En 2016, Pascal Broulis a été le ministre le moins taxé

FiscalitéCette année-là, son revenu imposable était bien inférieur à celui de ses collègues. Plusieurs députés réagissent.

Le patron des Finances vaudoises avait un revenu imposable de 124 100 francs en 2016.

Le patron des Finances vaudoises avait un revenu imposable de 124 100 francs en 2016. Image: KEYSTONE

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Pascal Broulis est le ministre vaudois qui a été le moins taxé en 2016. Selon des informations obte­nues par Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung, le patron des Finances vaudoises avait alors un revenu imposable de 124 100 francs. Ses collègues, qui gagnent aussi 251 000 francs brut par an, annonçaient des montants allant de 192 100 francs (Jacqueline de Quattro) à 291 800 francs (Béatrice Métraux). Un épisode supplémentaire dans le débat sur la situation fiscale du grand argentier vaudois.

Les hebdomadaires précisent que ce revenu imposable tient compte du revenu de son épouse, physiothérapeute indépendante. À titre de comparaison, sa collègue de parti Jacqueline de Quattro est taxée sur son seul salaire.

Pourquoi ces différences? Pascal Broulis explique dans Le Matin Dimanche que la période fiscale 2016 était «particulière». Cette année-là, il a déduit de son revenu imposable 15 000 francs de frais de transport entre Sainte-Croix, où il vit en partie, et Lausanne, où il travaille. Aux déductions usuelles s’ajoutaient encore 76 147 francs de frais d’entretien de sa maison de Sainte-Croix, pour lesquels il a dû fournir des pièces justificatives.

Selon Pascal Broulis, comparer les revenus imposables des conseillers d’État n’a aucun sens. «Certains sont mariés, d’autres pas, leurs époux sont salariés ou indépendants… Tout cela change la fiscalité, abonde Grégory Devaud, président du groupe PLR au Grand Conseil. Qui vous dit que d’autres ministres, même s’ils déclarent un revenu supérieur avec leur conjoint, n’ont pas davantage de déductions?»

Grégory Devaud ajoute qu’«un revenu imposable peut varier énormément, par exemple quand on est propriétaire». Philippe Jobin, chef du groupe UDC, complète: «Les déductions semblent justifiées puisqu’elles ont été acceptées par l’Administration cantonale des impôts. Les remettre en question reviendrait à émettre des doutes sur ce service.»

Pascal Broulis devrait-il lever son secret fiscal? «Les chiffres qui ont été présentés confirment les propos qu’il a tenus dès le départ, répond Grégory Devaud. Il est déjà très transparent en présentant par exemple les factures de ses travaux. Tout cela va trop loin. Pourquoi n’en demande-t-on pas autant d’autres élus?»

«Vraiment énervant»

À gauche, le ton est tout autre. «C’est vraiment énervant, pour ne pas dire autre chose, de devoir reconstituer au fur et à mesure le puzzle de la situation fiscale de M. Broulis», réagit Stéphane Montangero. Président du PS vaudois, il appelle une nouvelle fois le conseiller d’État à lever son secret fiscal. «Visiblement, il commence à livrer des pièces. Mais ce que nous demandons, c’est une transparence totale et des explications claires. Je regrette amèrement que Pascal Broulis ne l’ait pas fait dès le départ.»

«Ce que nous demandons, c’est une transparence totale et des explications claires. Je regrette amèrement que Pascal Broulis ne l’ait pas fait dès le départ»

Pour Hadrien Buclin, député d’Ensemble à Gauche, ces révélations ajoutent un doute. «La hauteur des déductions, qui représente à elle seule le revenu de beaucoup de citoyens, risque de lever des suspicions supplémentaires dans la population. Tout cela rend d’autant plus important le contrôle externe annoncé cette semaine.» Ces résultats sont attendus de tous. «Je suis certain que cela permettra de clore cette affaire», commente Grégory Devaud. Stéphane Montangero, lui, espère que ce travail sera fait au plus vite «pour que notre canton retrouve sa sérénité». Et Hadrien Buclin conclut: «Nous vérifierons bien que l’expert externe aura accès à toutes les pièces.» (24 heures)

Créé: 11.03.2018, 21h07

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