La cheffe du LEB s’est toujours vue pilote de ligne

PortraitMarielle Desbiolles: La nouvelle déléguée de la direction des TL au LEB se ressource grâce à sa pratique de l’équitation, mais s’extasie devant les avions de chasse.

Marielle Desbiolles est depuis le 1er mars 2017 la nouvelle déléguée de la direction des TL au LEB et responsable du trafic régional voyageur

Marielle Desbiolles est depuis le 1er mars 2017 la nouvelle déléguée de la direction des TL au LEB et responsable du trafic régional voyageur

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Entrée en fonction le 1er mars dernier, Marielle Desbiolles est la première femme à la tête du Lausanne - Echallens - Bercher. En retire-t-elle une fierté? «Je ne me pose pas la question. Et je ne revendique rien du tout. Quand le poste s’est libéré, j’ai tenté ma chance car le challenge m’intéressait. Je suis très heureuse de l’avoir eu, mais dans le cas contraire, j’aurais poursuivi ma fonction au sein de la production aux TL, et à terme je me serais lancé un nouveau défi.»

Cet état d’esprit empreint de sagesse lui viendrait de sa passion de toujours: les chevaux. «Il n’y a rien de mieux pour se recentrer. Tu peux courir toute la journée, lorsque tu retrouves ton cheval, tu es obligée de t’adapter à son allure.» L’équitation lui a aussi appris à improviser et à ne jamais rien considérer comme acquis. Autant dire qu’elle ne manquerait pour rien au monde ses retrouvailles quotidiennes avec sa jument demi-sang suisse Starlanda.

Si la cavalière en balade s’émerveille de la lumière du printemps dans les sous-bois, ne voyez pas en elle une rêveuse contemplative: elle s’extasie aussi devant le vol d’un… F/A-18. «Je dois être une des rares personnes à aimer les voir passer!» rigole-t-elle. Cela la ramène en effet à sa seconde grande passion: l’aviation.

«Cette expérience a au moins été une jolie école de vie. Elle m’a appris à prendre sur moi, à être rigoureuse et attentive aux autres»

Et là, pas question de se contenter d’admirer. Enfant, elle rêvait déjà de devenir pilote professionnel, elle a donc passé son brevet à l’âge de… 17 ans. A l’aérodrome d’Annemasse (F), tout près d’où elle a grandi. «Pour payer mes heures de vol, je nettoyais les avions et récurais les hangars». Mais une année plus tard, l’apparition d’une myopie brisait ses rêves de carrière. «Cette expérience a au moins été une jolie école de vie. Elle m’a appris à prendre sur moi, à être rigoureuse et attentive aux autres. Et puis, grâce à cela, j’ai été obligée d’être une élève assidue.» Privée d’objectif, mais pas de bonnes notes, Marielle Desbiolles s’est lancée dans les écoles préparatoires, en maths sup’et maths spé’. Mais le système de sélection français, basé sur un concours et donc sur la compétition entre élèves, ne lui convenait pas du tout.

La nouvelle cheffe du LEB assume son côté «un peu sauvage». Pas question pour elle, par exemple, d’évoquer publiquement sa vie privée. Indépendante de nature, elle réfute cependant l’adjectif «individualiste». «J’aime me retrouver avec moi-même, mais j’aime tout autant les interactions avec les gens.» Cette quadragénaire a même tâté de la politique. «Seulement quelques mois, en temps que conseillère communale à Moudon. Mais c’est un domaine que je continue à suivre, pour ce qu’il dit de l’évolution de notre société.»

Un atout pour s’imposer naturellement

Son refus de la compétition scolaire l’a aussi logiquement détournée du monde du sport de haut niveau. «Avec mon mètre 84, j’ai évidemment été sollicitée par des équipes de basket et de volleyball, mais malgré mes tentatives ce n’était pas mon truc.» Et de poursuivre la réflexion en se demandant, par contre, si ce n’est pas à cette taille importante qu’elle doit de ne jamais avoir eu le sentiment de devoir en faire plus que les hommes pour être prise au sérieux. «Par rapport à d’autres femmes, elle m’a peut-être permis de m’imposer plus naturellement.»

Mais revenons à son cursus. Entendant un ami lui parler de l’EPFL, elle se dit: «Pourquoi pas?». Malgré sa double nationalité (son père est français, sa mère suisse), elle n’avait jamais mis les pieds à Lausanne. «En arrivant, j’ai été surprise par la différence de culture. Parlant la même langue et venant «d’à-côté», je ne m’y attendais pas. Le monde du travail a énormément contribué à mon intégration. Aujourd’hui, je serais probablement déroutée si je retournais en France…»

Diplôme en poche, Marielle Desbiolles débute sa carrière professionnelle en tant que géomètre. Et en 2000, elle entre aux Transports publics de la région lausannoise pour gérer des bases de données géographiques. Un premier pas dans le monde du transport professionnel et du service public, qui lui est inconnu. «Mais qu’il soit ferroviaire, maritime ou routier, c’est un monde qui vous happe. Tant d’interactions entre des domaines très différents sont nécessaires pour que cela fonctionne.» S’enchaînent ensuite diverses missions et fonctions: mise en service de réseau, production des horaires, construction de ligne de contact, accessibilité du M2 aux personnes à mobilité réduite,… jusqu’à rejoindre la direction des TL en 2013.

«Une personne posée et réfléchie»

Désormais déléguée de cette même direction au LEB, Marielle Desbiolles découvre le plaisir de mener des projets stratégiques et d’échanger avec des interlocuteurs très variés: conseil d’administration, commanditaires cantonaux ou fédéraux, clients et collaborateurs. «Ces hommes et ces femmes qui se donnent tant de mal pour que tout fonctionne et qui sont les premiers touchés lorsque ce n’est pas le cas», souligne-t-elle en allusion aux nombreux problèmes de tenue d’horaire qui ont l’art d’irriter les clients.

Cette attention aux autres n’étonne pas son prédécesseur, parti mettre en place le futur réseau de transport ferroviaire franco-valdo-genevois Léman Express. «Même durant l’année où je l'ai eue comme cheffe, j’ai toujours eu beaucoup de plaisir à la côtoyer, se souvient Daniel Leuba. Marielle est une personne posée et réfléchie, qui s’intéresse à tout.»

Des qualités qui lui seront fort utiles face aux clients mécontents, pannes électroniques aléatoires et autres imprévus bloquant la circulation des trains. Et si elle venait à perdre le calme et le recul qui la caractérise, une balade avec Starlanda remettra tout dans l’ordre. (24 heures)

Créé: 07.04.2017, 09h42

Bio Express

1972 Naît le 23 mars à Annemasse (F).

1989 Passe son brevet de pilote d’avion à 17 ans.

1992 Arrive dans le canton de Vaud pour débuter une formation à l’EPFL.

1997 Obtient son diplôme d’ingénieure en génie rural spécialisée dans les mensurations cadastrales.

2000 Est engagée aux Transports publics lausannois.

2013 Intègre la direction des TL en tant que responsable de la Production de l’offre.

2017 Prend ses nouvelles fonctions de déléguée de la direction des TL au LEB et responsable du trafic régional voyageur.

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