Les caisses de pensions publiques font grise mine

VaudLes différentes caisses de retraite des fonctionnaires sont contraintes de revoir leurs prestations

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Des rendements anémiques. Une loi fédérale extrêmement contraignante. A en croire les différents rapports de gestion 2016, les caisses de pensions publiques ne seraient pas à la fête. Après le temps des bilans vient celui des mesures à prendre. Celles-ci impacteront directement les assurés. Une phase autrement plus compliquée à gérer.

La Caisse de pensions de l’Etat de Vaud (CPEV), la Caisse intercommunale (CIP) ou encore celle de Lausanne (CPCL), toutes s’apprêtent à prendre des dispositions pour assurer la «pérennité des futures rentes».

Le cas de la CPEV s’annonce le plus délicat. Les négociations sur son plan de recapitalisation en 2013 avaient été animées par des manifestations de fonctionnaires. Revenir seulement quatre ans après avec une «adaptation du plan de prévoyance» risque de susciter des remous. Une «adaptation» qui pourrait bien se traduire par une augmentation de l’âge de la retraite, notamment ( lire notre édition du 12 juillet 2017).

La donne a changé

«Ce qui a été fait en 2013 a été bien fait avec les données de l’époque, estime le PLR Frédéric Borloz, membre de la Commission du Grand Conseil qui s’est penchée sur la recapitalisation de la CPEV. Tout le monde pensait que les taux allaient augmenter. Aujourd’hui, nous sommes obligés de nous adapter, c’est la loi fédérale qui l’impose ( ndlr: lire ci-contre). Cela ne sert à rien de descendre dans la rue, mieux vaut discuter.» Le syndic d’Aigle est aussi membre du conseil d’administration de la Caisse intercommunale de pensions. «Nous sommes dans la même situation. Nous avons déjà fait un plan. Il sera finalisé cet automne.»

Initialement, les caisses publiques avaient calculé leur plan de prévoyance avec des rendements de plus de 3% pour arriver à un taux de couverture de 80% en 2052, comme l’exige désormais la norme fédérale. «Ce qui se passe, c’est que les marchés financiers et immobiliers ne permettent plus d’atteindre des rendements de 3%, explique Fabienne Freymond Cantone, députée socialiste, municipale nyonnaise et membre du conseil d’administration de la CIP. Les dividendes des actions sont peu porteurs, les obligations ne rapportent plus rien, vu les hauts taux d’endettement des Etats; et l’immobilier voit aussi ses rendements baisser.» Même la pierre n’est plus assez rentable? «Les caisses de pensions ont beaucoup de liquidités, continue la socialiste. Elles cherchent toutes à investir dans l’immobilier. Résultat: elles se font concurrence, les prix des immeubles grimpent et les rendements immobiliers baissent.»

Contrairement à la CPEV, dont les mesures ne devraient toucher que les employés, à la CIP on saupoudre un petit peu partout. Le plan prévoit une hausse de 2 points du taux de cotisation des employés et de 3 points celui de l’employeur. L’âge de la retraite devrait également être augmenté d’une année, soit 64 ans. L’entrée en vigueur est prévue pour 2018. Un délai serré. «Pierre-Yves Maillard dit qu’il n’y a pas d’urgence avec la CPEV, mais plus on attend pour prendre des mesures avec ces caisses publiques, plus cela coûtera cher et impactera les jeunes générations», explique Frédéric Borloz.

Le député socialiste Jean Tschopp, lui aussi membre de la commission qui a travaillé sur la recapitalisation de la CPEV, se demande si «on ne peint pas le diable sur la muraille»: «Le taux de couverture de 73% de la CPEV est bon, la caisse suit les objectifs du plan de recapitalisation. Je m’explique mal cette urgence à prendre des mesures.» Le député siège dans plusieurs caisses privées. «Les résultats du premier trimestre sont plutôt encourageants.» Mais c’est la loi fédérale qui le laisse le plus perplexe: «Fixer des taux de couverture aussi élevés pour des caisses publiques qui gèrent d’énormes volumes ne me paraît pas très utile. Mais en Suisse on aime assurer.»

Il y a encore le cas de la Caisse de pensions de Lausanne, qui semble limiter la casse. L’institution a indiqué à ses assurés ce printemps qu’elle «disposait d’une marge de manœuvre suffisante pour maintenir les prestations à l’âge de 65 ans». Néanmoins, les conditions de retraite anticipée seront moins favorables. (24 heures)

Créé: 13.07.2017, 08h22

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