Un quartier manifeste pour la sécurité des écoliers

LausanneAprès des accidents, une cinquantaine d’habitants ont demandé des patrouilleurs au bord de la route à Montoie.

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C'est la rentrée des classes de la semaine, ce lundi matin devant l'école de Montoie, dans le sud-ouest de Lausanne. Environ 300 enfants de 4 à 10 ans s'y rendent chaque jour. A 8h, un groupe d'une cinquantaine de parents, d'enfants et de 6 ou 7 enseignants, défilent sur le trottoir, de part et d'autre de l'avenue de Montoie. Et traversent, sur les passages pour piétons, la route qui mène vers le grand giratoire de la Maladière, à la porte de l'autoroute.

Accidents et enfants blessés

«C'est tous les jours la rentrée», lit-on sur une pancarte. Les participants demandent des mesures de sécurité pour les piétons, les petits surtout. Depuis la fin de 2018, trois accidents se sont produits. Cinq écoliers ont subi des blessures, dont les trois enfants de 8 à 10 ans renversés par un automobiliste ivre le 21 décembre dernier, sur un passage pour piétons dotés de feux, à la hauteur de l'école des Figuiers, 500 mètres plus bas. Le 26 mars dernier, une voiture qui ne s'était pas arrêtée au passage a blessé une écolière aux jambes, au-dessus de l'école de Montoie.

La sécurité routière inquiète les habitants du quartier depuis une dizaine d'années. Certains passages sont dotés de feux. La Ville a aménagé des gendarmes couchés. Mais c'est jugé insuffisant: «Quand nous allons chercher les enfants, les voitures nous passent devant au passage pour piétons», témoigne une responsable de la garderie de Montoie, qui accueille une cinquantaine de petits.

«Les patrouilleurs, c'est la solution»

«Tous ces accidents mettent en évidence qu'il faut d'autres mesures. Des patrouilleurs seraient la meilleure solution», déclare Raphaelle Deshayes. Elle a une fille de 5 ans qui fréquente l'école de Montoie et deux garçons plus grands qui sont passés par cet établissement. Avec l'association de quartier «Montelly vit», organisatrice de la manifestation du matin, elle espère sensibiliser la Municipalité.

«Quand nous allons chercher les enfants, les voitures nous passent devant au passage pour piétons»

Les parents de la Bourdonnette, à deux kilomètres de là, avaient aussi réclamé des patrouilleurs. Une quarantaine de leurs enfants, entre 7 et 9 ans, se rendent à l'école des Figuiers. Pour le municipal responsable de l'enfance et de la jeunesse, David Payot, la question des patrouilleurs pose un problème d'équité avec les différents quartiers lausannois. L'autre réticence est liée aux feux qui, placés devant plusieurs passages pour piétons de l'avenue de Montoie, devraient suffire à réguler la circulation.

Programme de mesures

«Nous comprenons l'émotion du quartier après les accidents qui s'y sont produits. Des mesures à court terme seront prises pour agir sur les comportements. Notamment des contrôles de vitesse en collaboration avec la police», déclare la municipale Florence Germond, directrice des finances et de la mobilité. Les participants à la manifestation parlent de l'aménagement de l'avenue de Montoie en zone limitée à 30 km/h: «Une mise en zone 30 de l'avenue de Montoie est possible. Mais l'aménagement d'une telle zone exige des travaux importants ainsi qu'une procédure d'enquête publique. Je ne peux donc m'avancer sur une date de mise en oeuvre», souligne la municipale.

Florence Germond souligne que 50 mesures rapides de modération du trafic et de sécurisation sont programmées auprès de 20 établissements scolaires lausannois. Il s'agit souvent de marquage au sol (pavage), de potelets (des piquets sur le trottoir) ou d'aides à la traversée. Non loin de Montoie, une modération est déjà en place à l'école de Sévelin. En certains lieux, parmi les mesures à plus long terme, des zones de rencontre (limitation à 20 km/h, priorité aux piétons) sont ou seront aménagées, comme au collège de Villamont. Le chemin de Contigny, qui mène au collège de Montoie, sera tout bientôt placé en zone 30. La municipale communiquera au mois de juin à propos de ce programme.

Chaque premier lundi du mois

«On a mis des feux et des gendarmes couchés, mais les enfants restent des enfants», déclare Olivier Christinet, un habitant du quartier de Montelly âgé de 63 ans, qui a fréquenté le collège de Montoie quand il était petit. Ce lundi, il est venu soutenir les parents qui demandent des patrouilleurs. L'association «Montelly vit» a lancé une pétition et programme un rassemblement chaque premier lundi du mois à 8h. Et pour le 6 mai, elle a invité la Municipalité.

(24 heures)

Créé: 08.04.2019, 11h35

Une solution à la Bourdonnette

Entre 30 et 40 enfants de la Bourdonnette, dans le sud-ouest de Lausanne, font chaque jour un trajet de deux kilomètres en bus. Ils se rendent dans les collèges des Figuiers et de Montoie. À la fin de l’an dernier, des enfants de ce quartier âgés de 8 à 9 ans (5P et 6P) ont été victimes d’accidents en traversant la route sur des passages pour piétons, à l'avenue des Figuiers. Les parents s’étaient mobilisés et avaient réuni une centaine de signatures au mois de janvier. Eux aussi demandaient des patrouilleurs. Ou alors qu’un transport en véhicule scolaire les emmène à leur école.
En discussion avec les parents, la Ville propose qu’un accompagnant surveille les enfants sur un trajet de bus des Transports publics lausannois (TL) selon un horaire à fixer. D’après une maman de la Bourdonnette, il s’agit d’un «projet pilote à durée déterminée». Les enfants de 5P qui se comportent correctement recevraient une sorte de «permis de trajet» afin de devenir autonomes. «C’est une démarche de responsabilisation des enfants en vue de la 6P», déclare cette mère, qui avoue une certaine «perplexité». Le municipal de l’enfance, de la jeunesse et des quartiers David Payot devrait communiquer cet été.
Les parents avaient aussi suggéré de créer des classes supplémentaires à la Bourdonnette. Mais il faudrait construire un nouveau bâtiment. La Ville juge l’idée peu rationnelle puisque le futur quartier des Prés-de-Vidy, qui devrait voir le jour à l’horizon 2025, comprendra une école. Selon David Payot, «une solution qui investit dans l’humain paraît donc plus rationnelle qu’un investissement dans la pierre».

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