La loi sur l’enseignement obligatoire sera ajustée dès la rentrée

EcoleLe règlement est partiellement révisé pour renforcer la maîtrise de classe et permettre des mesures supplémentaires de soutien aux élèves en difficulté.

Les élèves auront notamment davantage d'enseignement en médias, technologies de l'information et communication.

Les élèves auront notamment davantage d'enseignement en médias, technologies de l'information et communication. Image: GEORGES CABRERA/A

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Le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) a annoncé jeudi une révision partielle du règlement de la loi sur l’enseignement obligatoire (LEO). Les modifications ont été approuvées mercredi par le Conseil d’Etat.

Des assouplissements sont prévus pour permettre aux maîtres de classe de la voie générale du secondaire (VG) de suivre davantage leurs élèves, ce qui devrait profiter à ceux qui sont les moins scolaires. De petits changements de la grille horaire sont aussi promis pour offrir davantage d’appuis individualisés aux écoliers en difficulté. Enfin, l’enseignement des technologies de l’information et de la communication (MITIC) ainsi que celui de l’approche du monde professionnel s’en trouvent, par voie de conséquence, renforcés.

Le travail a été conduit par un groupe constitué de longue date, formé des syndicats, du DFJC, des parents ainsi que des doyens et directeurs. Il répond en partie aux constats dressés au cours des trois premières années d’application de la LEO.

«Nous allons demander un pointage en décembre pour voir quel sera l’impact de ces mesures sur le terrain», Gregory Durand, Président de la SPV

Deux des quatre périodes d’«options de compétences orientées métiers» seront consacrées à des matières permettant aux maîtres de classe d’être face à l’entier de leurs élèves tandis que ces derniers pourront davantage profiter de leur groupe-classe. Une première modification allant dans ce sens avait été introduite à la rentrée 2014-2015. Elle est aujourd’hui intensifiée.

Les syndicats s’annoncent satisfaits à ce stade. Gregory Durand, de la Société pédagogique vaudoise (SPV), salue ces «premières» mesures: «Nous allons demander un pointage en décembre pour voir quel sera leur impact sur le terrain.»

Le processus devrait en effet continuer avec d’autres points à étudier, comme les mesures socio-éducatives pour les élèves perturbateurs ou des formes alternatives de suivi des élèves.

Les adaptations de la LEO se font dans un contexte où les enseignants donnent de la voix en dehors de l’action syndicale. L’automne dernier, un cinquième des profs de l’école obligatoire avaient signé une pétition de soutien aux 30 collègues de Prilly qui étaient sortis du bois pour dire publiquement leur inquiétude à l’endroit des élèves les plus en difficulté. Selon eux, la réforme scolaire, qui consacre l’abandon de la décriée voie à options (VSO), n’atteint pas ses objectifs de les déstigmatiser et de les aider.

La personne qui succédera à Anne-Catherine Lyon à la rentrée devra faire des arbitrages. Les deux candidats les plus plausibles, Cesla Amarelle et Jacques Nicolet, ont déjà commencé à plancher sur la question. (24 heures)

Créé: 23.03.2017, 22h10

Chercher le «consensus»

En charge du dossier, la conseillère d’Etat Anne-Catherine Lyon évoque un processus «de recherche de solution consensuelle».

Quelle est la mesure la plus importante?

Tous ces ajustements sont importants. Qu’elles soient petites ou grandes, les questions sont toutes importantes. Nous avons identifié les éléments à renforcer lors du 1er bilan de la mise en œuvre de la LEO. Les syndicats et les associations partenaires avaient d’ailleurs fait les mêmes constats. Nous avons conduit un travail de recherche de consensus qui prend du temps.

Ne craignez-vous pas de perdre l’esprit de la loi à force de changements?

Non, il s’agit précisément d’ajustements, comme on ajuste un vêtement que l’on améliore sans en changer la ligne. C’est un travail d’orfèvre, de dentellière. Ces mesures permettront d’aller au plus près de l’acte d’enseigner.

A la fin des débats du Grand Conseil, en 2011, vous attendiez-vous à une telle complexité?

Bien sûr, la mise en œuvre d’une nouvelle loi est toujours complexe et nous pousse à rester attentifs aux demandes du terrain. Cela dit, je trouve que l’entrée en vigueur conduite sur trois ans s’est bien passée. Au Grand Conseil, de nombreuses questions suscitaient de vifs débats dont on n’entend plus parler aujourd’hui. Je pense notamment à la densification de la grille horaire pour les petits ou au passage des degrés 7 à 8 au primaire. En ce sens, je suis admirative des professionnels qui ont fait que tout cela se réalise.

Faudrait-il plus d’argent?

La poussée démographique reste importante. Sur quinze ans, nous avons chaque année obtenu l’argent nécessaire à l’ouverture de classes pour absorber tous ces nouveaux élèves et nous construisons partout dans le canton. Grâce au soutien de l’ensemble des autorités, jamais nous n’avons dû augmenter les effectifs des classes.

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