La police traque les décibels au ras du bitume

LausanneGare aux pots d’échappement modifiés ou aux démarrages en trombe: la police lance sa campagne de lutte contre le bruit des véhicules.

Vidéo: Sarah Bourquenoud

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«C’est vrai que ma Vespa fait un bruit bizarre, mais j’ai rendez-vous chez mon garagiste la semaine prochaine. Je vous jure.» Pour une fois, cette excuse qui ne dupait pourtant pas grand monde suffira à ce conducteur à éviter un passage au Service des automobiles et de la navigation (SAN). Mais cela ne durera pas. En ce mercredi après-midi vers la Riponne, la brigade de prévention de la police de Lausanne se contentait de sensibiliser les usagers de la route contre le bruit. «Nous allons encore réaliser quatre autres contrôles préventifs, puis dès fin mai, les conducteurs en infraction seront dénoncés», annonce l’adjudant Jacky Vauthey, chef de la prévention routière.

Une assistante de police pour stopper les véhicules, deux motards et deux policiers pour effectuer les contrôles, et un employé du SAN pour prendre les mesures sonores des pots d’échappement, le dispositif mis en place en cette Journée internationale contre le bruit était conséquent. Gare à ceux qui feraient tourner leur moteur à un régime élevé, qui mettraient la musique à coin dans l’habitacle ou qui démarreraient en trombe. Ce mercredi, les pots d’échappement étaient dans le viseur du sonomètre. Une voiture transformée de fond en comble pointe le bout de son capot bariolé. Elle n’y coupera pas.

Tolérance de deux dB

«Une voiture de tourisme génère environ 74 décibels A et une moto 80 décibels A. Ce que nous faisons ici, en appui de la police, c’est de relever une mesure d’ambiance avant de prendre celle à la sortie du pot d’échappement, puis de la comparer aux diverses homologations», explique Benjamin Borlat (SAN). Il demande à la conductrice de la voiture visiblement «améliorée» de mettre le frein à main, de la mettre au point mort et de faire monter les tours aux deux tiers du régime. En l’occurrence à 4500 tours par minute. Verdict: «Il est un peu bruyant votre échappement.» Un peu, c’est le mot. Trois décibels de trop. Benjamin Borlat: «Normalement, il y a une marge de tolérance de deux décibels, mais comme c’est un pot modifié, il n’y a plus de tolérance. Là, il faudra songer à le changer, mais cela reste raisonnable.» Loin des «prestigieuses italiennes» équipées de manière illicite d’un pot libre et qui peuvent atteindre les 100 décibels.

Le conducteur d’une Triumph Rocket 3 est prié de s’arrêter à son tour. Au guidon de son monstre à deux roues, il est confiant. «Je n’ai pas acheté cette moto pour son bruit, sinon j’aurais choisi une Harley-Davidson, mais pour faire de longs trajets. J’ai un scooter pour me déplacer tous les jours. Si je devais rentrer chaque soir chez moi avec cet engin, je réveillerais tout le quartier!»

Les contrôles préventifs se poursuivent jusqu’au 25 mai. Dès cette date et jusqu’à décembre, la police dénoncera les infractions. (24 heures)

Créé: 29.04.2015, 18h51

Les decibels

De 60 à 70 dB sèche-linge, sonnerie de téléphone, téléviseur, conversation courante.

De 70 à 80 dB passage d’une voiture de tourisme, aspirateur, restaurant bruyant, passage d’un train à 80 km/h.

De 80 à 90 dB tondeuse à gazon, klaxon de voiture.

De 90 à 100 dB route à circulation dense, tronçonneuse.

De 100 à 110 dB marteau-piqueur à moins de 5 mètres.

De 110 à 120 dB tonnerre, atelier de chaudronnerie, vuvuzela à 2 mètres.

De 120 à 130 dB avion au décollage.

130 dB seuil de la douleur.

Préavis en préparation

Le Conseil communal de Lausanne a parlé, mardi soir,
de la pollution sonore. Le PLR Jean-Daniel Henchoz demandait une étude sur les revêtements routiers phonoabsorbants et sur la pertinence d’en recouvrir certaines rues de Lausanne. Il s’avère que ce type de couverture, assez chère au demeurant, n’est pas efficace dans les rues où les véhicules circulent lentement. Estimant que le phonoabsorbant ne pouvait être la seule mesure de lutte contre le bruit, la socialiste Anne-Françoise Decollogny
en a profité pour rappeler à la mémoire de l’assemblée son combat pour une limitation à 30 km/h au centre-ville. Dans
le même ordre d’idées, le Vert Valéry Beaud a plaidé pour la régulation du trafic. L’UDC Philipp Stauber a, quant à lui, jugé qu’il fallait encourager l’achat par les particuliers de voitures hybrides. Un préavis complet est en cours de préparation dans les bureaux du municipal Olivier Français. Lausanne a jusqu’en 2018 pour se mettre aux normes de la Confédération, mais un délai a d’ores et déjà été demandé par certaines villes suisses.
Lise Bourgeois

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