La violence à domicile scrutée par les députés vaudois

Grand ConseilGauche et droite saluent le texte de Jacqueline de Quattro et débattent du rôle de l’Etat.

La présidente de la commission, Claire Attinger Doepper, a présenté et remporté l’amendement qui fait aussi reconnaître la violence psychique ou sexuelle.

La présidente de la commission, Claire Attinger Doepper, a présenté et remporté l’amendement qui fait aussi reconnaître la violence psychique ou sexuelle. Image: JEAN-BERNARD SIEBER/ARC

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Le Grand Conseil a accordé mardi une grande attention à la lutte contre la brutalité à domicile. Présentée par la PLR Jacqueline de Quattro, la nouvelle loi d’organisation de la lutte contre la violence domestique (LOVD) veut serrer la vis aux auteurs et assurer une meilleure protection aux victimes. Elle couche en outre sur le papier des principes nouveaux qui sont déjà traduits dans les faits. Par exemple, à l’enseigne du slogan «Qui frappe part!» les expulsions sont devenues davantage la règle. Dans un passé encore récent, c’étaient les victimes qui devaient quitter le domicile.

Auscultation laborieuse
Durant pratiquement la séance entière, le Grand Conseil a épluché les articles de la loi, proposant de nouvelles formulations comme si le texte n’avait jamais passé entre les mains de professionnels. La première lecture n’est pas terminée et reprendra dans quinze jours. En fin de journée, Jacqueline de Quattro a eu du mal à cacher un certain dépit face à une avalanche de propositions d’amendements et de questions en provenance de députés qui n’avaient pas fait partie de la commission et qui manquaient tout simplement de connaissances sur la question.

«Dans le monde, une femme a plus de risques de mourir de violence domestique que d’un accident de la route»

Dans son discours d’entrée en matière, la conseillère d’Etat a adopté un ton grave pour évoquer cette «pandémie mondiale» qui touche, selon l’OMS, 30% des femmes qui ont eu une relation de couple. «Dans le monde, une femme a plus de risques de mourir de violence domestique que d’un accident de la route», a pointé Jacqueline de Quattro. A gauche comme à droite, les élus ne sont pas avares de déclarations sur cette violence qui touche les femmes mais aussi les hommes et, souvent, les enfants. Aujourd’hui ils ne sont plus considérés comme de simples témoins, mais comme des victimes à part entière.

Malgré des efforts entrepris il y a une quinzaine d’années, Vaud affiche un taux d’infractions plus élevé que la moyenne suisse. Il s’agit donc de forger le texte le plus précis possible.

Un amendement de la commission qui demandait que soient explicitement reconnues les violences psychiques ou sexuelles aux côtés de la brutalité physique pure a passé la rampe haut la main. En revanche, la demande socialiste de signaler automatiquement au centre LAVI les coordonnées des victimes en danger de mort a été refusée à 75 contre 61 avec 3 abstentions. L’argument qui l’a emporté expose qu’un signalement sans volonté expresse de la personne touchée est contraire à la loi fédérale sur l’aide aux victimes (LAVI).

Prévenir la récidive
Il a aussi beaucoup été question des entretiens d’orientation des auteurs en vue d’une thérapie. Dans le but de prévenir la récidive, un premier rendez-vous avec le Centre de prévention de l’Ale, à Lausanne, est aujourd’hui proposé à ceux qui ne maîtrisent pas leur colère. Avec la nouvelle loi, il sera obligatoire sous peine de sanction.

Les socialistes font valoir qu’un seul de ces entretiens préliminaires n’est pas suffisant pour convaincre les auteurs de se lancer dans une thérapie. Le Centre de l’Ale et le foyer Malley Prairie ont d’ailleurs écrit aux députés dans ce sens.

Mais la droite majoritaire a préféré une formulation plus souple exigeant «un entretien au minimum». Jacqueline de Quattro a précisé qu’il fallait songer à la présomption d’innocence. L’amendement rose a été refusé à 72 contre 63. (24 heures)

Créé: 29.08.2017, 22h23

En bref

Université



Salaires scrutés d’ici fin septembre

Les conditions de travail des assistants et des maîtres assistants de l’Université de Lausanne, surtout de la Faculté de biologie et de médecine (FBM), seront analysées d’ici fin septembre. Les professeurs ont été à nouveau informés des règles exactes d’engagement de ces chercheurs. La ministre Cesla Amarelle l’a annoncé en réponse au député POP Vincent Keller. Il y a deux semaines, une étude a révélé que l’UNIL, et en particulier la FBM, engagerait certains chercheurs à temps partiel, pour un travail supérieur à 100%.




Régions de santé



Maillard n’évite pas les députés

En juin, Pierre-Yves Maillard annonçait qu’il retirait son avant-projet de loi sur les régions de santé, après la consultation, au profit d’«actions concrètes». Ce faisant, le socialiste «manœuvrerait-il dans le dos du Grand Conseil», pour éviter le débat? C’est la question posée mardi par l’UDC Fabien Deillon. Réponse de Pierre-Yves Maillard: non. «Nous avons au contraire écouté les avis, en suspendant l’avant-projet après la consultation», a-t-il expliqué.




Porcs



Gauche et Vert’lib interrogent

Même si Philippe Leuba a annoncé des sanctions contre une famille de producteurs de porcs, dont les animaux étaient maltraités, de nombreuses questions demeurent. Le PS, les Verts et les Vert’libéraux ont déposé trois interpellations, voulant notamment connaître les sanctions financières contre cette famille, le destin des animaux concernés ou le détail des procédures de contrôle.

Mathieu Signorell

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