Des profs victimes de chantage sexuel

InformatiquePlusieurs dizaines d’enseignants ont été victimes de l’arnaque dite de «sextorsion»

Contraction de sexe et d’extorsion, le terme «sextorsion» renvoie à une cyber-arnaque connue mais qui continue de faire des ravages en Suisse, rapportant des centaines de milliers de francs par année.

Contraction de sexe et d’extorsion, le terme «sextorsion» renvoie à une cyber-arnaque connue mais qui continue de faire des ravages en Suisse, rapportant des centaines de milliers de francs par année. Image: Keystone

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«L’auteur du courriel affirmait posséder des vidéos de moi en train de me masturber. Pour ne pas les diffuser à ma famille, à mes amis et à tous mes contacts professionnels, il me demandait près de 800 francs à verser en bitcoins.»

Daniel, enseignant dans un collège vaudois, est quelque peu tombé des nues en ouvrant sa boîte mail dimanche. Comme plusieurs dizaines de ses confrères et consœurs, le trentenaire a été victime du phénomène dit de sextorsion.

Contraction de sexe et d’extorsion, le terme renvoie à une cyber-arnaque connue mais qui continue de faire des ravages en Suisse, rapportant des centaines de milliers de francs par année. Elle consiste à persuader la victime que son ordinateur et sa webcam ont été piratés et qu’elle a été filmée en train de consommer de la pornographie avant de lui demander de passer à la caisse. «Après réception du paiement, je supprimerai la vidéo et vous ne m’entendrez plus jamais. Je vous donne 50 heures pour payer (…). Si je constate que vous avez partagé ce message, la vidéo sera immédiatement distribuée», poursuit le message envoyé ce week-end.

Expédié depuis la propre adresse électronique de la victime, ce qui n’a pas manqué d’occasionner un certain malaise chez Éric, autre enseignant vaudois concerné, l’escroquerie a pris plusieurs formes. «Aux uns, on menaçait de diffuser une vidéo de nature pédopornographique, aux autres, on affirmait posséder des vidéos d’eux en train de se masturber», enchaîne Éric, qui a vite flairé l’arnaque.

«Dans 99,9% des cas, c’est du bluff, les pirates n’ont aucune image. Il ne faut donc pas céder», confirme Patrick Amaru, directeur général de la Direction générale du numérique et des systèmes d’information (DGNSI), entité qui gère la sécurité informatique de l’État de Vaud. Mais, rappelle le responsable, les adresses visées ce week-end ne relèvent pas de la compétence du Canton. Ni de ses serveurs.

C’est en effet la plateforme intercantonale educanet, qui rassemble près de 110'000 enseignants du pays, qui a été visée. «Nous avons constaté qu’à partir de samedi soir une série de spams a été envoyée depuis plusieurs pays étrangers (hors Europe). Déjà dimanche, nos techniciens ont réagi et ont interrompu le flux de spam. Notre système de sécurité a reconnu la plupart de ces courriels comme étant du courrier indésirable – ce qui se voit dans le texte [SPAM] inscrit juste avant l’objet du courriel», indique Irene Ziörjen, d’educanet. Elle précise que le nombre d’enseignants ayant reçu le «pourriel» du week-end n’est pas connu.

Créé: 30.09.2019, 15h32

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