La majorité réclame une baisse des impôts mais pas trop vite

Grand ConseilAvant d’opérer une coupe dans la fiscalité, comme le souhaite l’UDC, le centre droit veut prendre le temps d’y réfléchir.

Philippe Jobin (UDC) a échoué à convaincre la droite d’accélérer une baisse de la fiscalité cantonale.

Philippe Jobin (UDC) a échoué à convaincre la droite d’accélérer une baisse de la fiscalité cantonale. Image: JEAN-BERNARD SIEBER

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La proposition sortie du chapeau de l’UDC, ce mardi, se voulait simple: une baisse de 3% de l’impôt cantonal sur les personnes physiques. Et cela dès 2019. «Nous pleurons et gesticulons chaque année, il est temps de passer à l’action!» a plaidé Philippe Jobin, chef de file des députés agrariens. Et de proposer d’envoyer cette motion directement au Conseil d’État, plutôt que de l’enliser dans les méandres d’une commission parlementaire.

Pas si simple! estime alors le PLR, pourtant d’accord avec l’UDC, tout comme les Vert’libéraux, sur la nécessité de baisser la charge fiscale. «Une partie de notre groupe votera pour un renvoi de cette motion en commission», prévient Grégory Devaud. Ajoutant que «pour le PLR la simplicité est à bannir en politique». La majorité des libéraux-radicaux veut notamment tenir compte des effets de la troisième réforme fiscale de l’imposition des entreprises (RIE III) et de son volet social sur les finances de l’État. Ils ont également à l’esprit l’initiative des Jeunes libéraux-radicaux «Moins d’impôts pour la classe moyenne» qui propose d’augmenter les déductions fiscales sur les primes maladie. Une baisse, d’accord, mais «peut-être de manière plus ciblée, plus subtile» qu’une coupe linéaire, suggère Marc-Olivier Buffat (PLR).

La gauche veut elle aussi renvoyer la motion en commission. «Il est sain de débattre d’une baisse d’impôts, mais il faut en discuter sereinement, estime Vassilis Venizelos (Verts). Dans quoi l’UDC veut-elle veut opérer des coupes? La mobilité? l’agriculture?» Le PS est d’avis de faire examiner cette motion par la Commission des finances «pour étudier les effets d’une baisse des impôts sur les personnes physiques alliée à la baisse sur la fiscalité des entreprises en regard des investissements». Sur le fond, cette baisse lui paraît ridicule: «On parle de quoi? 3% de baisse, c’est une économie de quinze francs au maximum pour une famille de la classe moyenne», ajoute la députée de Cossonay, Valérie Induni (PS).

Le centre réclame lui aussi de passer par la case commission: «L’effort fiscal ne devra pas prétériter les communes qui vont être assommées par la RIE III», prévient Jérôme Christen (Alliance du Centre). La gauche de la gauche ne veut, sans surprise, pas entendre parler de cette baisse: «L’impôt sur les personnes physiques est progressif et procéder à une baisse linéaire, c’est faire des rabais à ceux qui n’en ont pas besoin, c’est une proposition en faveur des riches», dénonce Adrien Buclin (Solidarités).

L’équilibre des forces du parlement, favorable à la droite, gomme tout suspens sur l’issue des travaux de la commission. Mais on y perdra du temps: «Pourquoi renvoyer cette motion en commission si ce n’est pour faire durer le plaisir?» s’inquiète Philippe Vuillemin (PLR). Mais envoyer la motion directement sur la table de l’Exécutif cantonal serait pire, jugent d’autres: «Depuis quand l’UDC a-t-elle confiance dans le Conseil d’État à majorité de gauche?» ironise Martine Meldem (Vert’libéraux). Inutile de se presser, conseille à son tour Pascal Broulis: le Conseil d’État «viendra avec une feuille de route qui permettra une vision globale pour entrer dans la RIE III dont les incidences exactes sur les finances publiques seront connues en 2020 ou après», assure le grand argentier PLR. Qui conseille à tout le monde de rester «calme et serein». Après un long débat, le plénum décide de confier la demande d’une baisse d’impôts à une commission parlementaire, par 90 voix contre 51. Si baisse il y a, ce ne sera vraisemblablement pas pour 2019.

Sur le même sujet, insatisfait de la réponse du Conseil d’État à propos d’une interpellation concernant la pression fiscale sur la classe moyenne, le groupe Vert’libéral a proposé une détermination pour alléger «le fardeau fiscal» de la classe moyenne». Une majorité l’a approuvée. (24 heures)

Créé: 15.05.2018, 20h59

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