La dyslexie joue un rôle dans le choix de carrière

Salon des métiersCe trouble du langage écrit peut discriminer les apprentis. Un film projeté dimanche au Salon des métiers permet de mieux l’appréhender.


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Ils s’appellent Joël, Melissa, Manon... Ils sont apprentis dans différents domaines, mais ont tous en commun la dyslexie. «Il s’agit d’une difficulté dans l’acquisition du langage écrit, explique Mathilde Goumaz, présidente de l’antenne vaudoise de l’Association dyslexie Suisse romande (aDsr). Pour ces jeunes, la lecture n’est jamais facile ni automatique.» Problèmes de compréhension de textes écrits, fautes d’orthographe, difficulté à apprendre une langue étrangère font partie des obstacles à surmonter. Si l’école est pour eux un véritable chemin de croix, l’accès à un apprentissage n’est pas aisé. «Les tests de français leur posent un problème et leur ferment parfois les portes de certains métiers. Tout comme les branches utilisant un vocabulaire scientifique complexe. Leur cerveau fonctionne différemment, précise la présidente. Tout ce qu’ils apprennent doit avoir un sens. Le «par cœur» ne leur convient pas.»

Pour mieux se faire entendre, une dizaine d’apprentis ont joué dans un film intitulé Empreintes de dyslexies. Une façon d’expliquer clairement au grand public que l’on peut être dyslexique et réussir dans la vie. «C’est particulièrement difficile de faire un CV ou une lettre de motivation, explique Mélissa Dos Santos, assistante de la petite enfance. Dans mon domaine, il faut retranscrire beaucoup de choses dans un cahier et ce n’est pas évident. Mais depuis que je leur ai expliqué ma particularité, mes collègues m’aident et m’encouragent.»

Joël Siegenthaler travaille chez Nestlé, là où il a fait son apprentissage d’employé de commerce. «J’ai tout de suite parlé de ma dyslexie. J’ai aussi mis en avant que ce trouble n’avait pas que des aspects négatifs, grâce à lui je suis particulièrement persévérant.» Bien intégré au sein de la société, Joël a eu de la chance. «Nestlé a tout mis en place pour m’aider. J’ai eu accès à un correcteur orthographique et grammatical très poussé, qui permet également de surligner en couleur certaines lettres, m’aidant dans la lecture. Lors des tests, j’ai eu droit à du temps supplémentaire.»

Pour Manon Jaquier, le début d’apprentissage a été moins facile. «Je n’ai pas voulu parler de ma dyslexie lors de mon entretien. Mais j’ai rapidement été confrontée à certains problèmes, explique la future assistante socio-éducative. Faire la lecture du journal aux résidents le matin était un calvaire. Mon employeur ne me comprenait pas.» Ce n’est qu’après avoir discuté de son trouble que des aménagements ont été prévus pour elle. «J’ai fini ma deuxième année d’apprentissage avec 5 de moyenne!» Yseult Théraulaz

Empreintes de dyslexies sera projeté dimanche à 14 h 15 au Salon des métiers et de la formation de Lausanne au Palais de Beaulieu. (24 heures)

Créé: 28.11.2014, 14h25

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