La balise de Saint-Prex fait briller le bourg jusqu’à la stratosphère

AviationL’émetteur situé au large du village guide les avions depuis 1971. Swiss va baptiser l’un de ses Airbus du nom du bourg.

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Eté comme hiver, 365 jours par année, elle trône au large de Saint-Prex, impassible, depuis plus de quarante ans. Elle, c’est la radiobalise, «la boule», comme on la surnomme dans la région. Instrument indispensable en aéronautique, l’installation sert à donner un cap aux avions. Grâce à son signal, elle permet aux appareils de se repérer en vol et, surtout, de s’aligner sur l’axe de la piste 23, où l’on atterrit à Cointrin. Des onze stations similaires que compte le pays, celle fixée sur pylônes, au large de Saint-Prex, est la seule à être immergée.

Grâce à l’intensité de son signal, l’installation est l’une des radiobalises les plus utilisées d’Europe. Porte-parole de l’Aéroport de Genève, Bertrand Stämpfli estime qu’environ 90'000 appareils y ont recours chaque année pour se poser sur le tarmac genevois.

Le début de l’approche se faisant à une altitude de 7000 pieds (2500 mètres), Saint-Prex ne souffre pas du ballet quasi ininterrompu des avions au-dessus de sa tête. «On les entend parfois, selon la direction du vent, mais personne ne s’est jamais plaint. Chez nous, le train fait bien plus de bruit», sourit Daniel Mosini, syndic.

Dans le ciel européen

Abrégée SPR sur les cartes de navigation aérienne – Sierra Papa Roméo selon l’alphabet radio utilisé dans l’aviation –, la balise fait littéralement rayonner Saint-Prex loin à la ronde. A très exactement 360 kilomètres sur 360 degrés, soit la zone que couvre son signal. Mieux: dès jeudi, elle permettra même au bourg de La Côte de voir son nom voyager dans toute l’Europe, grâce à la Compagnie Swiss, qui baptisera l’un de ses Airbus A320 moyen courrier St-Prex.

Sur les 91 appareils que comptent la flotte de Swiss, c’est la quatrième commune vaudoise à obtenir cet honneur, après Lausanne, Montreux et Nyon. Auparavant, Swiss donnait des noms de montagnes à ses avions. Désormais, ils porteront des noms de villes.

Pour le St-Prex, l’idée a été a été proposée à Swiss par le conseiller national André Bugnon (UDC), originaire du bourg. «Avec sa balise, la localité de Saint-Prex joue un rôle déterminant en matière de trafic aérien ainsi que lors des approches sur Cointrin. Le nom de la commune figurera à droite en rentrant dans l’avion, et St-Prex sera envoyé aux quatre coins de l’Europe», confirme Mehdi Guénin, porte-parole de Swiss.

Depuis un crash

L’aventure de la station saint-preyarde commence dans les années 1960. «La balise a été placée sur le lac à la suite du crash d’un vol Bombay-Londres sur le Mont-Blanc, en 1966. A l’époque, il n’y avait pas de route aérienne sur cette partie des Alpes», explique Vladi Barrosa, porte-parole de Skyguide.

Depuis, la balise, qui fait littéralement partie du paysage, est un objet de fierté pour les Saint-Preyards. «Nous y sommes très attachés, confirme le syndic. Beaucoup de bateaux naviguent autour de la station. Avec ses abords particulièrement poissonneux, elle fait également le bonheur des pêcheurs.»

Ainsi, la boule ne sert pas qu’aux avions. L’été, elle fait également office de balise pour les bateaux. L’appontage étant interdit, les équipages se contentent de la contourner lors de régates. En quarante ans, aucune embarcation ne l’a heurtée.

Reconversion garantie

Il y a quelques années, pensant que l’apparition de la technologie GPS avait rendu la balise obsolète, plusieurs personnes lui ont imaginé une reconversion.

Lionel Maumary, président du Cercle ornithologique de Lausanne, en aurait bien fait une plate-forme de nidification pour sternes pierregarins. «Elle faisait le bonheur des oiseaux, mais des filets ont été rajoutés.»

Chacun voyant midi à sa porte, Erick Galmiche, navigateur du bourg, glisse une autre idée. «Je verrais bien un bar sur pontons flottants avec un taxi vénitien en bois verni qui ferait des allers-retours entre le bar et le rivage.»

Autant d’idées originales qui devront attendre, la balise étant encore en activité. «Certains avions, équipés de GPS, n’ont plus besoin de la balise, mais elle n’est pas à ranger au placard pour autant. L’aviation légère a encore besoin de ce point d’entrée», précise Vladi Barrosa. (24 heures)

Créé: 25.11.2013, 07h21

La radiobalise en chiffres

Construction Le chantier démarre en 1968 et se poursuit jusqu’en 1971.
Profondeur Sous la balise, le fond du lac est à 6 mètres.
Diamètre 13 mètres.
Hauteur La plate-forme se situe à 2,8 mètres au-dessus du lac.
Sommet La pointe culmine à 8 mètres au-dessus du lac.
Distance de Cointrin 40 km.
Avions guidés La radiobalise aide quelque 90'000 appareils à atterrir à Cointrin chaque année.
Pannes La station enregistre un ou deux incidents par année. Emplacement oblige, l’entretien se fait par bateau, par du personnel spécialisé. Skyguide n’articule pas de chiffres, mais confirme qu’elle est «très chère
à entretenir».
Force du signal La radiobalise émet un signal omnidirectionnel dans un rayon de 360 kilomètres.
Technologie embarquée Deux systèmes se trouvent dans la balise: le VOR (VHF Omnidirectional Range) et le DME (Distance Measuring Equipment).

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