Élue à Berne, Jacqueline de Quattro va quitter le Conseil d’État

VaudLa ministre a dix jours pour présenter sa démission du gouvernement. Un boulevard s’ouvre pour la syndique de Payerne, Christelle Luisier, bien placée pour lui succéder.

Jacqueline de Quattro retrouvera au Conseil national son ancien collègue ministre Pierre-Yves Maillard, devenu entre-temps président de l’Union syndicale suisse et lui aussi élu dimanche.

Jacqueline de Quattro retrouvera au Conseil national son ancien collègue ministre Pierre-Yves Maillard, devenu entre-temps président de l’Union syndicale suisse et lui aussi élu dimanche. Image: Keystone

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Peu importe la manière, seul le résultat compte. Devancée par trois de ses colistiers PLR, la ministre vaudoise Jacqueline de Quattro est tout de même élue au Conseil national. Sans le score canon que d’aucuns lui prédisaient, mais l’important est ailleurs: son accession à Berne va provoquer une élection complémentaire au Conseil d’État. Car la Constitution vaudoise interdit le cumul des deux mandats, qui était encore permis jusqu’à la fin des années 1990.

Dimanche au stamm de son parti, le bar-club Le XIIIe Siècle, Jacqueline de Quattro arborait son habituel sourire et esquivait les questions trop précipitées, son élection au National n’étant pas encore actée. Elle ne le fut que dans la soirée. «Ce que j’entends faire, c’est donner ma démission rapidement pour que la vacance au Conseil d’État reste la plus courte possible, commente-t-elle. Je réserve la communication de la date officielle de mon départ à mes collègues du Conseil d’État, mais ce sera avant le 1er décembre, histoire que je puisse commencer à la session d’hiver des Chambres.» Formellement, la lettre de démission transitera par le Conseil d’État mais sera adressée au président du Grand Conseil.

Chancelier de l’État de Vaud, Vincent Grandjean indique que la date du premier tour de l’élection complémentaire n’est pas encore officialisée, «mais il y a déjà un consensus pour le 9 février, qui correspond à une date de scrutin fédéral. La loi stipule qu’il faut organiser l’élection dans les trois mois à compter de la démission, on sera donc dans le tir.»

Au PLR, l’heure a certainement sonné pour la députée et syndique de Payerne, Christelle Luisier, que l’on pressent depuis longtemps pour entrer au gouvernement. Celle-ci avertissait la semaine passée qu’elle «prendrait quelques jours pour se déterminer», sans cacher son intérêt pour la fonction. «Il faudra débriefer les fédérales, il y a un temps pour tout.» L’avocate de 46 ans aura-t-elle un adversaire à l’intérieur de son parti? Pas sûr qu’un homme trouve le timing opportun pour se lancer: le PLR en compte déjà deux au Conseil d’État. Et ceux-ci sont en place depuis 2002 et 2007. La candidature de Christelle Luisier, la plus capée des libérales-radicales vaudoises, paraît donc s’imposer. Jacqueline de Quattro soutient en tout cas sa coreligionnaire broyarde. «Ça me ferait vraiment plaisir que Christelle Luisier me succède», glisse-t-elle.

Pour autant, le président du PLR, Marc-Olivier Buffat, ne compte pas dissuader quiconque de briguer l’investiture du parti. «C’est la démocratie. Les candidatures s’ouvriront vraisemblablement dès le 11 novembre jusqu’à la fin du mois. La désignation se fera lors de notre congrès du 5 décembre à Roche.»

Reste encore à savoir si le Parti libéral-radical aura quelqu’un en face de lui ou si cette élection au Conseil d’État sera tacite. Ce qui, au premier tour du scrutin, serait pour le moins singulier dans l’histoire du canton. Aucun gros parti, de ceux en mesure de battre le PLR, ne semble motivé. D’autant qu’aucun renversement de majorité n’est en jeu, la droite étant minoritaire au Conseil d’État.

Créé: 20.10.2019, 22h15

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