L'Etat doit-il payer pour les nouveaux collèges?

Loi scolaireSous l'impulsion de Vaud Libre, les partis du centre lancent une initiative pour que le Canton finance 50% de la construction des infrastructures scolaires. Réactions négatives au PLR et au PS.

Christine Renaudin, Pierre Pache et Emmanuel Getaz, de Vaud Libre, ont présenté mardi l'«Opération Charlemagne», qui réunit également les autres partis du Centre.

Christine Renaudin, Pierre Pache et Emmanuel Getaz, de Vaud Libre, ont présenté mardi l'«Opération Charlemagne», qui réunit également les autres partis du Centre. Image: Vanessa Cardoso

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L’Etat doit-il passer à la caisse lorsqu’une nouvelle école est construite ou qu’un collège existant doit être rénové? Oui, répond la fédération des partis indépendants régionaux Vaud Libre, qui vient officiellement de lancer une initiative populaire, baptisée «Opération Charlemagne», sur le sujet.

La construction de nouvelles écoles est aujourd’hui entièrement assumée par les communes. Une «incongruité qui plombe le budget de nombreuses localités» aux yeux du président de Vaud Libre, Emmanuel Gétaz. L’initiative populaire demande au Canton de régler 50% de la douloureuse. «L’Etat impose ses vues pour tout projet de construction ou de rénovation scolaire, mais ne verse pas un sou. Le problème, c’est que celui qui commande ne paie pas!» dénonce Emmanuel Gétaz, qui milite pour un rééquilibrage de la balance.

Exemples de Vevey et Bex

Rejoint par les Vert’libéraux, le PBD et le PDC, Vaud Libre a jusqu’au 9 mai pour récolter 12 000 paraphes afin que l’idée soit soumise en votation.

Concrètement, le coup de pouce cantonal prendrait la forme d’une subvention unique, basée sur le budget voté par le délibérant. Charge à la seule Commune, qui resterait propriétaire de ses infrastructures, d’en assumer l’entretien.

Vaud Libre estime que sa mesure coûterait à l’Etat entre 50 et 100 millions par année. «Si l’initiative est acceptée, le Canton, fort d’une assise financière de quelque 10 milliards de francs, absorberait ces nouveaux coûts sans problème, ce qui n’est pas le cas des communes», poursuit Emmanuel Gétaz, illustrant son propos avec les exemples de Vevey ou encore de Bex. Deux communes où la construction d’un nouveau collège a fait exploser le plafond d’endettement.

«Pur électoralisme»

Se retranchant derrière la récolte des signatures en cours, Anne-Catherine Lyon, ministre en charge du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) ne s’exprimera pas sur le sujet.

Du côté des partis, on se montre en revanche plus disert. «L’idée semble séduisante, mais le remède risque d’être pire que le mal», estime Frédéric Borloz, président du PLR Vaud. Rappelant d’emblée le vif débat qui avait eu lieu début 2000, lorsque le Canton acceptait de reprendre à sa charge l’entier du salaire des enseignants, le conseiller national parle d’une «opération blanche», que ne manquerait pas d’entraîner une nouvelle bascule d’impôt. Pire, poursuit le syndic d’Aigle, si l’Etat devait mettre la main à la poche, les communes perdraient tout contrôle sur ces constructions (emplacement, agenda…).

Chef du groupe socialiste au Grand Conseil, Nicolas Rochat Fernandez abonde dans le même sens. «Il faut arrêter de croire que l’on peut tout régler avec les sous de l’Etat», glisse le socialiste, relevant au passage que la mesure est portée par des partis peu présents dans les Exécutifs communaux. «Pur électoralisme», conclut-il.

«Imaginer un fonds cantonal»

Un peu moins virulente, Fabienne Despot (UDC) ne trouve pas l’idée mauvaise, notamment car les implications financières pour les communes ont toujours été sous-estimées dans le débat scolaire. Mais la députée, «fer de lance de l’initiative Ecole 2010 et critique des aspects financiers induits par la loi sur l’enseignement scolaire (LEO)», s’étonne du silence de Vaud Libre à l’époque. «Il y a sûrement un petit côté électoraliste à sortir du bois aujourd’hui.»

Chef du groupe Vert au Grand Conseil, Vassilis Venizelos loue l’initiative, qui souligne un problème déjà relevé par la Cour des comptes: la répartition des charges dans les questions scolaires. «Mais la solution proposée n’est pas la meilleure. On pourrait imaginer la création d’un fonds cantonal pour ces financements, plutôt que de modifier la Constitution.» (24 heures)

Créé: 19.01.2016, 14h54

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