Le patrimoine de Lavaux obtient le soutien pérenne de l'Etat

VignobleAprès un premier refus, le Conseil d’Etat accorde un soutien de 400 000 francs sur cinq ans, renouvelable, au seul site vaudois inscrit à l’Unesco.

La somme allouée par le Canton permettra de mener à bien des projets qui mettront en valeur le seul site vaudois inscrit au patrimoine mondial.

La somme allouée par le Canton permettra de mener à bien des projets qui mettront en valeur le seul site vaudois inscrit au patrimoine mondial. Image: Philippe Maeder

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Les terrasses de Lavaux retenaient leur souffle. Près d’un an après le dépôt de l’interpellation du député Marc-Olivier Buffat (PLR) au Grand Conseil, qui demandait un soutien pérenne des autorités pour l’Association Lavaux Patrimoine mondial (LPm), garante de la gestion du seul site vaudois inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, le Conseil d’Etat a délié les cordons de sa bourse. Une enveloppe de 400 000 francs sur cinq ans, renouvelable, lui est allouée par le biais du Service de l’agriculture et de la viticulture (SAVI) dès 2017.

A cette subvention s’ajoutent deux nominations. Armand Rod, ancien syndic de Lutry et ancien président de la Commission des finances du Grand Conseil, occupera le siège laissé vacant par le Canton depuis 2013 au sein du comité de LPm. «Chauvin de Lavaux», comme il le dit lui-même, il est aussi rompu aux rouages de l’Etat, et à l’application de la loi sur les subventions. Philippe Pont, chef du Service immeubles, patrimoine et logistique (SIPAL), assurera quant à lui le «guichet unique» par lequel passeront les demandes de LPm aux différents services de l’Etat, et fera le lien avec l’Office fédéral de la culture, comme l’exigeait l’Unesco.

«Responsabilités» de l’Etat

«On préfère cette solution plutôt que de devoir passer par le budget, lâche Marc-Olivier Buffat. Il était temps que le Conseil d’Etat prenne ses responsabilités, d’ailleurs obligatoires.» Au financement cantonal (80 000 francs par an) s’ajoutera celui des dix communes du périmètre inscrit (210 000 francs) et les cotisations des membres (60 000 francs), des vignerons (30 000 francs) et de Montreux Vevey Tourisme (20 000 francs).

De plus, des soutiens supplémentaires pourront être accordés au gré des projets. Pour rappel, dans notre édition du 1er juin 2016, Pascal Broulis, chef des Finances vaudoises, brandissait ces subventions ponctuelles «qui pourraient tout à fait dépasser celles versées ces dernières années» – 660 000 francs entre 2009 et 2015 via la loi sur l’appui au développement économique (LADE) – pour justifier son refus d’un soutien pérenne ou d’une ligne au budget.

Pour Marc-Olivier Buffat, «ce soutien démontre enfin l’importance de ce site particulier, qui est un atout promotionnel pour l’ensemble de la vitiviniculture vaudoise, voire suisse».

«Traitement spécifique»

C’est aussi ce qui a pesé dans la réflexion cantonale. «Nous avons un seul patrimoine inscrit, dont les caractéristiques exceptionnelles ont été reconnues. Cela justifie un traitement spécifique», affirme Philippe Leuba, chef du Département de l’économie. Comment a-t-il «trouvé» la somme allouée à LPm? «C’est une question de priorisation, mais cela ne s’est pas fait au détriment d’autres projets, promet le conseiller d’Etat. Certains frais administratifs du Service de l’agriculture et de la viticulture ont pu être réduits.» Cette subvention pourrait être renouvelée dans cinq ans «en fonction de la pertinence».

Cette réponse positive sort LPm d’une période difficile. L’association avait dû couper 120% de postes à son budget 2016 et enterrer tous ses projets de développement pour cette année (lire ci-dessous). «Nous commencions à ne plus y croire, admet Emmanuel Estoppey, directeur de LPm. Cela relance tout. Mais surtout, nous arrivons enfin à concrétiser cette vision d’un site structuré et de référence que nous avions dès l’inscription en 2007.»

Créé: 29.09.2016, 22h10

Guides du patrimoine

Les visites proposées par les?guides du patrimoine de Lavaux – ici sur les traces des peintures de Ferdinand Hodler avec Annette Müller (photo), – n’ont cessé de croître ces dernières années, tant dans leur offre que dans leur fréquentation. C’est une des activités qui rapporte de l’argent à l’association. «Mais nous avons besoin de fonds pour développer encore cette offre, l’actualiser et continuer de former des guides», explique Emmanuel Estoppey. (Image: Philippe Maeder)

Centre d’interprétation du paysage

Lavaux Patrimoine mondial a le projet d’ouvrir un Centre d’interprétation du paysage depuis plusieurs années dans la Maison Buttin-de-Loës, à Grandvaux (photos). Les locaux sont mis à disposition de l’association et le concept plus ou moins arrêté (une exposition permanente sur le paysage et une exposition annuelle). La muséographie reste à faire. «Nous aimerions être prêts pour les dix ans de l’inscription, en juin 2017.» A terme, LPm projette d’ajouter au musée un Centre de compétences, qui comprendrait une bibliothèque et des locaux pour les chercheurs. (Image: Florian Cella)

Coordination de l’œnotourisme

Si la formation des acteurs de l’œnotourisme est menée par les spécialistes de la restau- ration et de l’hôtellerie, leur coordination est assurée à Lavaux par LPm. Un onglet «Visiter Lavaux» existe sur le site de l’association, qui permet d’indiquer la disponibilité des vignerons. Une hotline est en cours de création: elle per- mettra au visiteur d’être informé des caves ouvertes au moment où il se trouve dans le vignoble. Une rubrique «Coup de cœur» des vignerons est en prépa- ration pour aider à person-naliser la visite de la région, en lien avec les producteurs. Ici: Aurélia Joly, première labélisée Vaud oenotourisme. (Image: Philippe Maeder)

Projets sur le long terme

L’Association Lavaux Patrimoine mondial (LPm) va pouvoir réactiver plusieurs projets laissés de côté en 2016. Parmi eux, un centre d’interprétation du paysage à Grandvaux, le développement de l’offre des guides du patrimoine ou encore la coordination du développement œnotouristique de la région de Lavaux (lire ci-contre). L’enveloppe budgétaire permettra aussi de relancer le projet ViTour Landscape, qui réunit dix vignobles inscrits et se veut un échange de «bonnes pratiques». Le monitoring mené en partenariat avec l’Université de Lausanne, autour de la recherche sur les paysages culturels et leur économie sera renforcé. Du matériel pédagogique et d’autres outils de médiation culturelle pourront être développés. Aussi, le prochain Lavaux Passion, manifestation conjointe de LPm et des vignerons de Lavaux, pourra être planifié sereinement. Enfin, un magazine annuel devrait être édité, ainsi que d’autres publications ponctuelles.

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