L'avocat menait grand train grâce à ses malversations

ProcèsUn homme de loi jugé depuis lundi à Lausanne pour avoir plumé des pupilles que l’État l’avait chargé de protéger.

Le Tribunal correctionnel à Lausanne juge un avocat devenu délinquant pour financer son train de vie

Le Tribunal correctionnel à Lausanne juge un avocat devenu délinquant pour financer son train de vie Image: Philippe Maeder

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Il menait la grande vie, roulait en Porsche, voyageait dans le monde en business class, fréquentait les grands restaurants, couvrait son amie de cadeaux. Aujourd’hui, il est à l’aide sociale, criblé de dettes, et vit dans un studio meublé. On l’appelait Maître, il est redevenu un quidam.

Interdit de pratique par le Tribunal cantonal, radié du barreau en raison d’actes de défaut de biens, ce Vaudois âgé d’une quarantaine d’années répond depuis lundi devant le Tribunal correctionnel à Lausanne de malversations qui ont ruiné sa carrière. Le ministère public a requis 30 mois de prison pour abus de confiance qualifié, dont 6 ferme.

Cet homme de loi qui fait profil bas admet avoir plumé plusieurs des personnes dont l’État lui avait confié la curatelle précisément avec pour mandat d'élucider la cause de certains montants prélevés dans leurs comptes. Il a d’ailleurs procédé à une dénonciation dans ce cadre-là. L’ex-avocat est aussi accusé d’avoir prélevé des sommes importantes du compte de consignation de son étude.

Depuis 2015 et en presque deux ans, le préjudice global s’élèverait à plusieurs centaines de milliers de francs. Il promet de rembourser.

Sentant venir les ennuis, l’homme s’était enfui aux États-Unis avec un magot prélevé sur le compte de consignation. Il avait fallu l’intervention de deux avocats pour le convaincre de retourner l’argent et rentrer en Suisse, où il avait été cueilli par la police à sa descente d’avion en juin 2017. Il avait été libéré après quatre jours en cellule, en échange de la saisie de son passeport et de sa carte d’identité.

Face aux juges, il est le premier à le dire: «Ce que j’ai fait était dégueulasse et honteux.» Il raconte ce qui s’apparente à une lente descente aux enfers.

Ouverte en 2007, son étude connaît des débuts difficiles. Le jeune avocat décide d’aller tenter sa chance aux États-Unis. Il s’installe en Floride avec femme et enfant. Avec l’intention de devenir consultant en droit étranger, tout en continuant à gérer ses affaires à Lausanne – «Je travaillais par Skype, je me levais le matin à 4 heures». Cela ne démarre pas mais dure trois ans. Et le couple va mal. Il divorce six mois après son retour.

«C’était un cercle vicieux»

«Revenu à Lausanne, je ne retrouvais pas ma clientèle, explique-t-il. Les affaires allaient mal, mon associé avait cessé son activité, les charges avaient augmenté, je ne parvenais plus à faire face.» S’ajoute l’obligation de payer une pension importante à son ex-épouse. Et surtout: «Je ne voulais pas perdre le niveau de vie que j’avais pour moi et ma nouvelle compagne. J’admets que c’était excessif et irresponsable.» C’est alors qu’il effectue une cinquantaine de prélèvements illicites. «Je pensais m’en sortir, retrouver ce que j’avais avant. C’était un cercle vicieux…» Les victimes, gens vivant chichement, se sont dites choquées de découvrir que la personne qui devait les aider leur a volé de l’argent pour financer des dépenses excessives.

Issu d’une famille modeste, le prévenu s’était distingué par des études brillantes. Décrit comme un grand travailleur et un être généreux, il était reconnu comme un avocat doué. Il n’a pas été soumis à une expertise psychiatrique. Face à cet accusé considéré pleinement responsable pénalement, la procureure Hélène Rappaz observe que les carences affectives dont il a souffert étant enfant peuvent être à l’origine de son besoin de briller.

Il demeure que, pour le ministère public, l’affaire est d’autant plus grave que c’est précisément parce qu’il était avocat qu’il avait été désigné par l’État pour préserver les intérêts de ses pupilles. «Il a aussi causé un tort considérable à sa profession et à la confiance en l’État de personnes ayant besoin d’aide.» Verdict jeudi.

(24 heures)

Créé: 05.11.2018, 21h23

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