Des fantômes engloutis par le Léman refont surface

HistoireDerrière ses airs de carte postale, le Léman cache de nombreuses histoires oubliées, parfois insolites mais souvent tragiques. Une exposition lève le voile sur sa part secrètes. Extraits.

Cette collision funeste est à l'honneur, comme une dizaine d'autres histoires tragiques ou insolites, dans une exposition itinérante présente jusqu'en septembre dans le port de la Bâtiaz à Saint-Gingolph.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il y a 160 ans presque jour pour jour, une terrible catastrophe a lieu dans le port de Nyon. Le 1er août 1858, dans une course effrénée pour rattraper son retard, le bateau à vapeur l’«Helvétie», déboulant à Nyon à toute allure, embroche un des radeaux destinés à embarquer les passagers de son concurrent, l’«Aigle». Le bilan est lourd puisque 16 personnes trouveront la mort. Il faut dire qu'avant la création de la Compagnie générale de navigation (CGN) en 1873, les différentes compagnies de navigation présentes sur le Léman se livrent une lutte sans merci. A noter que ce funeste accident aura notamment pour conséquence la construction d’embarcadères.

Des collisions, des naufrages de bateaux piégés dans les tourbillons d'un lac déchaîné, un amerrissage d'urgence d’une montgolfière mise à mal par la bise : derrière ses airs calmes et lisses, le Léman cache de nombreuses histoires oubliées ou méconnues aux conclusions parfois heureuses ou insolites, mais le plus souvent dramatiques. Autant de fantômes - tantôt plutôt sympathiques, tantôt plutôt angoissants - qu’une exposition itinérante se propose de remonter à la surface. Après les Bains des Pâquis cet hiver, c’est du côté de Saint-Gingolph que «Fantômes du Léman», c’est son nom, a fait escale depuis juin pour l’été (lire ci-contre).

«Le lac fait partie de nous et de notre histoire. Et pourtant on oublie souvent qu’il a aussi sa part d’ombre», relève Philippe Constantin, coordinateur de l’Association d’usagers des Bains des Pâquis (AUBP), l’un des deux initiateurs du projet. Une idée qui a directement plu à Claude Martenet, directeur du Musée des barques et des traditions de Saint-Gingolph. «Dès que j’ai entendu parler de cette expo, je me suis dit qu’il nous la fallait ici», se réjouit-il. Il faut dire qu’en 1963 le village de Saint-Gingolph est marqué par un terrible naufrage, celui de l’«Aubonne», qui tue quatre de ses habitants. Un seul corps est repêché. «S’il a tendance à s’estomper, ce souvenir est toujours bien présent à Saint-Gingolph. Plusieurs familles avaient été touchées», rappelle Claude Martenet.

«Certes, notre lac est généralement calme, mais ce n’est pas un étang pour autant, abonde alors Lionel Gauthier, conservateur du Musée du Léman à Nyon, qui a étroitement collaboré au projet des «Fantômes du Léman». Les jours d’orage notamment, il peut se montrer impitoyable.»

Pour en savoir plus sur cette catastrophe ou sur d'autres naufrages consultez notre webdocumentaire.


D'autres catastrophes

(24 heures)

Créé: 02.08.2018, 16h15

Après Genève, Saint-Gingolph

L’exposition gratuite et en plein air des «Fantômes du Léman», qui a vu le jour cet hiver du côté des Bains des Pâquis à Genève, ne devait avoir qu’une durée de vie limitée. Mais au vu de son succès, plusieurs localités du pourtour lémanique se sont montrées intéressées à l’accueillir. Elle s'est d'ailleurs installée jusqu'au 30 septembre du côté du port de la Bâtiaz à Saint-Gingolph, sous l’impulsion de Claude Martenet, directeur du Musée des barques et des traditions situé justement dans le village du Haut-Lac. Après quoi elle devrait s’arrêter du côté de Chillon. «Ce qui interpelle et passionne les foules, c’est ce décalage entre une image de lac tranquille d’un côté et les violentes catastrophes qui ont pu s’y dérouler de l’autre», explique Philippe Constantin, coordinateur de l’Association des utilisateurs des Bains des Pâquis à Genève (AUBP), à l’origine du projet avec son collègue chargé de l’animation culturelle, Michel-Félix de Vidas.

L’idée a germé il y a trois ans, lorsque les deux compères genevois ont accès aux vidéos des explorations des fonds lémaniques menées en 2011 par les deux sous-marins russes Mir. «On n’y voyait pas grand-chose, mais on savait que beaucoup de choses reposaient au fond. On a alors voulu approfondir le sujet», raconte Philippe Constantin. Après avoir fouillé les archives de la presse de l’époque, visionné des vidéos des fonds, rencontré des passionné et consulté les archives du Musée du Léman, l’expo des «Fantômes du Léman» prend forme. Mais pas question d’en faire une simple énumération de catastrophes. «L’idée était d’incarner ces histoires au maximum sans être trop répétitifs. C’est pourquoi nous avons choisi d’en raconter certaines plutôt que d’autres. Et celles-ci ne sont pas toujours tragiques, mais sont parfois plus insolites ou poétiques.»

Articles en relation

Les fantômes du Léman

Long format De nombreuses épaves gisent au fond du lac, recelant histoires tragiques et anecdotes insolites. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.