des enfants (FAJE). Image: Florian Cella

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Le chiffre est impressionnant et fera avaler sa cuillère à plus d’un politicien dans le canton de Vaud. En douze ans, c’est-à-dire d’ici à 2030, il faudrait créer dans l’idéal 28'000 places d’accueil préscolaire et para­scolaire pour les enfants dans le canton de Vaud. Alors qu’on en compte aujourd’hui 18 856, la hausse avoisinerait les 148%.

C’est le résultat d’une étude publiée mardi par la Fondation pour l’accueil de jour des enfants (FAJE) et réalisée par les sociétés Microgis et Evaluanda. Alors que le contexte est tendu entre les professionnels et les Communes (lire ci-contre), Sylvie Lacoste, secrétaire générale de la FAJE, apporte une nuance importante: «Les objectifs de la FAJE sont une recommandation.»

Gros manque aujourd’hui

Pour arriver à ce résultat, les auteurs de l’étude sont partis du constat que, à l’heure actuelle, les places disponibles permettent d’accueillir 18,9% des petits Vaudois de 0 à 12 ans. Mais dans l’idéal, 37,1% des enfants ont besoin d’une place d’accueil. Ce qui signifie qu’il manque déjà aujourd’hui 18'108 places d’accueil.

Si le scénario idéal table sur 28 000 nouvelles places en 2030, les auteurs de l’étude soulignent que 5000 places suffiraient pour maintenir l’offre telle qu’elle est aujourd’hui.

Microgis et Evaluanda notent que la demande des parents qui ont besoin d’une solution d’accueil n’est qu’à moitié honorée aujourd’hui. D’ici à douze ans, elle va augmenter de manière très différente d’une région à l’autre, entre 9% et 47%. Avec des maximaux dans l’Ouest lausannois, le Chablais, la Broye et le Vully (voir carte). «Ces hausses s’expliquent par deux facteurs, explique Émilie Flamand-Lew, du bureau Evaluanda. Il y a d’une part la pression démographique, mais aussi l’évolution sociologique et sociétale, c’est-à-dire le modèle de travail des parents et l’habitude toujours plus répandue de faire appel à des structures d’accueil. Cette solution est de plus en plus acceptée par rapport à dix ans en arrière.»

Davantage au parascolaire

Mais où faudrait-il mettre l’accent? Sur le préscolaire pour les enfants de 0 à 4 ans (crèches et garderie)? Ou sur le parascolaire, pour les écoliers de 4 à 12 ans? Selon la FAJE, les trois quarts des nouvelles places doivent revenir au parascolaire d’ici à douze ans. «Notre message aux réseaux d’accueil est clair, ajoute Sylvie Lacoste. Oui, l’effort a été important jusqu’ici, mais il n’est de loin pas terminé. La pression ne va pas se relâcher. L’effort qu’il faudra faire va augmenter rapidement, voire plus vite que jusqu’ici.»

Alors que les professionnelles mènent la lutte contre les nouvelles normes édictées par l’Établissement intercommunal pour l’accueil parascolaire (EIAP), vers qui penchent le cœur et le discours de la FAJE? Celle-ci refuse de prendre parti. Elle rappelle sa confiance dans les réseaux d’accueil, l’État et les communes pour maintenir un accueil de qualité. «Nous subventionnons les réseaux à hauteur de 84 millions de francs en 2018 et 100 millions en 2019, ajoute Gérald Cretegny, le président de la FAJE. Que les réseaux d’accueil utilisent les normes actuelles ou futures, ils bénéficieront de notre subventionnement.»

Difficile à réaliser

Les chiffres, importants, avancés par l’étude sont-ils réalistes? Peut-on véritablement imaginer que l’offre se développe à ce point-là en douze ans? Tant l’État que les Communes se gardent bien de faire des promesses. «En dix ans, on a doublé la capacité d’accueil parascolaire, sans obligation faite aux Communes. Si le rythme de création de nouvelles places se poursuit, la hausse peut être importante», note Nuria Gorrite, présidente socialiste du Conseil d’État, qui a la haute main sur la politique de l’accueil de jour dans le canton.

Membre de l’EIAP, la députée libérale-radicale Christelle Luisier Brodard abonde: «Cette étude montre ce qu’on savait: un énorme besoin. Nous ne le remettons pas en cause. Mais arriver à créer ces places d’accueil dépend de nombreuses contingences, tant financières qu’en termes de ressources humaines, de terrains à disposition et de construction.» (24 heures)

Créé: 27.11.2018, 14h05

Nouvelle grève lundi prochain

Après la première journée de grève et de mobilisation du 13 novembre, une seconde journée est prévue lundi prochain 3 décembre dans un certain nombre de structures d’accueil préscolaire et parascolaire. Plusieurs actions devraient avoir lieu dans le canton en réaction aux nouvelles normes de l’Établissement intercommunal pour l’accueil parascolaire (EIAP). Et plusieurs structures parascolaires auraient annoncé une grève totale de leurs fonctions pendant plusieurs heures. «Les parents, qui ont déjà confirmé leur présence nombreuse dans cette mobilisation, ainsi que les politiques sont invités à venir, avec comme objectif de discuter de ces décisions et d’empêcher leur mise en vigueur», explique Maria Pedrosa, secrétaire syndicale au Syndicat des services publics (SSP). Un piquet aura également lieu à Pully, devant le bâtiment de l’Union des communes vaudoises (UCV), siège de l’EIAP. «Un appel à la négociation sera réclamé, malgré le déni apparent de l’EIAP concernant une quelconque révision de leurs décisions», ajoute Maria Pedrosa.

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