«La convention collective n’est pas un truc de gauche»

DétaillantsLes grands et petits commerçants se fédèrent pour offrir des conditions harmonisées dans le canton.

Certaines grandes enseignes, comme Payot, bénéficient déjà d'une CCT interne. Mais ce n'est pas la norme.

Certaines grandes enseignes, comme Payot, bénéficient déjà d'une CCT interne. Mais ce n'est pas la norme. Image: Florian Cella - A

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Mieux vaut parler d’une seule voix pour être entendu. C’est le postulat de Pascal Vandenberghe, patron de Payot et président du nouveau Trade Club Vaud. La structure, créée sur les cendres encore chaudes du Trade Club Lausanne au 1er janvier 2020, réunit déjà douze grandes enseignes du canton. Avec les représentants des petits et moyens commerces, qui doivent encore se fédérer, elle veut devenir l’interlocuteur unique des autorités et des syndicats. Le but: ficeler une convention collective de travail vaudoise pour le commerce de détail.

Donner envie d’une CCT

Quelles revendications seront mises sur la table? «Nous avons trois objectifs, explique Pascal Vandenberghe. L’harmonisation des horaires d’ouverture dans le canton, l’octroi de quelques dimanches d’ouverture par an (NDLR: la loi fédérale en prévoit quatre au maximum) et la garantie de conditions de travail équitables pour les collaborateurs de la vente.» Pour le patron, ces trois éléments profitent à tous: consommateurs, collaborateurs et entreprises. «Les conventions collectives, ce n’est pas un truc de gauche… Si on arrive entre partenaires sociaux avec une proposition commune, les autorités signent au bas de la feuille sans hésiter!» estime Pascal Vandenberghe.

Giorgio Mancuso, responsable du secteur tertiaire chez Unia Vaud, a d’ailleurs accompagné le président du Trade Club chez Philippe Leuba pour lui présenter le projet. Le conseiller d’État chargé de l’Économie leur a assuré le soutien du Canton. «C’est un signal très positif qu’on commence à parler d’une convention collective cantonale, estime le secrétaire syndical. Mais le vrai enjeu sera de donner envie à tout le monde – travailleurs, employeurs et autorités, qui perdent des prérogatives. Cela va prendre du temps…»

«Les conventions collectives, ce n’est pas un truc de gauche… Si on arrive entre partenaires sociaux avec une proposition commune, les autorités signent au bas de la feuille sans hésiter!» Pascal Vandenberghe, président du Trade Club Vaud

Pour lui, l’accès au personnel des enseignes qui ne collaborent pas encore avec un syndicat (soit qui n’ont pas de CCT d’entreprise) sera un des points clés des discussions, si l’on veut atteindre le quorum des travailleurs nécessaire, tout comme celui des employeurs, pour mettre sur pied une CCT. Mais la volonté syndicale est là: «On ne va pas continuer très longtemps à avancer à coups de référendums», dit-il en évoquant notamment le récent cas de Nyon, où l’extension des horaires d’ouverture décidée par les commerçants et les élus a été annulée par le vote du peuple.

Pascal Vandenberghe est conscient que la tâche est ardue. Mais il pense déjà au premier chantier de la nouvelle structure: dresser un état des lieux du commerce de détail dans le canton. Elle sera aidée pour cela par un secrétariat au Centre patronal. Ensuite, les négociations seront menées par les comités d’associations de commerçants avec les syndicats.

Six grandes enseignes siègent dans celui du Trade Club: Migros, Coop, Manor, Fnac, Payot et Bon Génie. Six autres en sont déjà membres (Aeschbach, Visilab, Coop City, Denner, Décathlon et Jumbo). «Mais ce n’est pas à nous de donner le ton, insiste Pascal Vandenberghe. C’est aux plus petits de dire jusqu'où ils peuvent aller.»

Créé: 21.01.2020, 17h38

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