Fabienne Despot veut tuer le syndic... dans un roman

VeveyDans son livre, entre fiction et réalité politique, Stéphane Bovon prête des intentions assassines et fictives à l'élue UDC.

Dans son roman, «Les deux vies de Louis Moray», Stéphane Bovon, enfant de la Commune, décrit les dessous de la politique veveysanne.

Dans son roman, «Les deux vies de Louis Moray», Stéphane Bovon, enfant de la Commune, décrit les dessous de la politique veveysanne. Image: Chantal Dervey

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«Je trouve ce thriller politique veveysan très bien documenté et jubilatoire. Mais, pour ma part, je n’ai jamais pensé un seul instant que Fabienne Despot voulait m’assassiner», sourit Laurent Ballif, syndic de Vevey.

Dans son livre Les deux vies de Louis Moray, Stéphane Bovon décrit, entre fiction et réalité, les dessous de la politique veveysanne. Des célèbres et traditionnels Marchés folkloriques estivaux à la fièvre actuelle des élections communales, en passant par Pictobello, festival de dessin, cet enfant de la cité dépeint une ambiance haute en couleur et très réaliste. D’autant que, dans son roman «politique et naturaliste», il prête des intentions assassines à Fabienne Despot, qui n’envisage rien de moins que d’occire Laurent Ballif. Pour la simple et bonne raison que, dans le scénario, ce dernier a décidé de se représenter aux élections afin de briguer un troisième mandat, contrariant ainsi les vues de l’élue UDC.

«De l’UDC dans notre ADN»

«Ce livre est un exercice malhonnête pour lequel je n’entends pas faire de publicité, réagit l’intéressée. L’auteur utilise mon nom pour sa gloire personnelle. Et sans m’avoir demandé la moindre autorisation.» Si elle ne tient pas à faire de commentaire sur le contenu du roman, Fabienne Despot n’entend néanmoins pas déposer de plainte non plus.

Ce qui n’empêche pas Stéphane Bovon, écrivain, mais aussi dessinateur, éditeur, graphiste ou encore performeur à ses heures perdues, de s’en donner à cœur joie, se riant des préjugés xénophobes: «La question principale que je pose dans cet ouvrage est de savoir comment il est possible d’être jeune et UDC à Vevey, une charmante cité où la vie est douce», explique-t-il. C’est pourquoi Louis Moray, le héros du livre, incarne un jeune homme fragile happé par le parti agrarien. Le tableau est pittoresque et le regard décalé. Le contenu est local, mais aussi universel. L’auteur raconte sa cité, ses personnages emblématiques et, surtout, son petit monde politique. Pour le décrire, Stéphane Bovon s’est imprégné des séances du Conseil communal. Mais elles ne lui ont pas apporté de réponse à sa question: «J’en conclus que Vevey, comme la Suisse, doit obligatoirement compter un quart de son électorat adhérant à l’UDC. Cela fait partie de l’ADN de la ville et du pays.»

«Vevey, comme la Suisse, doit obligatoirement compter un quart de son électorat adhérant à l’UDC»

Au travers de son roman, l’auteur s’interroge aussi sur la différence entre racisme et xénophobie. Il y esquisse une réponse: «La Suisse n’est pas raciste, elle est xénophobe. A mes yeux, la xénophobie, la peur de l’autre, est le fait de l’homme sédentarisé, qui veut défendre ses biens. Et le racisme, c’est la conviction héritée de la jeune pensée scientifique héritée des Lumières, qui dit qu’il y a différentes races humaines.»

Les deux vies de Louis Moray fait aussi apparaître une mini-américanisation de la politique communale, dont l’auteur se moque et se délecte. «C’est de l’anthropologie sociale, convient-il. Par des élections communales, un parfait inconnu peut rapidement hériter d’un pouvoir important et faire carrière.»

«Les deux vies de Louis Moray» (Germont III), Ed. Olivier Morattel, 2015, 242 p. illustrées. Prix: 25 francs.

Créé: 13.02.2016, 08h32

Un cycle de dix livres épique et fictif

Le roman Les deux vies de Louis Moray s’inscrit dans le cycle de dix livres épique et fictif Gérimont, un monde partiellement immergé. C’est la Suisse, dans un futur assez proche, après que le niveau de la mer a monté de 1000 mètres. Les deux vies de Louis Moray, qui en constitue le troisième tome, est conçu comme un flash-back dans le cycle. Celui-ci sert à raconter la construction psychologique de Louis Moray, le personnage-clé appelé à un destin révolutionnaire qui tire les ficelles de l’intrigue principale. Les protagonistes du Cycle de Gérimont sont amenés à parcourir une Suisse insulaire, isolée du reste du monde. Projet littéraire, épique, baroque et postmoderne, ce cycle propose une lecture sur plusieurs strates et comprend trois livres à ce jour, après les publications de Gérimont, en 2013, et de La Lueur bleue, en 2014. D’autres auteurs devraient nourrir la saga avec des productions propres. Le tome 3 s’achève alors qu’une gigantesque vague s’apprête à engloutir le pays. Un épisode à suivre bientôt dans La montée.

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