Le Grand Hôtel s'offre le label historique

Les RassesL’établissement du balcon du Jura qui fête ses 120 ans est devenu le 6e Swiss Historic Hotel de Suisse romande

Le Grand Hôtel des Rasses a été construit en deux temps. La première partie date de 1898, la seconde de 1913. Le Groupe Boas y a investi récemment plus d’un demi-million.

Le Grand Hôtel des Rasses a été construit en deux temps. La première partie date de 1898, la seconde de 1913. Le Groupe Boas y a investi récemment plus d’un demi-million. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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C’est un bien joli cadeau d’anniversaire que le Grand Hôtel des Rasses vient de s’offrir, l’année de ses 120 ans. En attendant de recevoir peut-être le 12 novembre le Prix ICOMOS – une distinction qui récompense chaque année depuis 1996 des établissements répondant à de rigoureux critères en matière de conservation et de restauration –, l’hôtel propriété du Groupe BOAS vient d’obtenir le label Swiss Historic Hotels.

Son directeur depuis 2015, Patrice Bez, se félicite évidemment de cet accessit pour lequel il travaille depuis deux ans. «C’est une superbe récompense. Cet hôtel a un vécu. Faire partie de ce label va nous permettre de nous positionner encore plus dans tout ce qui est Belle Époque.»

Seulement six Romands

Directrice des Archives hôtelières suisses, la Vaudoise Evelyne Lüthi-Graf a travaillé avec l’établissement nord-vaudois sur ce dossier. Elle insiste sur l’importance de faire partie de ce cercle particulier qui ne rassemble que 56 hôtels. Dont seulement cinq sont romands, outre celui des Rasses: le Grand Hôtel & Kurhaus d’Arolla (VS), l’Hôtel du Pillon aux Diablerets, l’Auberge du Mouton à Porrentruy (JU), le Grand Hôtel Bella Tola à Saint-Luc (VS) et l’Hôtel Masson à Veytaux. «Alors oui, à la base, c’est une distinction alémanique, admet Evelyne Lüthi-Graf. Mais c’est hallucinant à quel point les Romands ne se renseignent pas sur ce qui se fait ailleurs. Pourtant, on trouve dans ce coin de pays plusieurs établissements qui pourraient revendiquer ce label.»

L’obtenir n’est pas pour autant aisé. L’an dernier, deux candidats tout à fait valables ont pu le constater. «Le jury a indéniablement resserré la vis», commente Evelyne Lüthi-Graf. Afin de passer le «cut», le Grand Hôtel des Rasses a consenti pour plus d’un demi-million de francs d’investissement sur deux ans. «Certes, l’entrée a un prix, tout comme la cotisation annuelle, reprend la spécialiste. Mais c’est la garantie d’être vu par une clientèle – à 50% étrangère – qui recherche de tels lieux d’hébergement et qui passe de l’un à l’autre lors de son séjour en Suisse.»

Plancher et lits à l’ancienne

Classé, le Grand Hôtel a travaillé avec les Monuments historiques du Canton de Vaud afin de déposer un dossier de candidature des plus solides. «Mon job, c’est de revaloriser le patrimoine mobilier et immobilier de ces établissements publics.» Aux Rasses plus précisément, Evelyne Lüthi-Graf a cherché à faire ressortir la signature de l’hôtel qui s’était un peu estompée au fil des décennies. «Comme un cheval de course qu’on aurait utilisé pour les labours et que j’aurais entraîné en vue d’un retour à la compétition.»

Concrètement, le second restaurant du Grand Hôtel – La Boîte à Musique – a été transformé afin de retrouver de son authenticité. «Et nous avons refait le premier et le quatrième étage: en remplaçant les moquettes par du plancher et les néons par de vraies lampes, en s’inspirant de ce qui se faisait au début du XXe siècle», explique Patrice Bez. Trois chambres ont également retrouvé leur carrelage d’époque et leur mobilier «avec ses lits à l’ancienne, comme on voyait chez nos grands-parents», précise le directeur. En 2017, en s’inspirant de photos d’archives, les rideaux et une partie du mobilier du restaurant Belle Époque avaient déjà été changés. Et alors qu’il s’est agi de doter le Grand Hôtel d’un spa, le carrelage a été sélectionné de manière à ne pas dépareiller avec l’ensemble.

Entrer dans un Swiss Historic Hotel, c’est un peu comme pénétrer dans un musée. Raison pour laquelle le client doit savoir ce qu’il a devant les yeux. Aux Rasses, la spécificité de sa chambre lui est expliquée. «Y compris les chambres à l’américaine, typiques des décennies 1960 à 1980 et qui se caractérisaient par des moquettes de couleur saumon, abricot, pistache ou vanille et par des lits et tables de chevet accrochés au mur», conclut la directrice des Archives hôtelières suisses. Au chapitre «musée de l’hôtellerie à travers les âges», l’établissement est bien représentatif. Avec son escalier tournant à deux volées droites et sa cheminée monumentale en chêne sculpté typique du début du siècle dernier, mais aussi avec ses chambres qui rappellent tantôt les années 40 ou 50, tantôt les années 70, 90 ou 2000, on voyage dans le temps sur le plateau des Rasses.

Créé: 05.11.2018, 10h13

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