La droite peste contre les effets sociaux de la RIE III

Grand ConseilLe parlement a débuté son examen du budget 2019 de l'Etat de Vaud. Il table sur des dépenses de 9,7 milliards.

Grégory Devaud (PLR) compare le social à la grenouille de la fable de La Fontaine, qui veut se faire aussi grosse que le bœuf.

Grégory Devaud (PLR) compare le social à la grenouille de la fable de La Fontaine, qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Image: VQH

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«De la part des partis gouvernementaux, on entend toujours: «Retenez-moi ou je fais un malheur.» Mais au final, c’est «le budget, rien que le budget.» Adressée aux libéraux-radicaux et aux socialistes, la pique venait de Jean-Michel Dolivo (SolidaritéS) mardi au Grand Conseil. Alors que le parlement a commencé ses travaux sur le budget 2019 de l’État de Vaud, la quasi-totalité des partis a voté mardi pour l’entrée en matière, par 117 voix contre trois, avec cinq abstentions. Les débats se poursuivent ce mercredi. Ce budget 2019, c’est un total de 9,7 milliards de francs pour un bénéfice de 111 000 francs. Point particulier: le texte est placé sous le règne de la RIE III vaudoise, qui allie baisse fiscale pour les entreprises et contreparties sociales. Le tout pèse 209 millions.

Le bœuf et la grenouille

Si la droite parlementaire se félicite de la baisse fiscale, elle pointe du doigt le poids grandissant du social: 30% des dépenses, à égalité avec la formation.

Alors que les charges globales de l’État augmenteront de 240 millions, le social en représente 74%, selon Grégory Devaud, chef du groupe libéral-radical. «Une croissance en partie expliquée par l’augmentation des subsides à l’assurance maladie obligatoire pour 150 millions de francs, ajoute-t-il. Et la nouvelle hausse des primes maladie annoncée pour l’année prochaine aggravera encore la situation.»

Comparant le Département de la santé et de l’action sociale du socialiste Pierre-Yves Maillard à la grenouille de la fable de La Fontaine, il interroge: «Combien de temps va-t-elle mettre à éclater face au bœuf? Combien de temps les autres départements devront-ils se serrer la ceinture face à son appétit gargantuesque?»

Dans la lignée des années précédentes, le PLR du grand argentier Pascal Broulis a néanmoins déjà annoncé qu’il soutiendrait le budget. À la tête du groupe UDC, Philippe Jobin rejoint son homologue libéral-radical. Taxant le budget de «funambulesque», il ajoute: «Aujourd’hui, c’est la fête à Monsieur Maillard.»

«Bouclier social» à gauche

Le Conseil d’État étant à majorité de gauche, le Parti socialiste et les Verts sont nettement plus réjouis face au texte du gouvernement. Le socialiste Stéphane Montangero en vient même à utiliser lui aussi la maxime «le budget, tout le budget, rien que le budget», jusqu’ici quasi réservée au PLR et à Pascal Broulis. À propos des subsides LAMal, il vante ce qu’il nomme un «bouclier social protégeant tous les Vaudois contre les hausses incessantes et insensées des primes maladie».

Hormis certains UDC, seule la gauche radicale devrait s’opposer au budget mercredi. Elle a déposé une vingtaine d’amendements, surtout pour renforcer le personnel de certains services. Comme de coutume, le parlement devrait en balayer la majorité. (24 heures)

Créé: 04.12.2018, 22h39

En bref

Presse: «Mépris» de Tamedia

Le Conseil d’État a profité de la séance du parlement de mardi pour dire tout le mal qu’il pense de la façon de travailler de la direction de Tamedia, qui édite notamment «24 heures», «20 minutes» et «Le Matin». Revenant sur la médiation qu’il avait menée cet été dans le cadre du conflit opposant les employés de Tamedia et la direction, en parallèle à la fin de la version papier du «Matin», le gouvernement a pointé le «mépris pour les institutions politiques» et «à l’égard du dialogue social» et l’«irrespect vis-à-vis du personnel», selon les mots de Nuria Gorrite et de Philippe Leuba. Ce dernier a même souligné: «Je n’ai jamais senti le mépris que j’ai senti dans le dossier Tamedia.» Le groupe avait mis unilatéralement fin aux discussions, disant vouloir mettre l’accent sur la négociation d’un plan social pour le personnel du «Matin».

Sites contaminés: la gauche veut un calendrier

Il reste 45 sites pollués à assainir dans le canton. Mais quand le seront-ils? Ensemble à Gauche a déposé une demande de précision sur cette thématique, suite à une enquête de «24 ­heures».

M.SL

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