Le Conseil d'État veut diminuer le glyphosate

Canton de VaudTous les domaines viticoles, agricoles et arboricoles de l’État devront renoncer totalement au glyphosate dès 2022.

Le gouvernement vaudois souhaite mettre en œuvre des projets pilotes pour l’étude expérimentale de désherbages alternatifs.

Le gouvernement vaudois souhaite mettre en œuvre des projets pilotes pour l’étude expérimentale de désherbages alternatifs. Image: Keystone

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Bien que le Conseil fédéral renonce à interdire le glyphosate, le Conseil d’État vaudois veut limiter son utilisation sur le territoire cantonal. Tous les domaines viticoles, agricoles et arboricoles de l’État devront renoncer totalement à cette substance dès 2022.

Le Conseil d’État entend assumer ses responsabilités environnementales et sanitaires en s’appuyant sur le principe de précaution et son devoir d’exemplarité. Il soumet dès lors au Grand Conseil un plan d'action comprenant plusieurs axes, indique-t-il vendredi dans un communiqué.

Essais alternatifs

Dès que le projet aura passé la rampe du parlement, le Canton renoncera sans délai à l’utilisation du glyphosate pour toute application en dehors du cadre agricole. Soit tout ce qui est réalisé par les services étatiques et paraétatiques, comme le désherbage des talus ou l'entretien des chemins, a déclaré à Keystone-ATS la conseillère d’État Jacqueline de Quattro.

«La situation est plus délicate pour nos domaines agricoles, viticoles ou encore chez les pépiniéristes, confrontés à des parasites autrement plus tenaces. On ne peut pas juste interdire. On préfère se donner du temps jusqu'en 2022 pour des essais pilotes alternatifs», a expliqué la cheffe du Département du territoire et de l'environnement.

Sensibilisation et information

Les projets se calqueront en particulier sur les essais pratiques menés durant l’année 2017 par la Haute École de viticulture et d’œnologie de Changins. Un test grandeur réelle sera notamment mené sur un terrain de la plaine de l'Orbe cultivé par des détenus.

Le plan d'action implique aussi l’établissement d’un vaste état des lieux de l'utilisation du glyphosate par les services de l’État. Le contrôle de l’application des dispositions fédérales sera renforcé.

Les conditions d'utilisation d'ailleurs très restrictives du glyphosate sont souvent mal connues, note Mme de Quattro. Le projet prévoit donc le lancement d’une campagne d’information, des mesures de sensibilisation auprès des vendeurs et un soutien accru à la formation des professionnels.

Réponse à une motion

Le plan constitue la réponse du Conseil d’État à la motion du député Yves Ferrari et consorts intitulée «Glyphosate, le nom scientifique d’un pesticide cancérogène plus couramment appelé Roundup».

Fribourg a déjà pris un certain nombre de mesures, certaines communes aussi, a précisé Mme de Quattro. Vaud espère faire un peu office de canton-pilote au vu des grandes surfaces qui seront concernées par les mesures.

Herbicide courant

Mis au point dans les années 70, le glyphosate est l’une des substances actives les plus couramment utilisées dans les herbicides commercialisés en Suisse. Son utilisation est approuvée au niveau national par l’Office fédéral de l’agriculture. En Europe, l’autorisation du glyphosate a été renouvelée en novembre 2017 pour une durée de cinq ans.

Les impacts sanitaires et environnementaux du glyphosate font cependant débat depuis plusieurs années. La controverse autour de ce produit a pris de l’ampleur depuis qu'en mars 2015 le Centre international de recherche sur le cancer - une agence de l’OMS - l’a reclassifié «probablement cancérogène pour l’homme».

Dans 30 à 40% des produits

Le rapport du Conseil fédéral sur l’étude de l’impact du glyphosate en Suisse, rendu en mai dernier, démontre que des résidus de ce produit sont présents dans près de 40% des denrées alimentaires testées. Les concentrations restent cependant conformes aux normes légales.

Selon cette étude, les produits suisses présentent des concentrations plus faibles que les importés. Dans le canton de Vaud, des analyses effectuées en 2017 sur plusieurs rivières mettent en évidence un dépassement des limites légales pour le glyphosate dans environ 30% des échantillons prélevés. (ats/nxp)

Créé: 06.07.2018, 12h22

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