De moins en moins farouche, le renard frappe à votre porte

FauneDes cas ont été observés à Saint-Légier et à Blonay. Mais des signalements sont venus de toutes les zones périurbaines. Le Service de la faune rappelle les précautions à prendre.

Le renard s’est déjà par moments rapproché de l’homme (comme ici en 2013). Cette année, il est pourtant nouveau qu’autant de cas soient signalés de renards pas du tout craintifs, dans des zones où ils l’étaient par le passé.

Le renard s’est déjà par moments rapproché de l’homme (comme ici en 2013). Cette année, il est pourtant nouveau qu’autant de cas soient signalés de renards pas du tout craintifs, dans des zones où ils l’étaient par le passé. Image: Karin Künstner

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«Un renard qui ramène la balle qu’on lui envoie pour lui faire peur… c’est normal, docteur?!?» A l'exemple de ce cas, annoncé sur les réseaux sociaux, plusieurs habitants de Saint-Légier ou de Blonay, les localités qui surplombent Vevey, se sont inquiétés de la présence de renards peu farouches à proximité de leurs habitations.

Contactée par 24 heures , Stéphanie, résidente de Blonay, raconte: «Cela fait dix-sept ans que nous habitons ici. Nous les entendions régulièrement la nuit. Si nous les apercevions furtivement à travers la fenêtre, ils détalaient aussitôt. Ils n’étaient jamais venus vers nous. Ce qui a changé cette année, c’est qu’ils s’approchent, de jour, et n’ont pas peur!»

Même son de cloche chez Kathleen, qui habite Saint-Légier: «Je vis depuis douze ans dans cette zone agricole. Je les voyais passer de loin, dans les prés. Mais cette année, ils ne sont pas du tout craintifs. J’en ai photographié un alors que j’arrivais en voiture. Je me suis arrêtée, j’ai descendu la vitre. Il était à 1 mètre de mon véhicule et ne bougeait pas.»

«Au début, ça nous a amusés de voir le petit se laisser observer, mordre sa queue ou attraper les branches du sapin, comme un chat, raconte encore Stéphanie. Mais lorsque nous avons essayé de l’éloigner – par exemple en courant vers lui en criant – il sautait sur ses pattes comme s’il voulait jouer.» Si l’animal n’a «vraiment jamais eu une attitude agressive», comme le souligne Stéphanie, le risque est ailleurs que dans la morsure: il peut transmettre l’échinococcose, une affection très rare mais très grave. (Lire ci-dessous).

Une autre habitante s’inquiète: «Un renard est venu gratter dans le potager et s’est tenu à 1 mètre d’une petite. Je ne suis pas à l’aise…»

Effaroucher sans tergiverser

Après un hiver très clément et un printemps doux, y aurait-il surpopulation? «Cela a sans doute participé au succès de la reproduction, explique Frédéric Hofmann, inspecteur cantonal de la chasse. Et il y a davantage de renards cette année à Blonay - Saint-Légier, ainsi qu’à Pully, parce que la gale a quasi disparu dans ces régions.» Il relativise toutefois: «Nous avons reçu des signalements dans toutes les zones périurbaines du canton. Ce qui n’implique pas nécessairement qu’il y a davantage de renards, mais simplement qu’ils sont plus visibles. Il y a toujours eu des renards qui venaient uriner devant les maisons. Ce qui semble nouveau, c’est qu’ils sont moins effrayés.»

La raison? La maladie de Carré, qui rend justement les renards peu farouches, est écartée par Frédéric Hofmann: «En revanche, le fait qu’il y a toujours plus de nourriture à leur disposition constitue une des explications à leur tendance à se rapprocher des habitations.» Du coup, Kathleen a immédiatement retiré les croquettes pour chiens et chats qu’elle laissait devant chez elle. Le bon réflexe, car nourrir les renards peut leur nuire, non seulement en changeant leurs habitudes de prédateurs, mais aussi en générant pour eux des maladies. «Et c’est surtout illégal!» martèle Frédéric Hofmann.

«Que tenter pour les faire fuir? s’interroge Stéphanie. Nous sommes en proie à un sentiment ambivalent: nous sommes heureux que la nature soit à nos portes, et nous voulons la respecter. Mais en même temps nous ne voulons pas des excréments de renards sur notre terrasse, car nous savons que c’est dangereux. La seule chose qui l’a fait fuir, c’est de l’asperger au jet d’eau, mais cela nous met aussi mal à l’aise.» Pas d’empathie à avoir en la matière, selon Frédéric Hofmann: «On peut aimer les animaux et tout de même leur faire comprendre que leur place n’est pas sur la terrasse.»

Une décision de tirer les renards est-elle à l’ordre du jour? «D’éventuelles captures ou régulations sont laissées à la libre appréciation des gardes-faune, mais seulement en cas de dégâts avérés ou de problèmes de sécurité vis-à-vis de l’homme.» (24 heures)

Créé: 07.09.2017, 06h41

Les bons gestes

Ne pas nourrir les goupils Rentrer les croquettes des animaux domestiques. Ne laisser traîner ni déchets ni compost.

Effaroucher le rusé Par des mesures qui vont du bruit (cris, cymbales, etc.) au jet d’eau, à la présence d’un chien, même de nuit et attaché. Il faut varier les mesures d’effarouchement, car le renard a une grande faculté d’adaptation.

Protéger les potagers avec des barrières. Bien laver les fruits et légumes et les cuire. La congélation ne détruit pas le parasite. Les gens dont le potager a été visité par des renards devraient se faire tester au CHUV sur l’échinococcose.

Porter des gants pour jeter les déjections, dans des poubelles (pas dans les WC), puis bien se laver les mains. Aussi après avoir caressé des chiens jouant avec des campagnols (les œufs du parasite se logent aussi dans les poils). Ne jamais toucher un renard.

Prévenir l’échinococcose

L’échinococcose se transmet du renard (plus rarement du chien ou du chat) à l’homme, via les œufs de l’échinocoque, contenus dans les selles de l’animal (mais pas dans l’urine). «L’animal attrape ce parasite en mangeant les campagnols», explique la docteure Noémie Boillat Blanco, cheffe de clinique au service des maladies infectieuses du CHUV.

Si le mal est contracté, des tas de kystes se développent dans le foie et peuvent, dans le pire des cas, se transmettre à d’autres organes.

Cette maladie (non transmissible d’homme à homme) peut être très grave, voire mortelle, et requiert une prise en charge lourde (traitements antiparasitaires et chirurgie). Mais Noémie Boillat Blanco relativise: «Même si 30% des renards sont infectés en Suisse, la maladie reste rare chez l’homme.

On estime qu’elle touche une personne sur 300 000. La maladie est plus fréquente chez ceux qui ont des contacts fréquents avec les renards (gardes forestiers) et les gens qui ont un potager dans un endroit auquel les renards ont accès. Entre 20 et 40 personnes tombent malades chaque année dans le pays. Le CHUV en traite chirurgicalement une petite dizaine par an, avec un très bon taux de succès.»

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