Des embûches en série sur la route de Lausanne 2020

JOJ 2020Morges dit non au curling, la Vallée prend du retard, l’heure tourne aux Diablerets. Les Jeux volent-ils en éclat?

Malgré les contretemps, l'enthousiasme affiché par Philippe Leuba en 2015 à Kuala Lumpur à l'annonce de la nomination de Lausanne 2020 reste intact.

Malgré les contretemps, l'enthousiasme affiché par Philippe Leuba en 2015 à Kuala Lumpur à l'annonce de la nomination de Lausanne 2020 reste intact. Image: REUTERS

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Le compte à rebours installé au Flon en janvier rappelle avec insistance que l’échéance approche mais que le chemin reste long jusqu’aux Jeux olympiques de la jeunesse 2020. Balayé de Morges, le curling se cherche un nouveau toit. La vallée de Joux a pris un très mauvais départ en vue de l’organisation des courses de ski de fond: son projet de centre nordique, frappé de plusieurs oppositions, est dans l’impasse. Les autorités du Chenit doivent désormais élaborer un nouveau plan d’affectation qui sera présenté au printemps.

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Et un grand point d’interrogation plane sur la tenue des épreuves de ski alpin aux Diablerets. La dernière opposition au réaménagement du domaine skiable du Meilleret a été levée, mais il reste à son auteur la possibilité de recourir au Tribunal cantonal. Avec le risque que Les Diablerets se voient privés de Jeux, faute de pouvoir homologuer la piste de la Jorasse à temps.

Le cas échéant, le ski alpin ira voir ailleurs. La solution pourrait se trouver à Gryon: la piste de Sodoleuvre serait toute désignée pour servir de plan B, ne nécessitant que des modifications légères pour une homologation, mais posant des problèmes d’accès. Une autre solution de repli pourrait être d’organiser ces compétitions en Valais, comme l’évoquait le directeur général des JOJ, Ian Logan, dans nos colonnes le 29 août.

Critiques à Lausanne

Mardi à Lausanne, une voix s’est élevée en séance du Conseil communal, sur la perspective de voir le curling se jouer à Champéry, plutôt qu’à Ouchy. «À part distribuer des médailles, que restera-t-il de ces jeux à Lausanne?» a interrogé la PLR Françoise Longchamp (lire ci-contre).

Maille après maille, de retard en critiques, le projet Lausanne 2020 serait-il en train de se détricoter? «C’est une interprétation très orientée et que je ne partage évidemment pas! réagit le chef du Département de l’économie, de l’innovation et du sport Philippe Leuba. Au fond, cette conseillère communale se plaint de ne pas assez profiter de ces Jeux. À la vallée de Joux, portées par l’enthousiasme, les autorités ont décidé d’imaginer tout un centre nordique, dépassant les seules infrastructures nécessaires aux JOJ. À Leysin et aux Diablerets, on parle de créer des centres de compétences nationaux. Vous ne pouvez pas affirmer que la population ne veut pas des JOJ.»

Joint à PyeongChang, le directeur général de Lausanne 2020 abonde: «Il reste une opposition aux Diablerets. Mais il faut surtout relever que les négociations ont permis de trouver une solution pour la dizaine d’autres qui avaient été déposées.»

Ailleurs, on avance

En dehors de ces trois cas, les choses bougent, insiste Ian Logan. «À Lausanne, les chantiers du Vortex (le bâtiment qui doit héberger les 1900 athlètes, ndlr) et de Malley se poursuivent. On est même en avance sur le calendrier.» Villars est en tête de peloton: «Notre piste de ski cross est prête, elle a été homologuée, confirme Pierre Besson, directeur de Télé-Villars-Gryon-Les Diablerets. Un test grandeur nature a été réalisé à la mi-janvier et nous accueillerons une épreuve de coupe d’Europe en janvier prochain.»

La station servira par ailleurs de cadre à la première épreuve de ski-alpinisme dans un cadre olympique. Là aussi, tout est prêt: Villars a accueilli en janvier une manche de Coupe du monde. Prochaine étape: le réaménagement du secteur de Chaux-de-Mont, à Leysin, où auront lieu les concours de freestyle et de half-pipe. «La mise à l’enquête interviendra début mars», annonce Jean-Marc Udriot, directeur de Télé-Leysin-Les Mosses-La Lécherette.

«On aurait tort de prétendre que ces jeux échappent aux Vaudois, conclut Ian Logan. Dès le début, nous avons eu une visée internationale et intercantonale en approchant le Centre national des Rousses pour le saut et le biathlon et les Grisons pour le patinage de vitesse. Cette diversité est justement la force de notre candidature.» (24 heures)

Créé: 18.02.2018, 11h52

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«Que restera-t-il des Jeux à Lausanne?»

Après le refus de Morges de rénover sa patinoire, le comité des JOJ doit trouver un nouvel écrin pour le curling. La rumeur place Champéry en pole position. Ian Logan, directeur de Lausanne 2020, ne confirme pas: «Nous avons reçu plusieurs propositions, nous les étudions. La décision ne revient pas à notre seul comité: elle devra se prendre d’entente avec le CIO.»

Reste que la possibilité de déplacer cette discipline en Valais n’est pas du goût de la conseillère communale de Lausanne Françoise Longchamp (PLR): «Un très bon projet de rénovation de la halle d’Ouchy, écologique et dont le financement est déjà assuré à 40% par l’investisseur privé, est sur les rails. Pourquoi ne pas se porter candidat? La Municipalité me répond que le calendrier est trop serré, alors qu’on n’est pas plus avancé sur d’autres sites.»

L’élue ajoute: «À part distribuer des médailles, que reste-t-il à Lausanne?» Un village olympique? «Il sera situé sur Écublens.» Le hockey, le short-track et le patinage artistique? «La patinoire de Malley est à cheval sur trois communes, dont Prilly. Pour une capitale olympique, c’est un peu léger.»

La remarque fait bondir le conseiller d’État Philippe Leuba: «Je rappelle que c’est le «Lausanne» HC qui évolue à Malley. Les fans de ce club se fichent de savoir si leurs buts sont marqués à Prilly ou Lausanne. Et ils n’ont pas besoin de visa pour passer la frontière communale, à ce que je sache.»

Le ministre ajoute: «Le concept de ces Jeux, que le CIO salue et cite en exemple, c’est de s’appuyer sur des infrastructures existantes plutôt que d’en construire de nouvelles. C’est dans cette optique que nous avions approché les Rousses, en France pour le saut à skis. J’ajoute que rien n’est décidé pour Champéry. Nous avons également reçu une candidature vaudoise.»

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