«L’éducation numérique comporte moins de risques émotionnels»

EcoleQu’est-ce que des robots peuvent apporter à l’enseignement? Éléments de réponses lors d’un atelier sur l’initiation à la programmation dans les petites classes.

Les enfants sont initiés à la programmation dès 5 ans dans certaines classes vaudoises.

Les enfants sont initiés à la programmation dès 5 ans dans certaines classes vaudoises. Image: Startupticker

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Les deux enseignants qui animaient, lors de la première Journée cantonale sur l’éducation numérique qui a réuni 300 praticiens samedi à Yverdon, un atelier intitulé «Robotique et programmation aux cycles 1 et 2» en sont convaincus: l’école doit former des citoyens qui comprennent ce qui se passe dans la machine. «On n’a pas le choix, on est cerné!» résume Frédéric Perroud, doyen et enseignant à l’Établissement lausannois de Mon-Repos.C’est auprès d’un petit auditoire acquis qu’il détaillait, avec son collègue Julien Schäfer, ce qu’ils enseignent aux élèves de 2P à 6P (5 à 10 ans), durant les deux périodes hebdomadaires réparties entre les 63 classes de leur établissement.

Sur les pupitres, les robots Thymio, Cubetto et Lego WeDo rivalisent d’attractivité. Le premier, créé à l’EPFL, a déjà conquis quelque 280 enseignants vaudois des écoles publiques. En classe, il s’agit d’abord d’observer ses «comportements», chacun lié à une couleur, ensuite d’en programmer de nouveaux par le biais d’un logiciel intuitif qui laisse une large autonomie à l’enfant. S’arrêter lorsqu’il repère le vide, jouer quelques notes quand il voit un obstacle, tourner sur lui-même… la palette est vaste.

L’exercice sera toujours payant

Autant que celle des élèves. «Quand dans une même classe un élève arrive à faire zigzaguer Thymio en musique et en clignotant, et qu’à côté un autre n’arrive qu’à le faire changer de couleur, on peut toujours valoriser le fait que le second comportement, certes moins impressionnant, demeure unique et créé par l’élève», détaille Julien Schäfer. Entendez par là que l’exercice sera toujours payant.

Car «apprendre à programmer n’est pas l’objectif, précise Frédéric Perroud. C’est plutôt développer des compétences transversales de solidarité, de communication, mais aussi d’émettre des hypothèses.» Et l’enfant, même à 5 ans, a beaucoup moins peur de se tromper que l’adulte, rappelle le formateur, surtout dans un enseignement qui «comporte moins de risques émotionnels que les cours traditionnels», où l’erreur est sanctionnée. «L’enfant trouve en bidouillant, teste, essaie, se trompe, et chaque réussite est une récompense.» Si l’on observe encore une certaine résistance chez les enseignants, liée à la crainte de ne pas maîtriser leur sujet, les deux formateurs insistent: «Il faut juste oser se lancer. Et tant mieux si l’exercice montre aux élèves que nous aussi, on peut être confrontés à une situation-problème.» (24 heures)

Créé: 03.12.2017, 17h52

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