La police vaudoise améliore la sécurité auprès des mosquées

Attentats de ParisLes patrouilles sont renforcées afin d’éviter des tensions autour des lieux de prière. Le Centre islamique de Lausanne, lui, lance un appel contre l’extrémisme.

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Ça n’a pas traîné. Dès samedi matin, au lendemain du carnage qui a frappé Paris, les communautés musulmanes vaudoises étaient contactées par la police cantonale. «Ils nous ont informés qu’il y aurait davantage de patrouilles visibles et invisibles près de la mosquée de Lausanne afin d’éviter des actes contre notre Centre. Ils nous demandent aussi d’éviter que les fidèles se retrouvent en grand nombre dehors après la prière», relève Bassam Degerab, porte-parole du Centre islamique de Lausanne (CIL).

Du côté des forces de l’ordre cantonales, le responsable de la communication, Jean-Christophe Sauterel, confirme une collaboration accrue avec les lieux de culte musulmans, mais aussi juifs, sur le territoire vaudois, dans le cadre du degré de vigilance relevé par le dispositif romand VIGIPOL. Les forces de l’ordre romandes resteront sur le qui-vive aussi longtemps que la situation française l’exigera. «Mais les Vaudois peuvent continuer à vivre normalement», assure Jean-Christophe Sauterel.

Le CIL s’est, de son côté, manifesté avec virulence dans un appel «pour être rejoint dans son effort de combat contre l’idéologie qui engendre des doctrines extrémistes prônant de tels crimes». Il affirme lutter depuis le début des années 1980 contre le fondamentalisme wahhabite soutenu à grands coups de pétrodollars par les Saoudiens et entend se distancier de la mosquée du Petit-Saconnex, à Genève.

Une enquête publiée en août dernier dans la Tribune de Genève et 24 heures a montré le rôle de cette dernière dans la formation de jeunes extrémistes, sous la houlette de trois imams, dont deux sont fichés en France. «Les gouvernements occidentaux ont laissé, pendant une dizaine d’années, le champ libre aux prédicateurs religieux qui font l’éloge des doctrines issues d’une idéologie hérétique de l’Islam», affirme le CIL.

Pour des raisons théologiques, le Centre lausannois se tient à l’écart de l’Union vaudoise des associations musulmanes (UVAM), un autre partenaire de la police cantonale, qui a condamné ce week-end les attentats à Paris. Le CIL n’exclut pas un rapprochement avec l’UVAM: «Nous leur proposons de mettre sur pied une procédure commune d’alerte sur une base éthique. L’objectif est de déceler les cas où un prêche pourrait avoir des conséquences négatives. En communication avec l’UVAM, des dispositions pourraient être prises vis-à-vis des membres concernés. Nous devons anticiper», déclare Bassam Degerab. Du côté de l’UVAM, une ouverture prudente se dessine: «Si nous regardons l’évolution avec le CIL depuis plusieurs années, il y a des vagues, qui vont dans le bon sens», déclare Pascal Gemperli, président. (24 heures)

Créé: 16.11.2015, 19h54

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