Des députés veulent le retour d'une famille expulsée

VaudCinq parlementaires vaudois demandent au Conseil d'Etat de faire revenir les parents et leurs trois enfants expulsés de Leysin (VD) le 16 avril.

La famille en question.

La famille en question. Image: DR

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Cinq députés vaudois ont dit lundi leur indignation suite au renvoi «brutal» d'une famille yézidie en Géorgie le 16 avril. Aux côtés du Collectif Droit de rester, ils demandent au Conseil d'Etat de faire revenir les parents et leurs trois enfants à Leysin (VD).

Devant la presse à Lausanne, Jean-Michel Dolivo d'Ensemble à gauche (EAG) a rappelé lundi les circonstances de cette expulsion «qui a choqué beaucoup de monde». La famille de minorité yézidie a été discriminée en Géorgie. En Suisse depuis huit ans, ses demandes d'asile ont toutes été refusées.

Une décision de renvoi a été prise par les autorités fédérales, alors que le frère du père dispose d'une autorisation de séjour, a expliqué le député.

Question de santé

Aucun des enfants, âgés de deux, quatre et sept ans, ne parle géorgien, a poursuivi Jean-Michel Dolivo. Le fils aîné a été diagnostiqué autiste. Sa prise en charge thérapeutique à Leysin lui a permis de progresser, jusqu'à intégrer l'école publique. Quant aux parents, ils souffrent de problèmes de santé graves attestés par des médecins reconnus, notamment des tendances suicidaires suite à leur vécu en Géorgie.

Rien de tout cela n'a empêché le renvoi. «Il s'est fait dans des circonstances dépassant tout ce qui est imaginable», a relevé Jean-Michel Dolivo. Selon lui, la mère a été attachée sur une chaise roulante, un masque sur la tête. Le père a fait une tentative de suicide, se tailladant gravement les avant-bras. Le tout sous les yeux des enfants.

Questions au Grand Conseil

Suite à ce renvoi brutal, les autorités se renvoient la balle, a expliqué le député. Il a donc déposé au Grand Conseil une interpellation, ainsi que deux questions orales qui devraient être traitées mardi. Elles interrogent sur l'application du principe de proportionnalité dans ce renvoi et sur le retour en Géorgie d'un enfant autiste.

Pour sa part, le Collectif Droit de rester a demandé au Conseil d'Etat et au médecin cantonal pourquoi les certificats médicaux ne sont pas pris en considération lors de renvois, a rapporté Graziella de Coulon, membre du Collectif. Et de déplorer que ce sont des médecins zurichois appartenant à la société privée Oseara, dont le degré de sérieux est souvent remis en cause, qui donnent leur avis sans connaître les cas.

Compétences au médecin cantonal

L'écologiste Raphaël Mahaim a abondé dans son sens. Il faut que cela change: les procédures de validation ne doivent pas être établies par la société Oseara, qui ne fait que donner un «Stämpel» d'aptitude à voler, a-t-il jugé.

Quant au renvoi lui-même, le député a regretté que personne ne veuille tirer le frein pour dire stop. «Donner des compétences au médecin cantonal serait peut-être une solution», a déclaré le député. Plus généralement, il a regretté l'amendement Schaller qui permet à Berne de punir les cantons qui n'exécutent pas les renvois.

Intérêt supérieur de l'enfant

Le député socialiste Alexandre Démétriadès a rappelé que les autorités d'exécution doivent prendre en compte l'intérêt supérieur de l'enfant, dans le respect de la Convention internationale relative aux droits de l?enfant. De plus, un amendement ajouté à la loi vaudoise sur l'asile prévoit que les mesures de contrainte ne doivent être appliquées qu'en dernier recours.

C'est pour cette raison qu'un député de droite, le Vert'libéral, Régis Courdesse, s'est joint à ses collègues pour dénoncer ce renvoi. «Nous avons une conscience humaniste dans mon groupe, a-t-il déclaré». Serge Melly, de «Vaud libre» a souligné au nom du centre-gauche combien le procédé a scandalisé les Vaudois et pas seulement les défenseurs de l'asile.

Pétition lancée

Un voisin qui a assisté aux faits a exprimé pour sa part sa consternation face au renvoi d'une famille bien intégrée à Leysin et devenue amie. Les nouvelles de Géorgie ne sont pas bonnes. «Six institutions ont notamment refusé la prise en charge de l'enfant autiste», a-t-il raconté.

Il a lancé une pétition qui a réuni pour l'heure plus de 1000 signatures. Elle demande au Grand Conseil et au gouvernement d'entreprendre les démarches pour le retour de cette famille. (ats/nxp)

Créé: 13.05.2019, 18h56

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