Des coins de forêts laissés à l'abandon favorisent la biodiversité

NatureLe Canton encourage la mise sur pied d’îlots de sénescence. Ce retour à la nature, pour une durée d’un demi-siècle, profite à tous.

La scientifique Rita Bütler pointe un lieu de vie formé par un tronc double, sous le regard de la conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro (à dr.).

La scientifique Rita Bütler pointe un lieu de vie formé par un tronc double, sous le regard de la conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro (à dr.). Image: Jean-Bernard Sieber

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«Pourquoi laisser ce chenit dans la forêt? C’est moche et plein d’insectes!» Mardi, pour l’une de ses dernières conférences de presse en tant que conseillère d’État, Jacqueline de Quattro faisait de l’humour dans les forêts de Yens. Pour la cheffe du Département du territoire et de l’environnement, il s’agissait justement de soutenir ce qui n’est du «chenit» qu’en apparence. Depuis dix ans, le Canton encourage la création d’îlots de sénescence, des parcelles de forêts laissées sans intervention humaine, afin que le cycle de vie – et de mort – des arbres profite à la biodiversité. Les Communes ont joué le jeu, les petits propriétaires s’y mettent aussi.

La démarche s’intègre dans le plan d’action biodiversité récemment adopté par le Conseil d’État. Mais les microréserves que constituent les îlots de sénescence (ou de vieux bois) sont en progression depuis 2010. Il en existe 264 dans le canton, totalisant une surface de quelque 820 hectares. Disséminés, ils servent de relais au déplacement des diverses espèces entre les réserves forestières. Ce réseau se complète encore de milliers d’arbres habitats, dont les caractéristiques font des lieux de vie pour de nombreuses espèces.

Une vraie richesse naturelle

«Ce dendrotelme abrite par exemple un insecte pollinisateur qui ne vit qu’ici», illustre Rita Bütler en pointant une cavité remplie d’eau entre deux troncs d’arbres. Selon la scientifique, responsable de la biodiversité en forêt, ce type d’anomalie constitue une vraie richesse naturelle, qu’il s’agit de préserver. Et plus les arbres sont anciens, plus ils hébergent la vie, soit jusqu’à 6000 espèces animales et végétales. «On compte aujourd’hui à peine plus d’un arbre devenu gigantesque avec le temps par hectare, dit-elle. C’est dix fois moins que dans une forêt naturelle.»

Mais pourquoi favoriser la vie de petites bébêtes que l’on voit à peine? «Plus on protège la biodiversité, plus un milieu est capable de résister à une agression, explique Rita Bütler. Et face au changement climatique en cours, il est encore plus important d’avoir des zones où la nature peut déployer l’ensemble de ses fonctions.»

Inspecteur cantonal des forêts, Jean-François Métraux arrive à la retraite et se réjouit d’avoir vu cette politique se mettre en œuvre sur un temps long, «en douceur, sans polémique». Son successeur, Jean Rosset, souligne qu’elle bénéficie à tous en favorisant la préservation de la biodiversité. «Même les promeneurs sont les bienvenus, surtout s’ils sont conscients que les forêts sont un bien précieux.»

Créé: 30.10.2019, 10h43

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