Le constructeur Stadler ouvre le marché du rail aux entreprises vaudoises

EconomieSelon un accord conclu mardi avec le Conseil d'Etat vaudois, la firme recevra vingt PME vaudoises. Pour fixer des mandats futurs

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Situé aux confins de la Suisse, l’endroit a pris l’allure d’une petite enclave vaudoise. Dans les halles de montage de Stadler Rail à Bussnang, en Thurgovie, s’activent ces jours bon nombre de responsables techniques de chemins de fer du canton de Vaud.

Ils sont venus observer la construction des futures rames de leur ligne de trains (lire ci-dessous). Ici, une série de boggies pour le Morges- Bières-Cossonay (MBC). Là, des cabines pour le Vevey-Blonay-Les Pléiades (GoldenPass). Plus loin, des essieux destinés aux Transports publics du Chablais (TPC). «Nos travaux pour des trains vaudois occupent actuellement près de la moitié de notre surface de travail ici à Bussnang», calcule Urs Wieser, directeur des ventes.

Commande groupée

Il s’agit en partie de la réalisation de la commande groupée de trois compagnies ferroviaires vaudoises et des Transports publics fribourgeois. Qui, en 2013, avaient préféré remettre ce mandat estimé à 250 millions de francs à Stadler plutôt qu’aux ateliers de la multinationale Bombardier à Villeneuve.

En visite ce mardi à Bussnang, les conseillers d’Etat Nuria Gorrite et Philippe Leuba se réjouissent aussi de l’avance de ces travaux. Mais ce n’était qu’une raison secondaire à leur venue. Les ministres vaudois des Infrastructures et de l’Economie sont venus, cette fois, à la rencontre de Peter Spuhler, patron de Stadler Rail Group, pour s’enquérir si le constructeur avait effectivement augmenté les commandes à des sous-traitants vaudois, comme il s’y était engagé en 2013, à leur demande, après avoir raflé la commande des compagnies vaudoises à Bombardier.

C’est le cas: le volume des achats de Stadler dans le canton de Vaud a passé de 800 000 francs en 2013 à 2,4 millions en 2014. «Et ces montants vont augmenter de manière exponentielle», s’enthousiasme Philippe Leuba. Il y a deux ans, il avait été convenu que l’entreprise thurgovienne remette des mandats pour un montant total de 40 millions de francs, dont 10 millions à Bombardier, sur une durée de huit ans.

Mais Bombardier n’est désormais plus en chômage technique. Son usine villeneuvoise a enfin pu s’attaquer au fameux «contrat du siècle», devisé à 1,9 milliard. Et commencé à produire les 59 trains à deux étages qui lui ont été commandés en 2012 par les CFF. De plus, d’autres entreprises vaudoises, à l’exemple du fournisseur de machines de chantier Matisa à Crissier, ont – notamment, grâce à Stadler – leur carnet de commandes déjà plein. Les deux magistrats vaudois et le chef du groupe alémanique ont donc convenu d’étaler les collaborations avec les sous-traitants vaudois sur une durée plus longue.

Des créations d’emplois

Mardi, Nuria Gorrite et Philippe Leuba ont encore, et surtout, obtenu de Peter Spuhler l’organisation d’une rencontre fixée en novembre prochain entre la direction de Stadler et une vingtaine d’entreprises vaudoises. Cela afin d’établir des collaborations futures.

«Nos entreprises sont désormais dans la place, exulte Philippe Leuba. On peut envisager de voir un sous-traitant vaudois œuvrer pour une compagnie ferroviaire américaine, vu que Stadler travaille aussi beaucoup à l’international. Ce qui est fantastique car nous ne possédons pas vraiment d’industrie lourde et parce que le marché du rail est très fermé. Des emplois vont ainsi être créés sur notre territoire.»

Si cet accord a pu être conclu, c’est que le canton de Vaud possède de nombreux chemins de fer à voie métrique, dont le spécialiste est… Stadler. Et le renforcement du réseau ferroviaire vaudois est loin d’être achevé. Pour expliquer ces bonnes relations, il se murmure aussi que la firme thurgovienne manque de relais politiques en Suisse romande. «On dit toujours que la mobilité coûte, conclut Nuria Gorrite. Mais, là, elle rapporte.» (24 heures)

Créé: 03.06.2015, 19h11

Les rames vaudoises arrivent

«Par son ampleur, cette commande est historique. Elle permettra de doubler les cadences sur les lignes concernées», explique Nuria Gorrite, cheffe des Infrastructures.

Les trains régionaux recevront, dès ces prochains jours jusqu’à l’an prochain, les rames commandées à Stadler en 2013. Il s’agit, dans l’ordre de livraison, de 4 automotrices pour le Nyon-Saint-Cergue-La Cure (NSTCM), dont trois ont déjà été livrées en test, de 4 rames triples pour le Morges-Bière-Cossonay (MBC), de 3 rames triples pour les Transports vallée de Joux - Yverdon - Sainte-Croix (Travys), de 6 rames triples pour les Transports publics fribourgeois (TPF), de 4 automotrices doubles pour le Montreux-Oberland bernois (MOB).

A ces rames faisant l’objet d’une commande collective s’ajoute du matériel roulant qui sera livré plus tard: 7 rames à crémaillère pour l’Aigle-Ollon-Monthey-Champéry (AOMC/TPC), 4 autres mêmes rames pour le Vevey-Blonay-Les Pléiades (GoldenPass) et 4 automotrices pour le Lausanne-Echallens-Bercher (LEB).

Enfin, 8 loco­motives de chantier ont été commandées à Stadler, trois pour le MOB, trois pour les TPC, une pour le Vevey-Les Pléiades et une pour le NSTCM. Le Can­ton mène ainsi une politique de la mobilité s’opposant à celle prônée par la Confédération, qui recommande de remplacer les trains trop déficitaires par des bus. «Nous avons fait le pari du rail, commente Nuria Gorrite. Car nous estimons que le train est le meilleur moyen de se rendre d’un point A à un point B. C’est pourquoi nous voulons renforcer sa fréquentation.»

En chiffres

Modernisation Le coût de la rénovation des lignes vaudoises de 2013 à 2016 est évalué à 670 millions de francs, garanties fédérales et contributions des autres cantons incluses.

Infrastructures Durant cette période, l’entretien des infrastructures des 8 compagnies vaudoises aura coûté 150 millions de francs dans le canton.

Réseau Sur sol vaudois, la longueur des lignes régionales (240 km) atteint presque celle des CFF (266 km).

Progression L’utilisation des transports publics pour se rendre au travail augmente: de 14% des distances en 2000 à 30% en 2010.

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