L'union des centristes se casse les dents sur l'école

PolitiqueEmmenés par Vaud Libre, les partis du centre ont échoué avec leur initiative scolaire. Le bilan électoral de l’alliance est mitigé.

L’initiative «Charlemagne» voulait obliger l’Etat de Vaud à payer la moitié de la facture de construction des écoles. Elle avait été lancée en janvier par Vaud Libre, avec l’appui des partis du centre.

L’initiative «Charlemagne» voulait obliger l’Etat de Vaud à payer la moitié de la facture de construction des écoles. Elle avait été lancée en janvier par Vaud Libre, avec l’appui des partis du centre. Image: Vanessa Cardoso

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Ils voulaient prendre du poids en s’agglutinant, mais ils n’y sont pas arrivés. Après une année d’existence, la plate-forme des partis centristes créée au printemps 2015 présente un bilan mitigé.

Dernier caillou dans leur chaussure: l’initiative «Charlemagne». C’est un échec clair pour ce texte lancé en fanfare en janvier sous l’impulsion de Vaud Libre, l’un des membres de l’alliance. Finalement, les centristes n’ont récolté que 6200 signatures sur les 12 000 nécessaires, a-t-on appris mardi. L’idée était d’obliger le Canton à payer la moitié de la facture quand une école se construit dans le canton. Aujourd’hui, ce sont les communes qui paient le tout.

A part Vaud Libre, l’alliance des centristes regroupe les partis démocrate-chrétien (PDC), Vert’libéral (V’L), bourgeois-démocratique (PBD) et évangélique (PEV), ainsi que l’Union démocratique fédérale (UDF). Le résultat est d’autant plus frustrant que «Charlemagne» devait servir d’argument de vente lors des élections communales de cet hiver.

Score électoral en baisse

«Nous sommes déçus, mais le nombre de signatures que nous avons récoltées n’est pas négligeable. C’est la première fois que nous réalisons un tel exercice, note Emmanuel Gétaz, président de Vaud Libre. Il était difficile de savoir quel pouvait être notre potentiel de mobilisation, mais ce thème restera le nôtre pour les élections cantonales de l’an prochain. Nous avons obtenu un réel intérêt de la part des gens que nous avons rencontrés.»

L’échec de «Charlemagne» arrive comme la grêle après la pluie, alors que les résultats électoraux espérés n’ont pas été au rendez-vous pour la plate-forme. Malgré leur alliance, les centristes vaudois ne comptent toujours que deux sièges au Conseil national (l’un PDC et l’autre Vert’libéral) après les élections fédérales d’octobre dernier. Leur score électoral y a même légèrement reculé: de 12,72% en 2011 à 11,51%.

Petit encouragement: les centristes et les indépendants sont passés de 10 à 13 représentants parmi les 76 sièges dans les Municipalités des douze villes vaudoises lors des élections de cet hiver.

Manque d’expérience

Quel enseignement faut-il tirer de l’échec de «Charlemagne»? Que les petits partis centristes manquent d’expérience et de relais pour lancer une initiative. Et, pour le faire, il faut aussi planifier un projet fédérateur bien en amont et de façon concertée, de l’avis général des acteurs concernés.

«Le sujet doit être stratégique pour tous les membres de la plate-forme», selon Axel Marion, président du Parti démocrate-chrétien vaudois. «La question du financement des infrastructures scolaires n’était pas en contradiction avec notre programme, mais s’y est rajoutée. Ce qui explique que la mobilisation au sein de nos sections n’a pas été aussi simple que ce que nous pensions.»

Mais l’union centriste devrait rester en place pour les élections cantonales de 2017. «C’est toujours la même chose», note François Pointet, président des Vert’libéraux. «Le mieux serait de partir sous notre propre bannière, mais le système électoral – avec un quorum de 5% à atteindre – oblige les petits partis à s’allier.» En 2012, alors même que l’alliance n’existait pas encore officiellement, le PDC, le PBD, le PEV et l’UDF avaient présenté un ticket au Conseil d’Etat. Vaud Libre, par contre, était parti en solo. (24 heures)

Créé: 13.07.2016, 22h51

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Réactions

«Nous sommes déçus, mais le nombre de signatures que nous avons récoltées n’est pas négligeable»


Emmanuel Gétaz, président de Vaud Libre

«Pour définir le sujet d’une initiative, il doit être stratégique pour chacun de nous»


Axel Marion, président du Parti démocrate-chrétien (PDC) vaudois

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