[VIDEO] La chirurgie du rectum se renforce à Morges

RencontreDavid Petermann est recruté par l’hôpital régional pour développer cette spécialité rare.

Entrez dans le bloc du Dr. David Petermann et du Dr. Luca Di Mare à l'Hôpital de Morges pour découvrir comment se déroule une opération. Vidéo: Julie Kummer


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Son domaine de prédilection? Les entrailles. Le temps de sortir de la salle d’opération, d’ôter sa tenue de bloc et d’enfiler sa blouse blanche, le Dr David Petermann nous accueille dans son bureau, au bout d’un long couloir de l’Hôpital de Morges. Pratiquant un art aussi minutieux que périlleux, ce médecin de 37 ans a été récemment engagé par l’Ensemble Hospitalier de La Côte (EHC) pour renforcer le pôle de chirurgie viscérale. Son pedigree? Un bagage bien garni dans le domaine colorectal, volet de la médecine hautement spécialisée (MHS).

Esquissant un timide sourire, ce natif d’Orbe est intarissable lorsqu’on lance la discussion sur son art. Un rêve de gosse. «J’ai toujours voulu devenir chirurgien, bien qu’il n’y eût aucun médecin dans ma famille, confie-t-il, l’œil pétillant. Je me suis dirigé vers le domaine des viscères parce qu’il me permet de soigner un grand nombre de patients.» Car cette spécialisation, qui couvre un large éventail d’interventions (le tube digestif, les organes qui y sont associés tels que le foie ou le pancréas, ou encore l’endocrinologie), connaît un essor dans les hôpitaux.

Connaissances pointues

«Auparavant, les chirurgiens étaient généralistes. Aujourd’hui, avec les nouvelles technologies et les connaissances toujours plus pointues, la prise en charge des pathologies s’est spécialisée.» Le praticien a fait ses armes à l’Hôpital d’Yverdon dès 2004, avant d’intégrer le CHUV, où il a suivi une formation approfondie en chirurgie viscérale sous la houlette du professeur Nicolas Demartines et de son équipe. Chef du Service de chirurgie viscérale de l’hôpital universitaire, ce chirurgien renommé confirme la tendance esquissée par son «disciple».

«Les chiffres publiés par l’Office fédéral de la statistique (OFS) le démontrent: les opérations du foie, du pancréas, de l’estomac, de l’intestin ou encore du rectum sont en augmentation régulière. Et nous nous trouvons pile dans les projections réalisées par l’OFS.»

Le spécialiste articule deux raisons principales à cette croissance – qui touche l’ensemble de la pratique chirurgicale. D’une part, «les progrès de la médecine, notamment dans le traitement du cancer, nous permettent d’opérer avec succès des patients qui étaient inopérables il y a quinze ans.» D’autre part, l’amélioration des techniques anesthésiques a élargi les possibilités d’interventions sur des patients plus âgés et atteints de maladies à des stades plus avancés.

Solidement formé au CHUV, pourquoi David Petermann a-t-il choisi de poursuivre sa carrière dans un hôpital de périphérie? «J’ai souhaité me concentrer davantage sur la prise en charge clinique des patients. Dans un hôpital universitaire, une part importante du temps de travail est dédiée à la recherche et à l’enseignement.» Son credo: la relation au patient. «Lorsque j’ai démarré mes études, j’ai hésité entre l’EPFL et la médecine. J’ai opté pour le second choix pour son côté humain.»

Au bloc de l’Hôpital de Morges, le praticien brille avant tout par ses compétences affûtées dans un domaine particulièrement complexe: la chirurgie du rectum. Des opérations si délicates et rares qu’elles ne sont l’apanage que de la crème des chirurgiens. L’établissement morgien n’en pratique que vingt par année. C’est pourquoi son traitement fait partie de la médecine hautement spécialisée, de même que ceux de l’œsophage, du foie, du pancréas, ainsi que la chirurgie bariatrique complexe (obésité).

«Le critère, c’est la rareté, reprend David Petermann. Il existe une corrélation entre le nombre de cas par établissement hospitalier et les résultats.» Une étude publiée par le prestigieux New England Journal of Medicine l’atteste: plus un hôpital pratique telle intervention, moins le risque de complications et de décès est élevé.

Autorisation nécessaire

Pour réaliser ces opérations, les hôpitaux suisses doivent obtenir une autorisation délivrée par l’Organe de décision de la MHS, mandaté par la Conférence suisse des directrices et directeurs cantonaux de la Santé. Dans le canton, seul le CHUV pratique les cinq spécialités. Quant à l’Hôpital de Morges, il bénéficie depuis 2013 de l’autorisation de pratiquer la chirurgie du rectum. L’engagement de David Petermann est ainsi lié au renouvellement de cette autorisation.

«L’une des conditions posées par la MHS pour la chirurgie du rectum est de pouvoir compter sur deux praticiens au bénéfice d’une formation approfondie en chirurgie viscérale. C’est dans cette optique que j’ai rejoint le Dr Luca Di Mare, également spécialiste en chirurgie viscérale, qui a obtenu la première autorisation MHS de pratiquer cette activité à Morges.» Et de préciser que les nouvelles techniques opératoires du bas rectum nécessitent l’expertise de deux chirurgiens «pour travailler de façon conjointe et simultanée par un double abord, l’un par l’abdomen, l’autre par le périnée.»

Bien que rare, la chirurgie du rectum est pratiquée par deux autres hôpitaux périphériques du canton: les Etablissements hospitaliers du Nord vaudois et le Groupement hospitalier de l’Ouest lémanique. L’Hôpital de Morges est-il en concurrence avec son voisin nyonnais? «Non, assure François Jacot-Descombes, directeur général de l’EHC. La logique nous oriente davantage vers une coopération entre les établissements en vue d’atteindre les cibles d’activité posées par la MHS.» (24 heures)

Créé: 06.09.2016, 09h10

Prévention du cancer du côlon

Bien que les chirurgiens spécialistes des viscères disposent d’une grande palette d’interventions, ils opèrent essentiellement pour traiter les pathologies cancéreuses du côlon. Dans le canton, le cancer du côlon provoque en effet quelque 130 décès par année – 1600 pour l’ensemble du pays. Or un dépistage précoce permet de diminuer considérablement les cas mortels. «En Suisse, deux personnes sur cent âgées de moins de 80 ans décèdent lorsqu’elles sont atteintes d’un cancer du côlon, expose David Petermann. Avec le dépistage, on peut diminuer ce nombre de moitié.» Fort de ce constat, l’Etat de Vaud a lancé en 2013 un vaste programme soutenu par la Confédération. «Le canton joue le rôle de projet pilote, qui offre la possibilité aux personnes âgées de 50 à 69 ans de se faire dépister gratuitement.»

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